Misié Sadik nous revient avec un album salué par la critique et encensé par le public. « AN SILANS » qui s’est hissé en tête des ventes dès sa sortie.

Bonne nouvelle, vous pourrez le voir en concert lors de son An Silans Tour aux Antilles-Guyane et à Paris !

Confidences avec un artiste authentique et engagé qui ne cesse de surprendre.

 

Peux-tu te présenter ?

Mickaël MARAGNES, dans la trentaine on va dire. Je vis à Dupré Ste-Anne, en Guadeloupe et je sors tout juste mon troisième album qui s’intitule An Silans. Je suis depuis une bonne dizaine d’années dans la musique.

1) Que représente la musique pour toi ?

 

Pour moi la musique c’est l’essentiel. Ça commence déjà par les battements du cœur. Je crois qu’on ne peut pas vivre sans musique. Je dis souvent que lorsqu’on entend certains morceaux, ça nous rappelle des moments précis de notre vie. Et il n’y a rien d’autre qui peut faire ça.

C’est également pour ça qu’on utilise la musique pour essayer de ralentir par exemple la dégénérescence du cerveau des gens qui sont atteints de la maladie d’alzheimer. On utilise d’anciens morceaux pour essayer de les aider. 

« La musique c’est magique et c’est toute ma vie ! »

2) Tous tes albums respirent la Guadeloupe, inutile donc de te demander si tu es influencé par ton île. Est-ce que ce choix de t’affirmer en tant que chanteur Guadeloupéen, chantant en créole, n’a pas été une difficulté supplémentaire dans ta carrière ? As-tu douté de ce choix ?

Mes albums ne respirent pas uniquement la Guadeloupe.

Je vis en Guadeloupe, certes mais il n’y a pas que les Guadeloupéens qui se retrouvent à travers ma musique.

Ma musique est une traduction de la vie et permet aux gens de voyager, quelques soit leurs origines.

« Je fais partie de ces artistes qui ont choisi de se sacrifier »

Je n’en veux à personne. Je sais que j’aurais pu avoir un autre succès. C’est ce dont je parle dans Popilè (Populaire), premier extrait de l’album An silans.

Je ne me considère pas moins bon artiste que mes collègues qui ont d’autre carrière. Simplement j’assume mon choix de faire de la musique en Créole, de faire de la musique qui soit vraie, parce que j’ai besoin que ma musique soit utile.

Aujourd’hui je multiplie les actions sociales, je crois qu’on me considère comme plus qu’un artiste. On me voit comme un acteur social important.

Je ne peux pas faire de la musique uniquement pour me remplir les poches, la musique doit être autre chose que ça. C’est cette vision là que j’ai de mon art. C’est pourquoi je vis bien le fait que ma progression soit ralentie par ce créole là, par cet attachement à mes racines.

J’aime bien préciser aussi que quand je parle d’attachement à mes racines, ce n’est pas de la petitesse d’esprit, au contraire. Je sais que je dois me battre deux fois plus que les autres, c’est du courage et ça il faut que les gens le comprennent. Je sais ce que je fais, même si c’est vrai qu’il y a des moments de doutes.

Je me demande parfois pourquoi je fais ça. Je pourrais faire comme d’autre artistes et vivre différemment, avoir un autre succès. Mais en même temps je me dis qu’on passe un petit moment sur Terre, alors pourquoi ne pas faire les choses comme on le sent. Moi j’ai besoin de ça, j’ai besoin de pouvoir me regarder dans le miroir le matin. Je suis quelqu’un d’assez joyeux, d’assez bien donc je n’ai pas de soucis par rapport à ça.

3) En écoutant des titres comme La lettre, Tiery  ou encore Ti tren la, on réalise que certaines de tes connaissances ont quitté le droit chemin, et que ta vie aurait pu être différente. Qu’est ce qui a fait la différence pour toi ? Qu’est ce qui peut faire la différence aujourd’hui dans la vie d’un jeune Guadeloupéen ?

La musique m’a pas mal aidé, puisque la période sensible c’est collège – lycée, et j’ai commencé à faire de la musique à ce moment-là. Chaque jeune est différent, à mon époque ils étaient déjà différents de ceux dont je parle dans mes chansons. Parce qu’ils sont plus jeunes, ils sont encore plus sous l’influence de la télévision, du portable, des amis, de la musique aussi.

J’ai écouté certains morceaux de rappeurs français à l’époque, quand j’étais au lycée, qui donnaient une certaine direction de vie. Ils parlaient de la réalité de la rue. Ils nous faisaient comprendre des choses, mais à aucun moment ils ne nous influençaient du mauvais côté.

Ensuite, bien évidemment l’éducation y est pour beaucoup. L’entourage aussi. J’ai eu la chance d’avoir des amis qui n’étaient pas mauvais. Je ne me rappelle pas avoir beaucoup lutté pour faire des choses positives auprès de mes amis.

Il est vrai que j’ai une forte tête aussi ! Lorsqu’on me disait d’aller à gauche, j’aillais à droite. C’était compliqué de me forcer à faire quelque chose que je ne voulais pas faire, je n’ai jamais été quelqu’un d’influençable.

Et jusqu’à présent, ça se ressent dans ma musique, parce que je suis toujours à contre-courant de ce que la majorité fait.

« Je n’ai pas peur de dire non à un projet qui ne me ressemble pas. »

 

Je crois que c’est ça aussi, cette force que certains n’ont pas de dire non, « je n’ai pas envie de fumer avec toi » ou « je n’ai pas envie de boire avec toi », « je n’ai pas envie d’aller cambrioler avec toi ». Il y a des jeunes qui disent oui et se pensent forts à ce moment-là, mais c’est de la faiblesse. Je crois que ça, ce n’est pas une question d’éducation, mais de personnalité. Et ça a été ma grande chance. J’ai un peu dévié quand même, j’ai fait beaucoup de bêtises comme toute le monde mais qui n’ont pas eu de lourdes conséquences.

 

4) On a cité Ti tren la, extrait de ton dernier album An Silans (que Naëlla de Créoletrip recommande vivement !). Tu en dis tellement sur cet album qu’on est obligé de te demander pourquoi ce titre ?

 C’est un contraste, ce n’est pas dans la forme que les choses doivent se faire c’est dans le fond. Ce n’est pas celui qui en dit le plus qui en sait le plus forcément. Et c’est ce contraste-là qui était intéressant. An silans c’est aussi la maturité, la recherche de quiétude. Justement on a parlé du son de la mer, du bruit des vagues. Je crois qu’à un moment quand on écoute on se tait. C’est un peu tout ce qu’on a voulu représenter à travers ce titre, An silans, pour dire qu’on se tait, on dit et fait ressentir les choses. C’est vraiment ce que je voulais dégager. On voit sur la pochette de l’album que devant je me tais et qu’à l’arrière il y a un cri et il a beaucoup de choses qui sortent de ce silence. De toute façon, tout commence par le silence !

 

5) De quoi es-tu certain aujourd’hui ?

Je suis sûr qu’il y a une clé au bonheur et c’est l’amour de son prochain. Je suis sûr et certain que si on apprenait à mieux vivre ensemble, on vivrait tous mieux.

Je n’ai pas tellement plus de certitude que ça mais je crois que l’amour c’est important.

 

« Ce sont je suis sur c’est que l’amour c’est la clé »

6) Quels sont tes projets, tes aspirations, pour les années à venir ?

Je ne me projette jamais trop loin. Mais d’un point de vue musical, je vais déjà essayer de faire une bonne promo à l’album An silans. On prépare le concert du 21 octobre au Palais des Sport du Gosier. Et j’espère l’Olympia l’année prochaine… Et continuer step by step sans jamais être trop pressé, pas à pas.

J’essaie d’aller étape par étape et je suis souvent surpris de voir qu’en n’étant pas pressé, il y a des boulevards qui peuvent s’ouvrir à moi. Je fais donc confiance au Karma, on appelle ça comme on veut, j’ai confiance dans l’avenir, je sais que les choses vont se faire !

 

Plus qu’un concert, c’est un véritable show que Misié Sadik vous prépare pour une expérience live à vivre en famille ou entre amis! 

Plus d’infos pour le concert du 21 Octobre juste en dessous ! 

L’album AN SILANS est à télécharger d’urgence sur toutes les plateformes légales de téléchargements

Facebook Misié Sadik 

 

Merci à Naella pour l’interview.  Ca vous a plu ? Partagez le 😉

 

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Crédits photo:

Facebook Misié Sadik

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