Vous connaissez sûrement tous Pascal Moesta, humoriste et comédien révélé au grand public grâce à Pawol Pou ri, Ma commère Alfrèd, Rigobè é dédète et j’en passe. 

Au delà de l’humoriste, découvrez cet homme passionné, exigeant, avec beaucoup d’humilité et la volonté je cite « de rendre les gens heureux et qu’ils soit bien ». 

Il se produit au niveau national dans Embrasse-moi c’est fini à Paris et un autre spectacle humoristique à Lyon avec Jean-Yves Rupert. 

 

Peux-tu te présenter ?

Je suis Pascal Moesta, comédien guadeloupéen vivant aux Abymes. J’ai également une entreprise de ferronnerie. Ma devise dans la vie :  Le soleil brille pour tout le monde. Mon secret aux Antilles, c’est que chaque fois que je vois le soleil, j’ai plaisir à me lever le matin.

Je vis à la campagne, je vis avec ma nature, j’aime les gens et j’adore mes voisins. J’ai la chance d’être un peu le chouchou de tout le monde grâce à Pawol Pou Ri.

Je vais naturellement vers les gens, sociable. Je ne me force pas.

Je suis un artiste mais je ne me prends pas la tête. Je peux dormir dans un hôtel 5 étoiles et le lendemain dans un formule 1.

 

1) Comment es-tu venu à la comédie ?

J’ai commencé dans mon quartier, à Boisvin. Je faisais des imitations dans les podiums de quartier. J’ai débuté  avec une guitare en imitant le groupe zouti avec la chanson « ban mwen on son tambou ».

J’étais à l’aise pour aller sur la scène. Plus jeune j’avais toujours l’envie d’apprendre tout ce qui à trait au culturel : tambour, musique, danse. Cela a été possible grâce aux associations où j’ai commencé les sketches.

La ville des abymes avait organisé des concours pour la fête du bourg avec toutes les assos.

Première participation dans deux catégories : danse et sketch, j’étais chorégraphe, on finit 3éme. Les 5 années suivantes, on finit premier dans les 2 catégories. On a commencé à nous prendre au sérieux pourtant c’était du bénévolat.

Puis un jour, un monsieur de l’association de cyclisme de mon père me dit : « un jour tu passeras à la télé ». Ça m’a fait plaisir mais je n’y pensais pas.

On a commencé à se faire connaitre dans toute la Guadeloupe. Puis il y a une proposition sur RFO, Patrick Soulez m’a contacté, j’avais déjà 3 sketches de prêts filmés et c’est comme ça que l’aventure Pawol pou ri a commencé.

« J’aime rendre les gens heureux et qu’ils soient bien. »

 2) Pawol pou ri a été ta rampe de lancement finalement ?

Oui exactement, le grand public m’a connu grâce à cela. Ça a duré environ 7 à 8 ans. En dehors des émissions télé, il y avait aussi des prestations sur différents podiums, fêtes de fin d’année, CE d’entreprise et arbres de noël.

3) Comment as-tu débuté le théâtre ?   

 On était au centre des arts sur un spectacle avec pawol pour ri. Je faisais de la mise en scène de mon côté avec une petite chorégraphie pour la fin du show comique. C’était le petit bonus pour le public.

Jean-Pierre Sturm (référence dans le théâtre antillais) était en répétition avec Philippe Calodat, il m’a vu jouer quelques minutes, a trouvé que je sortais du lot. Je l’ai rencontré via Phillipe (calodat). Il m’a proposé mon 1er rôle dans une pièce de théâtre, c’était ma commère Alfred.

 

4) Tu préfères le théâtre ou la télé ?

J’aime les deux exercices. Je ne sais pas si un comédien peut devenir humoriste mais l’inverse est vrai. J’ai eu cette chance d’être comique d’abord et comédien par la suite.

En tant que comédien pour le théatre, j’interprétais un rôle, ce n’était pas seulement mon jeu qui était comique mais la situation. C’est vrai que j’ai cette dimension d’humoriste que j’utilisais pour faire évoluer mon personnage.

 

5) Tu es donc autodidacte ?

Absolument. Je n’ai fait aucune école de théâtre.

Pour l’interprétation, je ressens les choses. Sur la mise en scène de ma commère Alfred. On avait un metteur en scène métropolitain non créolophone. Il avait les traductions et tout ce que je proposais, il le validait.

Bien sûr, j’ai aussi appris de lui. On apprend tous les jours, sans cesse, c’est important dans ce métier.

Je regarde aussi comment les jeunes travaillent, ce que je peux améliorer sur mon jeu de comédien.

 

6) L’humilité est importante dans ton métier de comédien ?

Oui car je suis vrai. Quand je joue et que je ne suis pas satisfait à 100%, je me remets en question, sur ce que j’aurais pu faire différemment, même si le public ne s’en rend pas compte.

J’ai hérité de cette exigence avec mes parents donc la rigueur de Jean pierre Sturm sur Ma commère Alfred était normale.

Quand Il faut bosser, je le fais.

7) Le fait d’être autodidacte, est ce que ça t’a freiné dans tes ambitions de comédien ?

Pas du tout. Je vais dans tous les challenges.

La passion me guide tellement que je fonce avec le cœur. J’arrive à relever les défis plutôt avec succès.

8) Que penses-tu de la nouvelle génération d’humoriste, qui débute sur le net et remplis des salles ? (ki jenw trouvéy, Gilles Saint Louis, Matt le Buzz etc…)

 Ils vivent avec leur temps. Ils ont un autre moyen de communication, internet, que nous n’avions pas à notre époque. Certains sont bons et d’autres non.

Il y en a qui ont de l’avenir, et j’encourage même ceux qui n’en n’ont pas également.

L’audace et l’ambition sont aussi les clefs de la réussite. Si on est audacieux et qu’on bosse, on peut devenir bon. 

C’est vrai que certains ont cette fibre naturelle qui les fera sortir du lot.

 

La nouvelle génération d’humoriste: ki janw twouvéy

9) Tu joues dans « Embrasse moi, c’est fini » de Christelle londero. C’est ta 1ère pièce de théâtre où tu joues exclusivement en français

Quel est le sujet de la pièce ? Pourquoi c’était un challenge pour toi ?

Embrasse-Moi, c’est fini, c’est l’histoire de Louise, architecte qui organise un dîner avec des amis pour quitter son compagnon. Tout ne se passe pas comme prévu…

La pièce traite des relations amoureuses bien sûr mais aussi des amitiés, on pense se connaitre mais finalement pas tant que ça. 

Jouer cette pièce est un challenge car le public m’a toujours connu en créole, Pawol pou ri, Rigobè é Dédét, etc…

Il y avait cette appréhension que ce ne soit pas la même chose en jouant uniquement en français.

Les situations sont drôles. L’écriture de Christelle est très bonne. Le fait d’avoir joué en Guadeloupe avec le succès qu’on a eu, c’est bon, on peut même aller jouer en Alaska, (rires).

 

10) Le public de Guadeloupe est exigeant. Quand il aime, il le dit et quand il n’aime pas on le sait aussi. C’est vraiment le public test ?

Oui en effet. C’est ce que je disais à Christelle, quand on aura joué en Guadeloupe, on saura vraiment ce que vaut la pièce. On a fait des corrections pour ce qui ne passait pas. C’est un vrai test de jouer en Guadeloupe.

11) Selon toi, quelle est la spécifité de la comédie antillaise ?

Il y a plus de gestuelle, plus de mimique. En parallèle, le théâtre de l’hexagone, le ressort comique est  plus dans la situation et les mots. En Guadeloupe aussi finalement mais, il ne faut surtout pas traduire mot à mot le créole en français. Ce n’est pas la même force. 

Dans la pièce embrasse-moi c’est fini, Christelle a réussi à combiner les deux. Nous avons une italienne Sara et un suédois dans la troupe et 3 antillais, dont le seul à vivre en Guadeloupe. 

Je venais sur Paris pour les répétitions. D’ailleurs pour la petite info,  une autre pièce a déjà été écrite, et on bosse déjà dessus.

 

12) A l’instar de Kad Mérad, humoriste qui a joué des rôles plus sérieux, voudrais-tu jouer du dramatique ?

 

Non, je n’aime pas le dramatique. Le non comique pourquoi pas mais je vais privilégier l’humour. Je ne me vois pas jouer une pièce cérébrale. Je préfère apporter du bonheur aux gens. D’ailleurs ça se vend mieux, c’est plus populaire. Les gens ont besoin de se relaxer, d’oublier leurs soucis, le rire est une thérapie dont les gens ont besoin.

 

Merci à Pascal Moesta pour cet interview,

Retrouvez l’actualité de la pièce Embrasse moi c’est fini sur facebook: la vie en scène.

 

 

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