Erik Pédurand, Guadeloupéen, Artiste talentueux, nous raconte sa Guadeloupe, sans langue de bois. 
Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Eric Pédurand avec un C, dans la vie normale ; Ce qui diffère beaucoup d’erik avec un K.
J’avais comme nom de scène Erik et puis plus tard j’ai décidé d’embrasser mon nom de famille donné par mes anciens « maitres » Pédurand.
Nom que je souhaiterais d’ailleurs abandonner au profit d’un nom que je me donnerais moi-même ce qui signera ma vraie émancipation que j’aimerais léguer à mes enfants mais c’est une autre histoire.

J’ai grandi à pointe à pitre, à Bergevin, non loin du cimetière.

Je suis un artiste. Je ne vis qu’à travers la beauté des choses. Transformez les choses en beauté ou donner du sens aux choses. Je vibre à travers ce que je reçois, je ne suis qu’émotion, transfert d’énergie, sens, et création.

Une odeur, un son, un moment que tu affectionnes au Pays:

Je viens de rentrer des Etats Unis après 5 ans là-bas. Je n’ai pas grandi à la campagne. Je suis plus sensible aux bruits de la ville, ce qui était présent à USA, Madrid, Paris. Je suis un urbain profondément. Je me sens à l’aise entre 4 murs et le bruit d’un moteur de voiture et d’un klaxon. Malheureusement.

Cependant, il y a des choses qui ne trompent pas et qui vont toujours me toucher. C’est à l’approche du carnaval, entendre les groupes répéter, avec des sonorités différentes. En 12 ans de vie ailleurs, il y a pas mal de groupes avec des sons complétement différents.

Je sens que ça me faire vibrer singulièrement. J’ai hâte d’y être.

Quels sont tes plats préférés ?

La Brandade de morue de ma maman. Je précise de ma mère car c’est une valeur sure, c’est toujours réussi.
Un autre plat, un hit si je reprends le langage musical, c’est le fricassé de lambis, c’est inratable.

Tes lieux préférés ou à découvrir absolument:

Je suis Pointois, donc je parlerais d’un lieu de ma ville.

Pour moi, c’est important de développer la « Pwent » (= la Pointe, surnom de pointe à pitre), depuis que les békés ont décidé de tuer le centre historique avec leurs grands centres commerciaux.
Nous sommes dans un des lieux qu’il faut absolument découvrir, boire quelques jus locaux, des soupes et des bowls healthy. La seule option nutrition, santé à Pointe à pitre c’est Charbel. Je viens de découvrir ce lieu qui sera mon spot régulier.

Je suis aussi particulièrement touché par l’initiative de David Drumeaux d’avoir ouvert un restaurant gastronomique et populaire. Le 1973 est un lieu de vie, dans la maison familiale de son grand père. La nourriture et les cocktails sont excellents.
C’est intimiste, on a l’impression d’être chez soi. C’est hype et convivial à la fois. David est un entrepreneur visionnaire et sérieux. Le 1973, c’est le fruit de son intelligence et de l’amour de son pays. J’y vais régulièrement dès que jeux et que j’ai des sous, rire.

Un(e) Guadeloupéen(ne) que tu apprécies ?

Je ne vais pas dire ma mère car ça ferait bizarre, quoique non.

C’est une héroïne bien guadeloupéenne avec tout le drame que ça peut comporter de grandir femme dans ce monde-là.

Il y a eu pas mal de monde qui m’a inspiré, notamment dans la musique mais je vais rester sur David Drumeaux.

Il me fait penser à moi. C’est quelqu’un qui va beaucoup se donner, animer par l’amour de son pays. C’est très rare. Nous sommes gangrénés par des commerçants sans conscience.
Ce qui est un non-sens, dans un pays comme la France avec des valeurs profondément socialistes.
Avoir des gens qui veulent uniquement se faire de l‘argent sans être dans le développement durable. On ne peut pas être dans un capitalisme sauvage comme on le voit aux abord de Pointe à pitre.

David réussit à faire ce pari d’un business avec du sens pour le Pays, non sans difficulté car il faut arriver à composer avec nos élus locaux.
Personnellement, en 12 ans de carrière, je n’ai jamais croisé un élu local. On ne m’a jamais adressé la parole ou inviter à un évènement. Ils n’ont en tête que l’obtention des votes. C’est cliché ce que j’ai dit mais c’est vrai. On ne sait pas ce qu’ils font.
Bravo à David, d’autant plus qu’il avait voulu fermer la Kasa*, il y a quelque temps, mais il a été soutenu par des habitués de la kasa, qui lui demandaient de ne pas fermer. Il continue donc son œuvre.
Etre entrepreneur, c’est un peu comme être artiste. C’est beaucoup au gré du public. Il tient bon, c’est quelqu’un d’intelligent. 

(*institution culturelle en Guadeloupe pour ses concerts de qualité, soirées et évènements)

Un artiste à connaître absolument:

Dimitri Paul.
Quand je compose, ça me prend beaucoup de temps, car la musique doit résonner en moi. A contrario, Dimitri compose  rapidement et c’est surement dû à sa pratique de l’escrime.
Quand tu fais de l’épée, tu prends une décision. Tu définis ta stratégie. Puis tu as instant très court pour agir. Ça se traduit dans son art, de mettre en place une structure et d’y aller. Son outil de loop correspond très bien à son mental forgé par l’escrime. Je trouve ça beau. Il n’y pas d’hésitation.

Je voulais faire un clin d’œil à Yakoto, une artiste ghanéenne et allemande, découverte récemment. Elle compose et écrit extrêmement bien. Son univers est plein de charme, entre le féminisme et le traditionalisme misogyne. Elle est épatante dans la vie et c’est une très grande business woman et son pays le lui rend bien.

Qu’est ce qui te rend fier d’être guadeloupéen ? 

Le plaisir que tu ne peux vivre qu’en Guadeloupe ?

Quand on voyage un peu, on se rend compte que beaucoup de chose qu’on vit en Guadeloupe, c’est un peu du luxe. 

Dernièrement, j’ai vécu une grosse expérience que certaines personnes auraient payés 5000€ pour vivre.

En une journée, on a randonné 2h, direction le sommet de la soufrière, il y avait un vent super fort, une brume pas possible, on était proche du cratère avec cette chaleur souffrée.

On est redescendu pour aller directement sur la plage de la Perle, un gros soleil, puis on est allé manger du poisson frais dans un restaurant à côté d’une baraque à pécheur à Deshaies et en redescendant le soir, on a pris un verre à la Marina.

Je ne sais pas si on peut vivre ça uniquement qu’en Guadeloupe mais ici ça se fait dans une nature préservée, sans parcours prédéfini.  On trouve différents produits de qualité; difficile à trouver en abondance dans d’autres lieux.

C’est ce qui fait la spécificité de mon ile et que je ne trouvais pas ailleurs ou qu’on me faisait payer très cher ; alors que ce sont des expériences simples et peu couteuses ici.

Qu’est ce qui te rend fière d’être Guadeloupéenne:

Quand on voyage un peu, on se rend compte que beaucoup de chose qu’on vit en Guadeloupe, c’est un peu du luxe. 

Dernièrement, j’ai vécu une grosse expérience que certaines personnes auraient payés 5000€ pour vivre.

En une journée, on a randonné 2h, direction le sommet de la soufrière, il y avait un vent super fort, une brume pas possible, on était proche du cratère avec cette chaleur souffrée.

On est redescendu pour aller directement sur la plage de la Perle, un gros soleil, puis on est allé manger du poisson frais dans un restaurant à côté d’une baraque à pécheur à Deshaies et en redescendant le soir, on a pris un verre à la Marina.

Je ne sais pas si on peut vivre ça uniquement qu’en Guadeloupe mais ici ça se fait dans une nature préservée, sans parcours prédéfini.  On trouve différents produits de qualité; difficile à trouver en abondance dans d’autres lieux.

C’est ce qui fait la spécificité de mon ile et que je ne trouvais pas ailleurs ou qu’on me faisait payer très cher ; alors que ce sont des expériences simples et peu couteuses ici.

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Des expériences insolites pour siwoter la Guadeloupement autrement

Crédits photo:
1idee.net
facebook 1973
facebook Dimitri Paul

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