J’ai rencontré la Queen of Wax *, en pleine performance pour sa collaboration avec la boutique Optique Carnot. Fan de son travail, c’était une chance de la voir créer en live.

Myriam Maxo c’est une femme charismatique, une force, un style, beaucoup de talent. Et tellement plus que cela. 

L’interview a pris une autre dimension quand j’ai découvert la raison principale de son travail et ce qui lui tient vraiment à cœur. Découvrez Myriam Maxo une badass** qui n’a peur de rien !

 *Nom de Myariam Maxo dans le street art

** Dure à cuire

 

 

Peux-tu te présenter ?

Bonjour,

Je suis Myriam Maxo, architecte d’intérieur et designer. Mon travail consiste à égayer la vie des gens, dans leur lieux de vie, de travail.

Pourquoi c’est important pour toi d’égayer la vie des autres et comment tu le retranscris dans ton travail ?

Ça se fait grâce aux tissus que j’utilise, le Wax. Des tissus très colorés graphiquement, ça permet de libérer les esprits. On arrive avec des tendances chaudes, graphiques qui font des flash backs à l’enfance, des souvenirs personnels. C’est de cette façon que les gens peuvent se détacher de leur vie quotidienne et de leur stress.
J’ai des pièces emblématiques comme celle du Doudou qui permet chez l’adulte de le faire voyager, un retour vers l’enfance en quelque sorte.

En parlant de ton doudou, ça été l’œuvre qui t’as fait connaitre au niveau mondial notamment grâce à Beyonce. D’ailleurs, tout le monde t’en parles encore, ce n’est pas agaçant ?

Ça va, je le vis bien.
C’est vrai que ça été LE coup de pouce. Je ne vais pas cracher dans la soupe et faire ah non j’en ai marre qu’on me parle d’elle.
Mais c’est vrai qu’après 3 ans, j’aimerais qu’on parle plus de mon travail que le coup de projecteur de Beyonce.

© facebook Myriam Maxo

 

Comment ça s’est passé ?

Les Nubians ont transmis le Doudou et grâce à Dieu, elle a adoré ce que je faisais et en a parlé.
D’autres stars Américaines ont fait des photos avec le DD mais après Beyonce, qu’est-ce que tu peux faire comme promotion derrière ? (Rires.) C’est la Queen !
J’ai attendu avant de diffuser les noms et les photos des autres personnes avec qui j’avais bossé.
Il y a eu Janelle Monae, Jaydenna, Mos Def, Inna Modja, Ayo, Nekka qui a fait une tournée avec son doudou à Toronto et New-York.
Je les ai tous contacté au culot.

 Le culot, il n’y a que ça de vrai !

 

C’est une question de personnalité. Il faut aussi avoir quelque chose de bien à proposer quand on travaille avec des gens comme ça.

Quelles sont tes autres réalisations à part le Doudou ?

Là, je réalise une performance pour la vitrine de la boutique Optique Carnot. L’espace étant très petit, il faut que l’œuvre percute tout de suite. Je travaille généralement sur des toiles de 3 m de long.
Mon but c’est de faire une vitrine qui va représenter un personnage avec mes techniques de collage, en utilisant le cœur, symbole que j’utilise beaucoup dans le street art.
Ça permet d’avoir un lieu où mon travail est visible à Pointe à Pitre.
J’ai envie de faire d’autres collaborations en Guadeloupe avec des entreprises ou des institutions.

© facebook Myriam Maxo, oeuvre créé pendant l’interview

 

Ma technique de travail première, c’est la sculpture, notamment de la sculpture textile avec le doudou.
Je l’ai appelé doudou en référence à la culture caribéenne, le cher (e) et tendre, toujours présent pour nous. J’avais envie de transmettre cette émotion de la personne fidèle qui voit nos peines et nous soutient. C’est pour cela que j’ai créé cet objet-là.

Ma première sculpture de rue est une œuvre que de 2,2m qui s’appelle Totem. Elle est en bois et en textile, exposée à Sarcelles.

© facebook Myriam Maxo

 

Je suis la première personne au monde a réalisé des œuvres de street art à partir de textile, de wax précisément, et de collage.

J’ai aussi collaboré pour la création de graphisme avec Kazagami pour la maison solaire, la Corossol house, Nescafé pour les machines à café, Vittel, une collection capsule pour une marque de vêtement.

J’aime aller dans des choses qui surprennent, la où ne m’attend pas.

 

Tu pars aux USA pour des expos ou collaboration. Une exposition au Japon serait-elle envisageable? Ton Doudou est trop kawai (mignon).

C’est clair ! Il y a carrément des choses à faire au Japon.
Si les Japonais veulent bien de Myriam Maxo pourquoi pas. La culture asiatique m’intéresse énormément. J’ai la chance d’avoir une double culture car ma belle-mère est thaïlandaise. J’évolue aussi dans cette culture car mon travail est basé sur l’enrichissement de la culture asiatique, et africaine mêlé à l’occident.

Par exemple pour l’oeuvre Domino, qui porte le jeu traditionnel des îles.
Ce sont des tatamis japonais que j’ai visualisé avec le wax.
J’ai créé des tatamis africains multicolores.
C’est tout un carrelage de mosaïque.
J’ai également crée le kimono boubou qui mélange les deux tenues traditionnelles royales. Le kimono pour l’Asie et le boubou pour l’Afrique.
Vêtement aussi bien porté par des personnes royales que les gens du peuple. C’est ce qui m’intéressait. J’ai donc crée la fusion de ces 2 tenues.

NEWS EN EXCLUSIVITE
Il y a toute une collection qui s’appelle home cocooning by Myriam Maxo qui va sortir.
Ce qui m’intéresse c’est de permettre aux gens d’être bien quel que soit l’endroit.
D’avoir des vêtements qui s’adaptent à la maison comme une sortie en extérieur.
Il y a une mise à jour du site actuellement, toutes les œuvres seront accessibles à partir de septembre.

Tu as dit :  » Les rêves sont faits pour être réalisés. »   Myriam Maxo a-t-elle encore des rêves à accomplir ?

Mon rêve c’est de permettre aux enfants hospitalisés, dans des pays en cours de développement d’avoir accès à la peinture et au papier. C’est vraiment un de mes rêves profonds. J’ai vraiment envie d’apporter du soutien, aux personnes en difficulté, qui n’ont pas de familles pour leur apporter du matériel d’arts plastiques.
J’aimerais que tous les enfants du monde puissent dessiner. Ça parait quelque chose de simple et de facile. Mais finalement on donne beaucoup de vêtements, des médicaments mais ça crée des commerces parallèles, et n’aident pas les plus nécessiteux.
Dans l’esprit c’est je ne veux pas de ton poisson, mais je veux que tu m’apprennes à pêcher.

Avoir très tôt une notion de l’art et des rêves ça pourrait changer la donne.

J’ai envie à travers mon association, DD Nation, de permettre aux enfants qui passent en milieu hospitalier , qu’ils puissent avoir accès à ses rêves et les dessiner. De développer peut-être un amour pour l’art et devenir pourquoi pas un designer, un artiste peintre. Des choses qui paraissent très éloignées dans les pays en développement.
On n’a pas l’urgence de dessiner.
Comme je suis aussi formatrice en expressions artistiques, ça me tenait vraiment à cœur d’apporter ma pierre à l’édifice mais sous un autre angle.
Les enfants concernés sont en soins palliatifs, où ils n’ont pas accès à des anti-douleurs.

 

Quelles sont les actions de DD Nation en France ?

Oeuvre offert à l’Hôpital Necker
© facebook Myriam Maxo

En Décembre 2016, j’ai fait don d’une œuvre de plus de 4 m de long pour l’hôpital Necker par le biais de l’association.
L’objectif était que les enfants passant Noel à l’hôpital puissent être dans un lieu coloré et joyeux.
Cette année, il y a eu un don également pour le CHU de Pointe-à-Pitre.
Cette démarche me tient vraiment à cœur.
L’association est au stade de nom pour l’instant car je veux absolument qu’elle soit ouverte de Guadeloupe et je suis dans les démarches dans ce sens.
C’est important que l’asso vienne de Guadeloupe car on a souvent l’habitude de voir des choses qui viennent de l’occident.
J’avais envie de rappeler que depuis la Guadeloupe, c’est aussi possible de pouvoir aider les gens peut importe leurs origines.
L’important c’est de pouvoir aider des enfants.
Fin d’année, on pourra vraiment déployer nos actions à l’échelle mondiale.

 

Des rêves au niveau de ta carrière ?

Je pense que Dieu m’a donné beaucoup de choses, j’ai la santé. C’est déjà beaucoup.
Quand je veux faire quelque chose, je le fais, donc les rêves je n’en ai pas. J’ai plutôt des projets. Je fais c’est tout. Il n’y a pas d’alternative. Les rêves, c’est pour les autres. (rires)
J’avance avec la foi et le culot.

Tu n’as jamais peur ?

Je suis faite comme ça donc c’est facile pour moi. Je suis tombée dans la potion magique quand j’étais petite. (Rires)
J’ai une histoire commune avec beaucoup de caribéens. Nos aïeux n’ont pas eu une vie facile.
Ils ne pouvaient pas faire ce qu’ils voulaient ; donc est ce que c’est vraiment difficile ce que je traverse ? Non.
Partant de ce principe-là, je peux réaliser tout ce que je veux.

Maya Angelou disait : « N’oublie pas que tu es le rêve, l’espoir d’un esclave. »

C’est exactement ça ! Je vis tous les jours en me rappelant que ce que je vis c’est le bonheur que d’autres n’ont pas pu avoir.
C’est ce qui fait que je ne baisse pas les bras.
Il y a une autre citation de Maya Angelou qui me parle beaucoup, notamment par rapport à mon association :  » On oubliera toujours ce que vous avez fait, ce que vous avez dit mais on n’oubliera jamais ce que vous avez fait ressentir « .
Dans mon travail c’est permettre aux gens de ressentir des choses et de faire partie d’une aventure qui va aider d’autres personnes.

Faire ressentir ce genre de choses aux gens est un don et un vrai bonheur.

Créole trip permet de découvrir la Guadeloupe autrement grâce à des activités originales, découvrons la Guadeloupe de Myriam par ce: 

Myriam Maxo, Raconte moi ta Guadeloupe …express

 

Quels sont tes plats préférés ?

J’aime bien tout ce qui est à base de légumes pays : fruit à pain, igname, patate douce ainsi que les plats à base de lambis.

A découvrir absolument ?

La table est vraiment magique à Grotte an nou, à Pointe-à-Pitre, avec une mention spéciale pour leur poulet.

© facebook Myriam Maxo restaurant gwot an nou

Il y a aussi le Jet l’ancre, à Goyave. C’est un petit resto pas loin du port, avec du poisson c’est fantastique. L’ ambiance, est bonne, jeune et conviviale.

Un lieu que tu affectionnes en Guadeloupe ?

Je suis du Moule. Chez moi, on a tout. N’importe qu’elle Moulien te diras la même chose.
On a la mer, l’animation avec les restos, les bars. C’est même ouvert le dimanche, ce qui n’est pas le cas partout en Guadeloupe.
On a l’impression que c’est un monde à part.
Regarde Mas Moul’ massif qui a été repris dans d’autre ville. Tout part du Moule, rires.

 

Pourquoi es-tu fière d’être Guadeloupéenne ?

Je suis fière d’être un être humain avant tout mais en y réfléchissant, je suis très touchée par la solidarité guadeloupéenne. Les gens n’ont pas peur de féliciter les autres, de se donner la force.

Sé on lanmen ka lavé lot.

Je voyage fréquemment et je ne vois pas beaucoup de personnes comme ça.
Ça me fait plaisir.
La Guadeloupe c’est un petit paradis. J’adore ce qu’on mange ici.

 

Myriam aime la cuisine de Guadeloupe. Si vous aussi, surprenez vos papilles en réservant votre atelier culinaire sur creoletrip.com.

Le portrait de Myriam Maxo vous a plu ? Dites nous tout en commentaire et merci de partager l’article. 

 

 

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