Lovely Otvas raconte moi TA Guadeloupe

Lovely Otvas raconte moi TA Guadeloupe

Elle enseigne à l’École Pratique des Hautes Études en master, après avoir été diplomée de l’École Normale Supérieure (ENS). Elle s’appelle Lovely Otvas et nous raconte sa Guadeloupe !
Peux tu te présenter ? 

Je suis née à Grand-Bourg de Marie-Galante mais j’ai habité Grand-Camp jusqu’à mes 15 ans, puis Baie-Mahault, Saint-Claude et Basse-Terre pendant mes années de prépa.

Ma devise dans la vie : « on récolte ce qu’on sème », « sa ou simé sé sa ou ké rékolté », alors veillons à semer ce que nous voulons voir s’actualiser dans nos vies.

Ce qui me détermine c’est l’amour que je porte à la Guadeloupe et au Gwoka, nous n’imaginons pas la chance que nous avons. J’aime aussi enseigner, enrichir l’autre en lui apportant des connaissances nouvelle voire le pousser à trouver les réponses en lui. Enseigner est une vocation chez moi, c’est ce que j’ai toujours voulu faire professionnellement.

Une odeur, un son, un moment que tu affectionnes au Pays:

Une odeur: Celle qui sort de toute cuisine guadeloupéenne.

Un son : les vagues qui s’abattent sur la plage, j’adore.

Un moment : le coucher de soleil que j’adore aller voir à Deshaies.

Quels sont tes plats préférés ?

Les dombrés et ouassous ou crabes, gratins de christophine, de bananes, d’ignames, de fruits-à-pain, de papayes etc., colombo.

J’aime quand mon assiette est colorée !

J’adore le chodo, les beignets, les accras, le boudin !

Tes lieux préférés ou à découvrir absolument:

Marie-Galante est l’île où je me sens le mieux, j’aime ses habitants, son paysage, l’atmosphère qui y règne. Je me plais à contempler les falaises que ce soit à Marie-Galante qu’en Grande-Terre.

Je trouve ça impressionnant.

Au niveau musical:

Une chanson qui t‘a marquée : le choix est trop dur… Une chanson qui me touche depuis petite : Patrick Saint-Eloi, Réhabilitation. Ma mère écoutait ça très souvent quand j’étais petite. Cette chanson m’a sensibilisé dès le plus jeune âge à l’esclavage, la colonisation et d’autres injustices qui persistent encore aujourd’hui.

Une chanson pour avoir la pêche : Je pense de suite au live de « Buzz » de Carimi. Je suis déchaînée quand j’écoute ça ! (il n’y a pas de vidéo sur youtube je crois, les lives qu’on y trouve ne correspondent pas à celui que j’écoute). Le compas me donne toujours de l’énergie. Je ne peux pas m’arrêter là, il me faut parler du gwoka, en particulier tous les morceaux de mendé et de toumblak (Indestwas ka, 7son@to, Nou La Krakrakra, Kabann). Pour me motiver pendant l’agrégation j’écoutais souvent Saïk feat. Destra, Karibbean Island, surtout la partie live à la fin du son dans laquelle ils invitent le public à crier « Caribean we’re the best ». Pour avoir la volonté de persévérer : Sadik, Pa lagé.

Pour un moment de doucine : Stevy Mahy, Ban di-w, mais il y aurait aussi du Patrick Saint-Eloi, du Jocelyne Beroard, T Kimp Gee

 

Le plaisir que tu ne peux vivre qu’en Guadeloupe ?
Un plaisir que je ne peux vivre qu’en Guadeloupe… Tout simplement la joie et le bonheur de me sentir chez moi, à ma place, en phase avec mon environnement.

Quel

Quel(le) Guadeloupéen(e) apprècies-tu ? 

J’aime le guadeloupéen en général. Sa façon d’être, de parler… C’est dur de choisir un guadeloupéen en particulier.

Je citerais tout de même Bébé Rospart. Ses cours de danse ont changé quelque chose en moi, dans ma façon de vivre le gwoka mais aussi de vivre la Guadeloupe.

 

Et pour finir, un proverbe que tu affectionnes ? 

Kouto sèl sav sa ki an kyè a jiromon: Ne jugeons pas les autres…

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Des expériences insolites pour siwoter la Guadeloupement autrement

Crédits photo:
Lovely Otvas

Pays Guadeloupe

 

Erik Pédurand, Raconte moi TA Guadeloupe

Erik Pédurand, Raconte moi TA Guadeloupe

Erik Pédurand, Guadeloupéen, Artiste talentueux, nous raconte sa Guadeloupe, sans langue de bois. 
Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Eric Pédurand avec un C, dans la vie normale ; Ce qui diffère beaucoup d’erik avec un K.
J’avais comme nom de scène Erik et puis plus tard j’ai décidé d’embrasser mon nom de famille donné par mes anciens « maitres » Pédurand.
Nom que je souhaiterais d’ailleurs abandonner au profit d’un nom que je me donnerais moi-même ce qui signera ma vraie émancipation que j’aimerais léguer à mes enfants mais c’est une autre histoire.

J’ai grandi à pointe à pitre, à Bergevin, non loin du cimetière.

Je suis un artiste. Je ne vis qu’à travers la beauté des choses. Transformez les choses en beauté ou donner du sens aux choses. Je vibre à travers ce que je reçois, je ne suis qu’émotion, transfert d’énergie, sens, et création.

Une odeur, un son, un moment que tu affectionnes au Pays:

Je viens de rentrer des Etats Unis après 5 ans là-bas. Je n’ai pas grandi à la campagne. Je suis plus sensible aux bruits de la ville, ce qui était présent à USA, Madrid, Paris. Je suis un urbain profondément. Je me sens à l’aise entre 4 murs et le bruit d’un moteur de voiture et d’un klaxon. Malheureusement.

Cependant, il y a des choses qui ne trompent pas et qui vont toujours me toucher. C’est à l’approche du carnaval, entendre les groupes répéter, avec des sonorités différentes. En 12 ans de vie ailleurs, il y a pas mal de groupes avec des sons complétement différents.

Je sens que ça me faire vibrer singulièrement. J’ai hâte d’y être.

Quels sont tes plats préférés ?

La Brandade de morue de ma maman. Je précise de ma mère car c’est une valeur sure, c’est toujours réussi.
Un autre plat, un hit si je reprends le langage musical, c’est le fricassé de lambis, c’est inratable.

Tes lieux préférés ou à découvrir absolument:

Je suis Pointois, donc je parlerais d’un lieu de ma ville.

Pour moi, c’est important de développer la « Pwent » (= la Pointe, surnom de pointe à pitre), depuis que les békés ont décidé de tuer le centre historique avec leurs grands centres commerciaux.
Nous sommes dans un des lieux qu’il faut absolument découvrir, boire quelques jus locaux, des soupes et des bowls healthy. La seule option nutrition, santé à Pointe à pitre c’est Charbel. Je viens de découvrir ce lieu qui sera mon spot régulier.

Je suis aussi particulièrement touché par l’initiative de David Drumeaux d’avoir ouvert un restaurant gastronomique et populaire. Le 1973 est un lieu de vie, dans la maison familiale de son grand père. La nourriture et les cocktails sont excellents.
C’est intimiste, on a l’impression d’être chez soi. C’est hype et convivial à la fois. David est un entrepreneur visionnaire et sérieux. Le 1973, c’est le fruit de son intelligence et de l’amour de son pays. J’y vais régulièrement dès que jeux et que j’ai des sous, rire.

Un(e) Guadeloupéen(ne) que tu apprécies ?

Je ne vais pas dire ma mère car ça ferait bizarre, quoique non.

C’est une héroïne bien guadeloupéenne avec tout le drame que ça peut comporter de grandir femme dans ce monde-là.

Il y a eu pas mal de monde qui m’a inspiré, notamment dans la musique mais je vais rester sur David Drumeaux.

Il me fait penser à moi. C’est quelqu’un qui va beaucoup se donner, animer par l’amour de son pays. C’est très rare. Nous sommes gangrénés par des commerçants sans conscience.
Ce qui est un non-sens, dans un pays comme la France avec des valeurs profondément socialistes.
Avoir des gens qui veulent uniquement se faire de l‘argent sans être dans le développement durable. On ne peut pas être dans un capitalisme sauvage comme on le voit aux abord de Pointe à pitre.

David réussit à faire ce pari d’un business avec du sens pour le Pays, non sans difficulté car il faut arriver à composer avec nos élus locaux.
Personnellement, en 12 ans de carrière, je n’ai jamais croisé un élu local. On ne m’a jamais adressé la parole ou inviter à un évènement. Ils n’ont en tête que l’obtention des votes. C’est cliché ce que j’ai dit mais c’est vrai. On ne sait pas ce qu’ils font.
Bravo à David, d’autant plus qu’il avait voulu fermer la Kasa*, il y a quelque temps, mais il a été soutenu par des habitués de la kasa, qui lui demandaient de ne pas fermer. Il continue donc son œuvre.
Etre entrepreneur, c’est un peu comme être artiste. C’est beaucoup au gré du public. Il tient bon, c’est quelqu’un d’intelligent. 

(*institution culturelle en Guadeloupe pour ses concerts de qualité, soirées et évènements)

Un artiste à connaître absolument:

Dimitri Paul.
Quand je compose, ça me prend beaucoup de temps, car la musique doit résonner en moi. A contrario, Dimitri compose  rapidement et c’est surement dû à sa pratique de l’escrime.
Quand tu fais de l’épée, tu prends une décision. Tu définis ta stratégie. Puis tu as instant très court pour agir. Ça se traduit dans son art, de mettre en place une structure et d’y aller. Son outil de loop correspond très bien à son mental forgé par l’escrime. Je trouve ça beau. Il n’y pas d’hésitation.

Je voulais faire un clin d’œil à Yakoto, une artiste ghanéenne et allemande, découverte récemment. Elle compose et écrit extrêmement bien. Son univers est plein de charme, entre le féminisme et le traditionalisme misogyne. Elle est épatante dans la vie et c’est une très grande business woman et son pays le lui rend bien.

Qu’est ce qui te rend fier d’être guadeloupéen ? 

Le plaisir que tu ne peux vivre qu’en Guadeloupe ?

Quand on voyage un peu, on se rend compte que beaucoup de chose qu’on vit en Guadeloupe, c’est un peu du luxe. 

Dernièrement, j’ai vécu une grosse expérience que certaines personnes auraient payés 5000€ pour vivre.

En une journée, on a randonné 2h, direction le sommet de la soufrière, il y avait un vent super fort, une brume pas possible, on était proche du cratère avec cette chaleur souffrée.

On est redescendu pour aller directement sur la plage de la Perle, un gros soleil, puis on est allé manger du poisson frais dans un restaurant à côté d’une baraque à pécheur à Deshaies et en redescendant le soir, on a pris un verre à la Marina.

Je ne sais pas si on peut vivre ça uniquement qu’en Guadeloupe mais ici ça se fait dans une nature préservée, sans parcours prédéfini.  On trouve différents produits de qualité; difficile à trouver en abondance dans d’autres lieux.

C’est ce qui fait la spécificité de mon ile et que je ne trouvais pas ailleurs ou qu’on me faisait payer très cher ; alors que ce sont des expériences simples et peu couteuses ici.

Qu’est ce qui te rend fière d’être Guadeloupéenne:

Quand on voyage un peu, on se rend compte que beaucoup de chose qu’on vit en Guadeloupe, c’est un peu du luxe. 

Dernièrement, j’ai vécu une grosse expérience que certaines personnes auraient payés 5000€ pour vivre.

En une journée, on a randonné 2h, direction le sommet de la soufrière, il y avait un vent super fort, une brume pas possible, on était proche du cratère avec cette chaleur souffrée.

On est redescendu pour aller directement sur la plage de la Perle, un gros soleil, puis on est allé manger du poisson frais dans un restaurant à côté d’une baraque à pécheur à Deshaies et en redescendant le soir, on a pris un verre à la Marina.

Je ne sais pas si on peut vivre ça uniquement qu’en Guadeloupe mais ici ça se fait dans une nature préservée, sans parcours prédéfini.  On trouve différents produits de qualité; difficile à trouver en abondance dans d’autres lieux.

C’est ce qui fait la spécificité de mon ile et que je ne trouvais pas ailleurs ou qu’on me faisait payer très cher ; alors que ce sont des expériences simples et peu couteuses ici.

La Guadeloupe d’Erik Pedurand vous a plu ? Partagez le et inscrivez vous à la Newsletter pour découvrir le portrait de l’artiste dans #Pépites de Guadeloupe

Des expériences insolites pour siwoter la Guadeloupement autrement

Crédits photo:
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facebook Dimitri Paul
Cathy, Raconte moi TA Guadeloupe

Cathy, Raconte moi TA Guadeloupe

Bonjour,

Je m’appelle Cathy, je suis employée de banque, en Guadeloupe depuis Mars 2009.

Ma devise : Kimbé réd pa moli : tiens bon, n’abandonne pas. 

J’aime beaucoup les trails *, la nature ; ce qui représentent la Guadeloupe aussi bien la montagne, la mer, les rivières. J’ai eu des mauvaises expériences lors des trails mais ça ne m’empêche pas d’y retourner. Pour moi c’est un challenge mais aussi l’occasion d’être proche de la nature, découvrir des paysages qu’on n’a pas l’habitude de voir et surtout, passer un bon moment d’éclate et de délire même si parfois on en chie.

*Course à pied dans la nature (forêt etc…)

 Une odeur, un son, un moment que tu affectionnes au Pays:

L’odeur de nourriture, par exemple, ce matin en partant faire le trail, il y avait déjà une odeur de bonne cuisine locale des voisins. J’aime aussi entendre le chant des oiseaux.

Quels sont tes plats préférés ?

Le fricassé de lambis

Tes lieux préférés:

La pointe des châteaux pour l’immensité que ça peut apporter. Je ne suis pas chauvine même si je suis de là-bas mais j’aime beaucoup Capesterre-belle-eau pour tout ce qui est rivières, les chutes du Carbet.

Les chutes du Carbet par le drone de Maxime Jacq

A découvrir absolument :

Joyeuse et positive année 2017 a tous nos clients et ami(e)s du 73 !Je tiens a vous remercier du fond du coeur pour votre soutient …..vous faites partie intégrante du concept "1973" …..un restaurant oui ….mais surtout un lieu de vie …..un espace d'echanges …un générateurs de bonnes vibe …..une certaine idée de notre identité créole !!Nous vous réservons de belles choses pour 2017 …..mais avant nous allons faire un petit break de 15 jours pour recharger les batteries et revenir avec pleins de bonnes et succulentes vibes a vous proposer !!Reouverture le jeudi 19 janvier !!Merci pour tout On pil lanmou pou zot

Posted by 1973 FOOD & SOUND on Montag, 2. Januar 2017

Un resto dans une maison coloniale à Pointe-à-Pitre, le 1973. C’est de la cuisine créole inventive, avec une touche gastronomique où les produits locaux sont sublimés.

Le glacier à Pointe-à-Pitre, le désir du palais.

Un(e) Guadeloupéen(ne) que tu apprécies ?

 

Ce serait mon père. Il représente pour moi tout ce qu’il y a dans la Guadeloupe.

C’est un bon père de famille. Il cuisine super bien et il est toujours attaché à ses racines. Il n’a jamais hésité à nous parler créole pour qu’on puisse apprendre. Je le remercie pour cet héritage qu’il nous a donné à mon frère et moi.

Un artiste à connaître absolument:

Pas forcément un nom d’artiste. J’aime bien le gwo ka, j’ai toujours rêvé de savoir le danser. Je trouve que c’est très représentatif de la Guadeloupe.

Une expression, un proverbe, un créolisme que tu aimes :

Bôd lanmé pa lwen : ça veut dire que tu vas bientôt atteindre ton objectif, c’est imminent. Je trouve que c’est encourageant et positif.

Le plaisir que tu ne peux vivre qu’en Guadeloupe ?

Pouvoir aller faire du sport tôt le matin sur la plage. Ce n’est pas donné à tout le monde. Surtout voir le soleil se lever juste avant d’aller travailler et d’avoir bien transpiré. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire partout.

Pour moi le siwotaj* c’est aussi bien dans la vie de tous les jours ; me dire que si j’ai envie de prendre un bain de mer quand je sors du travail ou autre je peux le faire.

*terme assez spécifique en Guadeloupe qui vient de siwoter (profiter de)

Qu’est ce qui te rend fière d’être Guadeloupéenne:

Le cadre de vie est un havre de paix, malgré ce qui s’y passe parfois.

Pour moi on a tout, même si on peut rencontrer des difficultés, il y en a partout. C’est une belle île, les gens sont accueillants, malgré tout ce qu’on peut dire. J’aime tout ce que la Guadeloupe peut offrir aujourd’hui. C’est aussi pour toutes ces raisons que je suis fière d’être guadeloupéenne.

Avant je ne l’étais peut-être pas car je ne la connaissais pas assez. Je vivais en métropole, on venait surtout pour les vacances, on connaissait mais en surface. On n’a jamais été ancré.

Je suis métisse dans toute sa splendeur, j’ai vraiment les 2 côtés.

Quand je me suis installée ici, c’était aussi pour être en mesure de parler, éventuellement à mes enfants ou à d’autres, de là où je suis originaire car je suis aussi Guadeloupéenne même si je suis née en métropole.

Le coté métropolitain a beaucoup pris le pas sur ma vie. Je suis fière et contente de m’être installée en Guadeloupe. Je suis métisse dans toute sa splendeur, j’ai vraiment les 2 côtés. Contente de rentrer en métropole pour voir les amis, la famille car ils me manquent mais très contente de rentrer chez moi.  Je suis fière de dire que c’est chez moi.

Un mot pour la fin ?

Kimbé réd pa moli, sé moli ki rèd : Tiens bon, ne flanche pas, c’est abandonner qui est difficile.

 

Anais Verspan, Raconte moi TA Guadeloupe

Anais Verspan, Raconte moi TA Guadeloupe

[:fr]Bonjour,

Je suis Anais Verspan, 36 ans, Pointoise à l’origine, je vis entre Paris et la Guadeloupe. Je suis artiste visuelle dont le sujet principal est la Guadeloupe dans ses mès é labitid’ (us et coutumes).

J’ai deux devises :

“Viv’ vi aw pa van nanm aw” (Vis ta vie sans vendre ton âme) de moi-même.                                                                    “kwé san lass” (Croire sans fin) de Lockel.

Origine de ta devise personnelle : Un soir pour le réveillon à la maison, il y avait une grande pancarte où avec des amis, nous avions tous inscrits nos résolutions pour 2006. Il y avait des inscriptions comme “cette année, je relève la lunette des toilettes” ou “j’arrête de simuler au lit”.                                                                                                                  J’ai écris: “Tchip, viv’ vi aw pa van nanm aw” car chaque année on fait des solutions et on ne les tient pas. Quand j’ai créé afroexcentrik (magasin de prêt-à-porter) c’était aussi mon slogan.

 Viv’ vi aw, pa vanm nanm aw 

Sa signification : Quelque soit qui tu es, on est tous différents, mais une chose nous rassemble c’est l’âme, les valeurs, l’amour.Des fois, on l’oublie et on vend très rapidement notre âme, surtout dans cette société où on te vends le bonheur, il faut acheter ceci, être comme ça. Une phrase qui est super simple mais qui est universelle.             C’est aussi une manière de diversifier mes produits. En dehors de mes tableaux, j’ai le souhait de faire des produits dérivés dont le tee-shirt Viv’ vi aw, pa vanm namm aw.

Une odeur, un son, un moment que tu affectionnes au Pays:

Le 1er dimanche de Janvier, le carnaval commence, quand il y a l’odeur de l’encens, tu es encore loin mais tu entend le mas a po qui arrive, il y a l’effervescence, l’excitation, ça c’est magique.

Quels sont tes plats préférés ?

Le calalou de mon papa, le migan (de fruits à pain) de ma mamie et le poisson frit de ma maman.                             

Le calalou de papa, c’est magique.  Toute la journée, je m’assois et je mange du crabe.  Il en congèle pour moi. Quelque soit le moment de l’année, quand je rentre au Pays, j’ai du calalou qui m’attend.

Le migan de ma grand mère, pour moi c’est une richesse, la cuisine c’est un patrimoine culturel dans ma famille. Je sais le faire comme elle, elle le fait. C’est l’amour de ma grand mère, j’ai une relation particulière avec le goût et le goût me rappelle un tas de trucs, et je me sens bien.

Le poisson frit, le lambi de ma maman, c’est tip top.

 Ah le calalou de mon papa, c’est magique ! 

Tes lieux préférés:

Un seul lieu me viens, c’est la pointe des châteaux.  C’est un lieu très fort en terme d’énergie je trouve, d’une manière tellurique, chaque fois que j’y vais, je me ressource. C’est comme si la mer me nettoyais.                      Comme c’est la mer atlantique, elle est forte, elle te ramène à toi en tant qu’homme, tu es petit donc calme toi, (rires). Le fait d’avoir la croix en plus, c’est beau. Si je passe les fêtes de fin d’année en Guadeloupe, le 1er janvier j’y vais pour me nettoyer, c’est aussi un lieu où il y a des souvenirs forts.

pointe des chateaux            crédit photo: Adéola Bambé

A découvrir absolument :

Les excellentes glaces de l’artisan glacier pâtissier de Fabienne Youyoute.

Les bons plans de l’application Food’Île

Une chose insolite à faire :

Faire un « AKA ». Un kout tanbou organisé chez un particulier mais an fait c’est l’essence et l’âme de la Guadeloupe en quelques heures. On appelle cela en Guadeloupe mès é labitid a Gwadloup.

Se faire un tee-shirt peint et signé de l’artiste populaire Joël Nankin à la rue piétonne de Pointe à Pitre et prendre une bonne vibe du gwo ka urbain, c’est une institution lol !

Deux grands artistes Pays: Joël Nankin (en noir) et Dominik Coco, chanteur, crédit photo: HappyMan photography

Un artiste à connaître absolument:

JORGE ROVELAS dans son atelier qui est sa maison pour le personnage atypique qu’il est, son savoir-faire et sa passion pour la matière et l’Homme.

Un(e) Guadeloupéen(ne) que tu apprécies ?                              Döry (Dörysélèsprika) pour sa vision de la langue matricielle des Guadeloupéens, le créole. Elle joue avec ses images, son histoire et la modernise artistiquement.

Une expression, un proverbe, un créolisme que tu aimes :      « La vi sé on fanm fòl » la vie est une femme folle. Je rajouterais an pli fòl ki-y !!!! je suis plus folle qu’elle !

 

 Je trouve que nous sommes des gens heureux, d’amour, n’en doutons pas. 

Qu’est ce qui te rend fière d’être Guadeloupéenne ?

TOUT !

Ce sentiment nationaliste, peut-être un fantasme pour certain mais tellement palpable, ancré, qu’il définit le « NOU » guadeloupéen !  Par rapport à notre histoire , je trouve que nous sommes des gens qui nous nous accrochons à la vie, des gens heureux, des gens d’amour.  Il ne faut pas douter de ça ; malgré certaines mutations de la société Guadeloupéenne.

Un plaisir que tu ne peux vivre qu’en Guadeloupe :

Le Carnaval, il y en a pas deux comme celui de Guadeloupe.                                                                                                Pour les groupes à po par exemple, il y a tout un process à respecter pour vivre réellement l’expérience du màs. Je trouve ça immense. De part, l’origine même du carnaval, il canalise la population.

Notre carnaval est puissant, pour moi, il régénère le peuple.

Je suis tellement fière de mon peuple, c’est là où tu vois des chorégraphes, scénographes, de plus en plus de décors immenses. Chaque année je vois l’évolution et pourtant je suis plutôt màs à po.                                         L’organisation est démente chaque année. J’aimerais qu’on crée beaucoup plus de métier autour de cela. Créer un musée du carnaval, il y a les énergies pour le faire. Il faut que ce soit comme une économie au Brésil.

La première année où je suis arrivée à Paris, je n’ai pas pu rentrer pour le carnaval, et bien chaque dimanche j’ai pleuré.

 

 

 

Et  si vous viviez notre si beau carnaval de l’intérieur? Découvrez ce que Créole Trip vous propose.

Si la Guadeloupe d’Anaïs vous a plu, partagez l’article, 😉 et retrouvez d’autres déclarations d’amouuur pour la Guadeloupe sur le blog !

 

 

 

Stevy Mahy, raconte moi TA Guadeloupe

Stevy Mahy, raconte moi TA Guadeloupe

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Une odeur, un son, un moment que tu affectionnes au Pays:

J’aime l’odeur des feuillages la nuit. Quand tu as un jardin créole avec de la citronnelle, du gros thym, doliprane, que tu y passes tu as une odeur comme les bains de feuillages qu’on donnait aux enfants à l’époque.

J’aime aussi le dimanche matin, l’odeur et le bruit des cocotes minutes, un tchui chui chui. Pour moi c’est les Antilles.

J’ai passé quelques mois à New york dans une famille haïtienne. C’était très rassurant psychologiquement, d’entendre ce bruit le dimanche. Je me suis sentie chez moi, c’était très familier de la voir faire ses pois rouges et sentir ces même odeurs, savoir qu’on est dimanche et que c’est normal. Ça me ramène directement en Guadeloupe.

 Quels sont tes plats préférés ?

J’aime les dombrés, le riz-pois rouges avec poule roussie, pour moi c’est le must. Ça et un gratin de bananes jaunes.

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 Tes lieux préférés:

La plage de Malendure particulièrement avant 10h, car il y a peu de monde. A 9h quand tu es dans l’eau, que tu regardes l’îlet pigeon, c’est juste magnifique. On a de très belles plages et celle de Port louis est pas mal aussi.

Bizarrement, j’adore déambuler dans les rues de Pointe à pitre… le dimanche.

Il n’y a rien, personne à part quelques pèlerins sur la place de la victoire. J’ai grandie, en partie, dans cette ville. J’adore Pointe à pitre, je ne peux pas l’expliquer. J’adore son coté crade mais le dimanche, car il n’y a personne. J’ai l’impression que le temps s’arrête, voir même de revenir des décennies en arrière.

J’aime l’ambivalence de cette ville. Pointe à Pitre me fait penser à moi. Elle peut être très speed, très brouhaha et d’un coup tout s’arrête. Pour moi c’est une femme, elle est débrouillarde, elle fait ce qu’elle a à faire avec toutes les communautés. Elle arrivent à les gérer comme elle peut. Il y a juste le samedi après midi et le dimanche où elle dit maintenant foutez moi la paix. Je suis en introspection, revenez lundi.

C’est très moi, je trouve.

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 A découvrir absolument :

Pour ceux qui sortent de l’étranger, le restaurant An ba tôl la. A chaque fois que j’y vais je mange bien, il n’y a pas de chichis. Je pense qu’un des atouts de la Guadeloupe est son authenticité. Je trouve que les Guadeloupéens sont sans embages. Je trouve que c’est intéressant que le concept différent soit un non concept, un endroit qui ne paie pas de mine mais où c’est bon.

Un(e) Guadeloupéen(ne) que tu apprécies ?

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Maryse condé. J’admire son parcours, sa liberté, son écriture. Il y a une décomplexion qui à son âge, est déconcertante. J’aime sa recherche dans l’exil, je me retrouve dedans ; J’aime l’idée qu’elle ait été ici et ailleurs. Pour voir, se retrouver et revenir au point d’ancrage. C’est mon modèle de femme guadeloupéenne.

Même si je ne m’attarde pas sur ses idées politiques, je trouve que Lucette Michaux Chevry est la 1ére femme qui m’a donné l’impression qu’on pouvait faire ce qu’on voulait. Une femme de poigne dans un milieu d’hommes, qui a tout fait dans son corps de métier. Finalement, on a beaucoup d’exemple de femmes fortes guadeloupéennes, on en parle pas assez.

Pour revenir à Maryse Condé, on a l’impression qu’elle n’est pas assez valorisée par son île, comme un désamour ?

Désamour, je ne suis pas certaine. Ce que je sais, c’est que la démonstration d’amour en Guadeloupe est assez spécifique. Je pense que le guadeloupéen a un côté, tout le monde est un peu pareil . Même si je suis content que tu nous représentes en parallèle, je ne te glorifierai pas plus que mon voisin. Ça ne veux pas dire que je t’aime moins. Ça peut être déroutant quand on met en exergue le retour que Maryse Condé a quand elle est aux Etats-Unis par exemple.

Je pense que le travail est valorisée mais la démonstration n’est pas la même qu’ailleurs.

Quand je suis en Guadeloupe par ex, les gens m’interpellent comme une voisine, pas comme une chanteuse. Je pense que la plus grande preuve d’amour c’est justement ça, qu’il n’y a pas la sensation d’une différence et que tu fais partie d’une même famille.

Un artiste à connaître absolument:

Stéphanie Mélyon Rénette aka Nefta Poetri, c’est mon coup de cœur. J’aime l’idée qu’elle soit féministe, quelle représente le festival Cris de femmes dans l’hexagne et aux Antilles. Elle est danseuse, poète, sociologue, professeure, écrivaine, conférencière. Il y a une certaine discrétion par rapport à ce qu’elle fait, une vraie intelligence dans ses analyses. Elle aurait pu se contenter d’être sociologue ou conférencière mais qu’elle danse, slame etc… je trouve qu’elle est un personnage intéressant.

Une expression, un proverbe, un créolisme que tu aimes :

C’est séske je te disais.

Ta conception du Siwotaj en Guadeloupe ?

La plage de Sainte Anne la nuit avec des amis. C’est éclairé, il y a peu de gens, et c’est un peu improbable : des familles avec leurs enfants à 21h . Tu te demandes ce qu’ils font là avec leurs tables, leurs plats ( rires).

En Guadeloupe, on a cette qualité de vie, la possibilité de déconnecter assez vite.

Aller dans un pays,où la nuit tu peux décider de prendre ta voiture, et d’aller à Sainte-Anne et de passer un bon moment , avec des gens que tu aimes, c’est top.

L’eau est chaude, tu vois les étoiles. On a l’impression d’être dans un bain grandeur nature.

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Qu’est ce qui te rend fière d’être Guadeloupéenne:

Je suis fière d’être guadeloupéenne car je suis fière de ce qu’on est. Nous sommes une société très jeune et on a les prétentions de sociétés très anciennes. Les gens oublient souvent ça, en critiquant le guadeloupéen mais on oublie qu’on s’est construit il y a peu de temps finalement.

J’ai beaucoup d’indulgence envers nous. Les guadeloupéens sont ce qu’ils sont avec les moyens qu’ils ont. Je suis extrêmement fière du fait qu’on essaie de se dépatouiller sachant qu’un point de vue traumatisme, ce n’est pas facile. Nous sommes surtout des traumatisés qui n’ont pas été diagnostiqués et qui n’ont pas eu de traitement adéquat. Car on en parle pas, les bourreaux ne se disent pas bourreaux, idem pour les victimes donc les traumatismes ne sont jamais guéris.

Malgré ça, on fait avec les moyens qu’on a , ça peut être la religion, l’art, on est très prolifique, la revendication des fois à outrances parfois, le passéisme dans le sens où on glorifie les anciens héro ; la mulâtresse solitude par exemple mais on ne parle pas de Gerty Archimède qui est une figure historique plus récente.

On fait comme on peut mais je trouve qu’on fait bien.

Pour un peuple qui a été nourri de sang, de violence extrême, on n’est pas si violent que ça malgré ce qu’on dit en ce moment sur la violence . On arrive quand même plus ou moins à contenir ça, on aurait vraiment pu être pire que ça.

Je suis fière d’être une afro-descendante, parce que je suis extrêmement fière d’avoir eu des ancêtres, qui malgré l’esclavage, on fait de moi ce que je suis. Certains voient cela comme une honte, moi non. Car pour résister à l’esclavage, il faut être mentalement très fort. Je suis fière d’avoir des ancêtres comme ça.

Un mot pour la fin ?
J’ai beaucoup conscience de la mort donc de …la vie. Arrêtons de calculer, d’avoir peur, vivons surtout à l’heure actuelle.

Envie d’être en tête à tête avec Stevy Mahy?  C’est par içi. Et c’est très inspirant!

Nadeen, Raconte moi TA Guadeloupe

Nadeen, Raconte moi TA Guadeloupe

Bonjour,

Je suis Nadeen, 31 ans (déjà !!), Port-Louisienne résidant depuis peu aux Abymes.

Une des phrases que j’aime beaucoup, teintée d’un peu de sarcasme de Bernard Fontenelle:

«  Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant » 

Cette philosophie nous permet de prendre plus de risques, sachant la prise de risques est un levier formidable pour une meilleure connaissance de soi même, mais aussi pour expérimenter différentes situations. Au mieux, tu réussis, au pire, t’apprends une leçon de vie.

Mon activité professionnelle ne me détermine pas car j’ai déjà eu l’occasion de travailler dans des différents secteurs (juriste, commercial, tourisme). En revanche, ce qui me définit est ma passion pour les voyages, les rencontres avec les cultures étrangères, la Nature et la spiritualité dont je suis amoureuse et la lecture qui me permet de m’évader.

Une odeur, un son, un moment que tu affectionnes au Pays:

J’aime beaucoup la période avant Noel où les chantés Nwel sont organisés tous les week-ends. Ce sont de vrais instants de partage où les gens ont le sourire et plein d’énergie.

« Lors des chantés Nwèl, on sent vraiment que l’on appartient tous à la même communauté »

Quels sont tes plats préférés ?

Question difficile car je suis une épicurienne. Je dirais le poisson grillé avec une sauce créole accompagné d’un bon gratin ou encore le dombré et crevettes. En dessert, un flan au coco.

Pourquoi ? Pour la saveur !!

Tes lieux préférés ?

La pointe de la grande vigie à Anse Bertrand

Coté plages:  Grande anse à Deshaies, Anse laborde à Anse Bertrand,  Moustique à Marie-Galante, 

Le bassin Paradise à Capesterre-belle-eau

et…

nadine, protrait Créole trip

le saut d’acomat à Pointe Noire

 

 A découvrir absolument :

Le restaurant Zagaya à St François

Les jardins d’Anichi: table d’hôtes dans les hauteurs de bouillante où l’on mange à l’ombre d’un grand flamboyant. La nourriture et le lieu sont à découvrir.

 Un(e) Guadeloupéen(ne) que tu apprécies ? 

Léna Blou, pour sa créativité, sa discipline et sa contribution à l’évolution de la danse caribéenne.

Danseuse, chorégraphe, professeure de danse, chercheuse, Léna Blou nous expose magnifiquement le parallèle entre le Gwo Ka, danse traditionnelle guadeloupéenne et notre rapport à la vie.

 

Un artiste à connaître absolument:

Julien Barlagne, plus connu sous le nom de Albè.

Un ti plaisir que tu ne peux vivre qu’en Guadeloupe ?

Boire de l’eau de coco toute la journée.

Assister à un léwoz (soirée où tambouyé, chanteurs, danseurs se rassemblent autour du Gwoka 

Une expression, un proverbe, un créolisme que tu aimes :

« An ka fè zot tou lé dé fè on sèl », « An mélé kon sann é farin »

Ce qui te rends amoureuse de l’île: 

La diversité et la splendeur de nos paysages ainsi que la richesse de notre culture. Je suis amoureuse des trésors que recèle notre île. Je ne me lasse pas de découvrir et redécouvrir les merveilles naturelles ainsi que nos traditions.

Un mot pour la fin ?

Merci pour cette initiative. Il est temps qu’on apprenne à mieux connaître les atouts de notre île afin d’en être les ambassadeurs en toutes circonstances.

 

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