Cœur à cœur avec Anais Verspan, Artiste Visuelle Difé kako*

Cœur à cœur avec Anais Verspan, Artiste Visuelle Difé kako*

J’ai découvert Anais Verspan grâce au raconte moi ta Guadeloupe de Mairé. En allant sur son site, j’ai été époustouflé par tant de talent. En interviewant Anais, son parcours, son rapport à la Guadeloupe et sa vision m’ont touché. Voici là une belle pépite de Guadeloupe. Enjoy!  

Peux tu te présenter:

Je suis Anais Verspan, j’ai 37 ans. Je suis guadeloupéenne, artiste visuelle car ça englobe un tas de discipline. Je suis guadeloupéenne, artiste visuelle.  J’associe mon art à la mode, à la musique, au design, peut-être même à l’art culinaire demain! Pour moi la création est un tout, une philosophie de vie.

Je suis une jeune maman d’une bombe de 19 mois, donc débordée. Tout mon art est centré sur nos mès et labitid* de la Guadeloupe. *us et coutumes

Ma source d’inspiration c’est ma Guadeloupe et les guadeloupéens.

Je trouve qu’on a une manière de vivre atypique et particulière au même titre que des Sud-Africains ou Australiens. La Guadeloupe est une ressource inouïe et intarissable. Elle regorge de beaucoup de chercheurs, de sociologues, d’historiens, de «toubitencologue» que c’est vraiment de la matière brute pour un artiste.  

Credit photo: facebook Anais Verspan Art

Pourquoi le thème des mès et labitid* te tiens tant à coeur? *us et coutumes

Car il m’a façonné, en tant que Guadeloupéenne.

Exemple: Quand j’étais salarié à Paris, je posais systématiquement ma journée du 27 mai (jour des commémorations de l’abolition de l’esclavage et de 27 mai 1967) pour célébrer mes ancêtres. C’est d’une évidence!

Pour traiter du thème des Guadeloupéens, tu décodes le fonctionnement du pays par rapport à tes ressentis et des recherches sociologiques?

Ma première base de travail c’est beaucoup de recherches car on n’a rien inventé.  On s’approprie les choses. Je vais voir les gens. J’observe. J’échange beaucoup avec mes collaborateurs afin d’enrichir mes concepts. Je lis beaucoup, je bouffe de l’image, de la vidéo. Dès que j’ai collé tous ces «bouts d’histoires» et que j’ai pu structurer un possible, là c’est de l’écriture automatique, je peins, je crée.

Quand je passe à la peinture, tout est clair jusqu’à la scénographie de l’exposition.

 

Un artiste propose une autre façon de voir. Dès que j’ai créée l’histoire, et qu’elle est réalisable, je sais combien d’œuvres je vais réaliser, la gamme chromatique.  Je vois mes tableaux comme des collections,par «My moon», «Bigidi Plakata» et «Karata».

collection Karata 5. Anais Verspan 2014

Dans tes tableaux, pourquoi travailler à partir du noir? le contraste avec les couleurs sont saisissants d’ailleurs. 

Instinctivement, cette couleur est venue à moi. Je suis une fan de Soulages, le créateur de l’Outre-Noir. Je pense que cette couleur est tellement victime des stéréotypes. C’est une couleur qui m’englobe. Il y a une profondeur. Elle attire comme elle repousse. Travailler avec le noir permet une liberté dans l’utilisation de couleur également.  Ça me permet aussi de montrer le comportement de chez nous. Les choses ne sont pas linéaires, elles peuvent être brutales. Il n’y a pas de transition. Souvent on me dit waow ta peinture est forte. Ça me permet de retranscrire cet aspect-là. C’est peut-être aussi une part de ma personnalité.

 

 

Raconte nous l’aventure Afro Exentrik (1er magasin de vêtements à tendance « Afro »)

J’étais créatrice et styliste mais je ne confectionnais pas les vêtements. C’était d’abord un concept. Je me disais qu’on avait une manière de se mouvoir, et d’être. Je ne comprenais pas pourquoi on s’habillait comme des occidentaux avec des matières qui ne sont pas adaptées à notre climat. Je voulais mélanger les tendances, street-wear, le prêt à porter, des créations de designers, des accessoires pour équilibrer l’allure, ce qui n’était pas encore à la mode. C’était trop avant-gardiste. Je n’avais pas les ressources financières pour accomplir ce que j’avais en tête.  Mes économies se sont épuisées !

 

Crédit photo: Erzulli          Modèle: Karine Pedurand

 

Ma petite gloire d’Afro Exentrik c’est que j’ai beaucoup inspiré les gens, mes clients se sentaient mieux dans leur corps. C’était important pour moi de proposer un conseil personnalisé, que l’Être Guadeloupéen s’accepte tel qu’il est.  La femme créole met ses mains sur les côtés, à une manière de se mouvoir. C’était pour ça que j’avais intégré une ceinture haute pour marquer la taille. Ça rappelait l’attitude des robes à «kò»… tout en étant urbaine, en l’associant avec une chemise par exemple. 

Je suis heureuse d’avoir intégré ce style. C’était une belle aventure de 2007 à 2010. J’ai eu du mal à fermer boutique mais je m’endettais et à un moment il faut penser à soi. J’ai un peu panser la blessure. Ça m’a permis de me recentrer… sur mon art.

 

Après tes études d’art en Martinique, tu as été enseignante puis ton show room Afro Excentrik.  Pourquoi as-tu décidé de te consacrer totalement à la création? Tu aurais pu continuer à être enseignante par ex.

C’est compatible, mais je ne pouvais pas faire deux choses à la fois. C’était en phase avec mon évolution en tant que femme et je devais me recentrer sur moi. Panser l’entreprise que j’avais fermé. La peinture m’a permis de m’accepter en tant qu’artiste et de l’assumer. J’ai été enseignante trop tôt. J’avais peu de différence d’âge avec mes élèves (lycée professionnel). Il manquait quelque chose à mon épanouissement et je n’étais pas assez mûre pour ça. Je devais construire cette femme artiste car « i pa môl  » ! (c’est difficile).

Pourquoi est-ce difficile d’être femme et artiste?

En art, il y a majoritairement que des hommes. Il fallait que je m’impose en tant qu’artiste et heureusement très rapidement j’ai eu les encouragements de mes pairs. Par exemple, Joel Nankin qui m’a invité à l’inauguration de sa galerie.

Joel Nankin crédit photo: Rode Romelle

 

 

C’est quand même particulier d’être une femme artiste, ça demande encore plus de rigueur, une connaissance de soi, de son corps. Il faut mettre la barrière et se protéger et venir à l’essentiel qui est l’Art. Maintenant, je suis mère, je dois aménager mon temps.

“C’est assez rock’n roll d’être une femme artiste.”

 

Et mère de surcroît?

Il y a eu avant et y en aura après! Oui mais je veux, aussi, être une mère à l’ancienne. Une éducation avec nos valeurs. Il faut du temps et de la sincérité pour l’enfant donc il faut faire avec ses propres frustrations. Se dire chaque chose en son temps et être à 100% présent (physiquement et mentalement) pour son enfant. Ça demande beaucoup et un aménagement précis du temps.

Concrètement, comment gères-tu tes temps de création ?

Depuis que j’ai ma fille, j’organise comme je l’appelle des “résidences d’artistes”. J’aménage un temps où je me consacre uniquement à la création sur un temps plus court mais très intense. J’ai un planning sur 2 semaines à 1 mois, pour constituer une exposition. Pour cela la famille, la tribu est fondamentale, pour l’équilibre de l’enfant et l’artiste-femme que je suis.

 

 

Tu as exposé en Guadeloupe, à Paris, Allemagne, à Bruxelles. Comment arrives tu a participer à ces événements internationaux?

A paris, personne ne me connaît. Dans tous domaines, il faut connaitre des gens et je ne connais personne sur Paris. La communauté antillaise est peu présente dans l’art contrairement, à la musique.

Je me débrouille par mes propres moyens.

J’ai décidé de ne pas attendre la validation de Paris, pour exister.

Il faut connaitre des gens, je n’ai pas envie de me «prostituer» pour me faire connaître.

“Je n’ai pas envie de me prostituer pour me faire connaître”

 

 

Se Prostituer pour moi, c’est perdre son âme, perdre du temps à séduire les gens pour finalement qu’ils s’intéressent peu à tes oeuvres. Et surtout convaincre qu’on ne fait pas des oeuvres avec des accras, du boudin et des doudous par ci et par là!

Je suis une cheffe d’entreprise. Souvent je dit que je suis une «art’entrepreneure». Je décide des actions que je vais mener.

Pour ma communication, je suis un assez bon produit, (rires). En même temps je suis moi. Communiquer fait partie de mon métier sinon, on ne me connaît pas.

J’ai beaucoup chance car des gens comme toi vienne à moi. Mais Je me débrouille par moi même. Ce qui est paradoxal c’est que souvent on me demande qui est mon agent et dans quelle galerie j’ai signé quand je fais des salons internationaux.

“Je vis de mon art grâce aux Antilles”

Je vis de mon art grâce à chez moi et ici les gens reconnaissent la valeur de l’art, d’un artiste, quelque soit leur appartenance sociale. Ce sont des guadeloupéens avec un grand G qui me disent: j’aime ce que tu es, ce que tu fais, je veux acheter une oeuvre d’art. Je remercie les guadeloupéens pour cette reconnaissance. Mes 1er collectionneurs ce sont des Guadeloupéens que je remercie grandement.

J’essaie de faire des salons pour me faire connaître mais c’est coûteux. A Paris, si tu n’as pas d’argent, tu n’existes pas en tant qu’Artiste car il faut investir. Ce n’est pas facile.

Ce qui est bien à Paris c’est que je «fais mes dents». Comme il y a énormément de monde, c’est une ville inspirante mais également tu n’es personne et ça c’est bien. Pour l’humilité et la pugnacité que ça t’apprend.

 

Depuis que tu t’es lancée qu’elle est ta plus grande satisfaction?

Avancer à mon rythme, même si c’est angoissant. C’est un planning qui est souple, tu gères mieux les accidents et les opportunités qui t’arrives. Tu es plus apte à saisir une opportunité que si tu es salarié. C’est excitant, tu as des challenges tout le temps. Ce qui est angoissant c’est l’aspect pécunier. Je refuse l’image de l’artiste fou… Je veux être une artiste épanouie dans son boulot et qui vit de son art.

Tu ne fais pas de compromis car tu pourrais avoir un boulot alimentaire pour assurer au niveau matériel. Tu essaies de réunir toutes les conditions pour créer le mieux que possible?

Ce n’est pas facile, ça demande beaucoup, beaucoup de travail.  En même temps j’ai le choix. Quand tu es artiste, il faut épargner, tout le temps.

Et si l’espace muséal était une kaz? du 01 Avril au 24 Juin

Qu’aurais tu à dire à ceux qui veulent embrasser une carrière artistique et qui hésitent?

Pose toi en te demandant : «Qui je suis, ce que je veux être, qu’est-ce que je fais pour y arriver»…Se donner les moyens pour y arriver.

Réfléchir à ce que tu ne veux pas être également! Le plus important c’est se connaître sinon tu perds du temps en écoutant les autres qui te conseillent de faire ça ou çi.

Comme je dis souvent Viv vi aw pa vann nanm aw. (Vis ta vie sans perdre ton âme)

Être sincère car être artiste c’est la sincérité d’abord. Ton art c’est toi. Ton art peut être une source d’inspiration ou qui encourage quelqu’un.

Chaque fois que je peins une oeuvre, je mets cette sincérité là. Je ne fais pas une oeuvre à la macdonald, à la va vite.

Quand je vois une personne pleurer devant mon oeuvre, je me dis j’ai réussi. La relation intrinsèque d’une oeuvre est l’émotion. L’artiste est un conducteur d’émotion.

“Donnez-vous les moyens, et soyez les meilleurs.”

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Du 1 avril au 24 juin 2017, le Fonds d’Art Contemporain du Conseil Départemental (Beausoleil Saint-Claude), donne CARTE BLANCHE à Anaïs VERSPAN. Et c’est splendide! Pour plus d’infos cliquez ici. 

Découvrez l’univers d’Anais sur son site ici. 

Du 2 au 17 Juin, au sein du festival Terre de Blues, Anais Verspan expose au Château Murat à Marie-Galante

Le portrait d’Anais vous a plu? Partagez le pour que le monde entier découvre cette artiste talentueuse au grand cœur. 

 

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Stevy Mahy, raconte moi TA Guadeloupe

Stevy Mahy, raconte moi TA Guadeloupe

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Une odeur, un son, un moment que tu affectionnes au Pays:

J’aime l’odeur des feuillages la nuit. Quand tu as un jardin créole avec de la citronnelle, du gros thym, doliprane, que tu y passes tu as une odeur comme les bains de feuillages qu’on donnait aux enfants à l’époque.

J’aime aussi le dimanche matin, l’odeur et le bruit des cocotes minutes, un tchui chui chui. Pour moi c’est les Antilles.

J’ai passé quelques mois à New york dans une famille haïtienne. C’était très rassurant psychologiquement, d’entendre ce bruit le dimanche. Je me suis sentie chez moi, c’était très familier de la voir faire ses pois rouges et sentir ces même odeurs, savoir qu’on est dimanche et que c’est normal. Ça me ramène directement en Guadeloupe.

 Quels sont tes plats préférés ?

J’aime les dombrés, le riz-pois rouges avec poule roussie, pour moi c’est le must. Ça et un gratin de bananes jaunes.

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 Tes lieux préférés:

La plage de Malendure particulièrement avant 10h, car il y a peu de monde. A 9h quand tu es dans l’eau, que tu regardes l’îlet pigeon, c’est juste magnifique. On a de très belles plages et celle de Port louis est pas mal aussi.

Bizarrement, j’adore déambuler dans les rues de Pointe à pitre… le dimanche.

Il n’y a rien, personne à part quelques pèlerins sur la place de la victoire. J’ai grandie, en partie, dans cette ville. J’adore Pointe à pitre, je ne peux pas l’expliquer. J’adore son coté crade mais le dimanche, car il n’y a personne. J’ai l’impression que le temps s’arrête, voir même de revenir des décennies en arrière.

J’aime l’ambivalence de cette ville. Pointe à Pitre me fait penser à moi. Elle peut être très speed, très brouhaha et d’un coup tout s’arrête. Pour moi c’est une femme, elle est débrouillarde, elle fait ce qu’elle a à faire avec toutes les communautés. Elle arrivent à les gérer comme elle peut. Il y a juste le samedi après midi et le dimanche où elle dit maintenant foutez moi la paix. Je suis en introspection, revenez lundi.

C’est très moi, je trouve.

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 A découvrir absolument :

Pour ceux qui sortent de l’étranger, le restaurant An ba tôl la. A chaque fois que j’y vais je mange bien, il n’y a pas de chichis. Je pense qu’un des atouts de la Guadeloupe est son authenticité. Je trouve que les Guadeloupéens sont sans embages. Je trouve que c’est intéressant que le concept différent soit un non concept, un endroit qui ne paie pas de mine mais où c’est bon.

Un(e) Guadeloupéen(ne) que tu apprécies ?

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Maryse condé. J’admire son parcours, sa liberté, son écriture. Il y a une décomplexion qui à son âge, est déconcertante. J’aime sa recherche dans l’exil, je me retrouve dedans ; J’aime l’idée qu’elle ait été ici et ailleurs. Pour voir, se retrouver et revenir au point d’ancrage. C’est mon modèle de femme guadeloupéenne.

Même si je ne m’attarde pas sur ses idées politiques, je trouve que Lucette Michaux Chevry est la 1ére femme qui m’a donné l’impression qu’on pouvait faire ce qu’on voulait. Une femme de poigne dans un milieu d’hommes, qui a tout fait dans son corps de métier. Finalement, on a beaucoup d’exemple de femmes fortes guadeloupéennes, on en parle pas assez.

Pour revenir à Maryse Condé, on a l’impression qu’elle n’est pas assez valorisée par son île, comme un désamour ?

Désamour, je ne suis pas certaine. Ce que je sais, c’est que la démonstration d’amour en Guadeloupe est assez spécifique. Je pense que le guadeloupéen a un côté, tout le monde est un peu pareil . Même si je suis content que tu nous représentes en parallèle, je ne te glorifierai pas plus que mon voisin. Ça ne veux pas dire que je t’aime moins. Ça peut être déroutant quand on met en exergue le retour que Maryse Condé a quand elle est aux Etats-Unis par exemple.

Je pense que le travail est valorisée mais la démonstration n’est pas la même qu’ailleurs.

Quand je suis en Guadeloupe par ex, les gens m’interpellent comme une voisine, pas comme une chanteuse. Je pense que la plus grande preuve d’amour c’est justement ça, qu’il n’y a pas la sensation d’une différence et que tu fais partie d’une même famille.

Un artiste à connaître absolument:

Stéphanie Mélyon Rénette aka Nefta Poetri, c’est mon coup de cœur. J’aime l’idée qu’elle soit féministe, quelle représente le festival Cris de femmes dans l’hexagne et aux Antilles. Elle est danseuse, poète, sociologue, professeure, écrivaine, conférencière. Il y a une certaine discrétion par rapport à ce qu’elle fait, une vraie intelligence dans ses analyses. Elle aurait pu se contenter d’être sociologue ou conférencière mais qu’elle danse, slame etc… je trouve qu’elle est un personnage intéressant.

Une expression, un proverbe, un créolisme que tu aimes :

C’est séske je te disais.

Ta conception du Siwotaj en Guadeloupe ?

La plage de Sainte Anne la nuit avec des amis. C’est éclairé, il y a peu de gens, et c’est un peu improbable : des familles avec leurs enfants à 21h . Tu te demandes ce qu’ils font là avec leurs tables, leurs plats ( rires).

En Guadeloupe, on a cette qualité de vie, la possibilité de déconnecter assez vite.

Aller dans un pays,où la nuit tu peux décider de prendre ta voiture, et d’aller à Sainte-Anne et de passer un bon moment , avec des gens que tu aimes, c’est top.

L’eau est chaude, tu vois les étoiles. On a l’impression d’être dans un bain grandeur nature.

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Qu’est ce qui te rend fière d’être Guadeloupéenne:

Je suis fière d’être guadeloupéenne car je suis fière de ce qu’on est. Nous sommes une société très jeune et on a les prétentions de sociétés très anciennes. Les gens oublient souvent ça, en critiquant le guadeloupéen mais on oublie qu’on s’est construit il y a peu de temps finalement.

J’ai beaucoup d’indulgence envers nous. Les guadeloupéens sont ce qu’ils sont avec les moyens qu’ils ont. Je suis extrêmement fière du fait qu’on essaie de se dépatouiller sachant qu’un point de vue traumatisme, ce n’est pas facile. Nous sommes surtout des traumatisés qui n’ont pas été diagnostiqués et qui n’ont pas eu de traitement adéquat. Car on en parle pas, les bourreaux ne se disent pas bourreaux, idem pour les victimes donc les traumatismes ne sont jamais guéris.

Malgré ça, on fait avec les moyens qu’on a , ça peut être la religion, l’art, on est très prolifique, la revendication des fois à outrances parfois, le passéisme dans le sens où on glorifie les anciens héro ; la mulâtresse solitude par exemple mais on ne parle pas de Gerty Archimède qui est une figure historique plus récente.

On fait comme on peut mais je trouve qu’on fait bien.

Pour un peuple qui a été nourri de sang, de violence extrême, on n’est pas si violent que ça malgré ce qu’on dit en ce moment sur la violence . On arrive quand même plus ou moins à contenir ça, on aurait vraiment pu être pire que ça.

Je suis fière d’être une afro-descendante, parce que je suis extrêmement fière d’avoir eu des ancêtres, qui malgré l’esclavage, on fait de moi ce que je suis. Certains voient cela comme une honte, moi non. Car pour résister à l’esclavage, il faut être mentalement très fort. Je suis fière d’avoir des ancêtres comme ça.

Un mot pour la fin ?
J’ai beaucoup conscience de la mort donc de …la vie. Arrêtons de calculer, d’avoir peur, vivons surtout à l’heure actuelle.

Envie d’être en tête à tête avec Stevy Mahy?  C’est par içi. Et c’est très inspirant!

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En tête à tête avec Stevy Mahy, une Renaissance woman

En tête à tête avec Stevy Mahy, une Renaissance woman

Dans Pépites de Guadeloupe, on part à la découverte d’un Guadeloupéen inspirant et talentueux !

Il y a des artistes dont on achète les albums les yeux fermés car on sait qu’on ne sera jamais déçu. Pour moi, Stevy Mahy fait partie de cette catégorie d’artistes.  J’éprouve toujours la même excitation à découvrir ce qu’elle nous concocte car entre les singles et les sorties effectives d’albums, Stevy aime prendre son temps pour nous offrir le meilleur d’elle même.

En écoutant son 2éme album, Renaissance Woman, j’ai toujours la même émotion, les mêmes frissons, les mêmes larmichettes qui reviennent comme avec son 1er disque. J’ai l’impression de retrouver une amie, bienveillante, que je n’avais pas vue depuis longtemps. Elle me raconte son cheminement de femme, ses joies, ses peines et sa renaissance.

Stevy, ta voix me touche toujours autant, tes mélodies variées me surprennent toujours plus et continuent de me faire voyager. Et tes mots, ton message me galvanisent, résonnent en moi. Merci d’avoir pris ton temps pour nous offrir cette pépite, qui j’espère sera l’album de la consécration. 

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Bonjour Stevy, peux tu te présenter, pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Je suis une chanteuse, afro-descendante, Guadeloupéenne avec tout ce que ça comporte de complexité et d’ambiguïté.

Artiste multifacette tout de même…

On me connait en tant que chanteuse mais je suis une artiste au sens large du terme.

Je pense que la vie ne vaut qu’à travers  la création. Je me retrouve en créant. Ca peut passer de la création de bijoux, de vêtements, de la réalisation  audiovisuelle, de documentaires…Tout ce qui va faire appel à ma créativité.

Ta devise dans la vie?

Je me sens plus forte qu’hier, que la minute d’avant.

On peut dire que tes 2 albums, the beautiful side of Kreyol folk trip et Renaissance Woman sont sous le signe du voyage.

Quelle est la différence entre les deux?

La différence cruciale c’est que le 1er album était un journal intime que j’ai voulu partager, un peu malgré moi d’ailleurs. C’était très auto-centrée. J’avais besoin de mettre des mots et des mélodies pour faire un bilan de ma vie.

Avec le 2éme album, j’ai commencé à  regarder l’Autre car après le 1 er album, j’avais rencontré des gens qui avaient eu le même parcours que moi. Je suis sortie de mon petit monde et je me suis dit ce n’est pas juste moi et mon ressenti mais moi et nos ressentis.

Renaissance Woman a été mon cycle du changement

J’ai essayé d’appliquer quelque chose d’un peu plus universel, si moi je le vis comme ça , il y a forcément d’autres personnes qui le vivent. Des gens qui auraient besoin de savoir que dans une une période un peu sombre, on peut trouver quelque chose de plus lumineux , ça aide, c’est encourageant. Renaissance Woman est plus ouvert sur l’Autre.

Quels sont les thèmes abordés dans ton dernier album?

J’ai voulu parler de mon cycle  du changement. J’ai retenu 4 étapes qui ont été essentielles pour moi: le choc-deuil, le déni, le lâcher prise et l’éveil.

Si on écoute cet album de manière chronologique, il commence sur des notes  graves, sombres pour finir sur des tonalités plus hautes, plus légères.

Peu importe ce qu’on traverse ce sont les 4 étapes principales. Le deuil, ce n’est pas forcément la mort de quelqu’un mais la mort de quelque chose. La sensation qu’il faut qu’on passe à autre chose.

La période de déni où il y a de la résistance, même si on sait que c’est nécessaire on résiste car on a envie de rester dans ce qu’on connaît, car l’inconnu fait peur.

Puis le lâcher prise, c’est le moment où on n’ a plus le choix. En lâchant, on arrive à l’éveil. On arrive à un autre état de conscience.

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On peut vivre d’autres expériences sans répéter les mêmes schémas.

Ça t’as pris du temps pour identifier ces 4 étapes?

Ce sont des étapes qu’on a tous traversées. Les identifier c’est presque un processus intellectuel.

Le cycle du changement est présent dans plein de domaines, je n’ai rien inventé.

Par contre, j’ai pu mettre des mots sur des états et comprendre que c’est une mécanique. Le fait de comprendre ça retire la gravité du moment. On se dit que c’est juste un cycle, la vie est mouvement. 

 Il est peut être plus judicieux de suivre le mouvement de la vie plutôt que d’aller à contre courant parfois.

“ Je me protégerai contre tout vent” Tu exhortes chaque femme à se reconnecter à ce qu’elles sont vraiment, à s’aimer. Pourquoi est ce si important pour toi?

Je dis Renaissance Woman car je suis une femme mais c’est applicable pour les hommes aussi.

L’intro c’est ce que j’ai vécu réellement ce jour là. Un jour, chez moi, sans crier gare, j’ai eu un flash, des images. J’ai revu des situations blessantes. C’est comme si je m’étais dédoublée et que mon autre moi me disais mais, pourquoi tu les as laissé me traiter comme ça? Pourquoi tu t’es mise avec eux contre moi? Si toi aussi tu m’abandonnes, finalement qu’est ce qui va rester?

Apprendre à s’aimer c’est dur, c’est ma thérapie, je n’en suis pas encore là.

Ré apprendre à s’aimer c’est comme quand tu rencontres une personne et que tu as envie de la séduire. C’est même plus que ça.

Quand tu  sais que tu es en faute, que tu as 20, 30 ans de désamour derrière toi, tu dis ok,  je dois repartir à zéro.Il faut que je fasse quelque chose de Big pour qu’elle me pardonne et il faut que je me rachète.

Ce qui est super, c’est que finalement, on ne s’en veut jamais vraiment.

Car on a vécu ce qu’on a vécu, on a fait ce qu’on pouvait avec les moyens qu’on avait. La question c’est comment je fais pour me reconquérir. Ça prend du temps mais ça s’apprend. Tu te pardonnes plus vite, tu fais des choses qui te font plaisir, tu arrêtes de te mettre en porte-à-faux.

S’aimer, c’est la clé de tout.

J’en suis vraiment persuadée . Etre en paix avec soi même et  apprendre à s’aimer inconditionnellement. Ça nous paraît être une hérésie de dire je vais m’aimer inconditionnellement par rapport à l’héritage judéo-chrétien. Difficile de s’aimer inconditionnellement, si dès la naissance on nous dit être né dans le péché.

C’est très dur à déconstruire tout ça, mais c’est vital de se dire je m’aime malgré mes faiblesses, mes défauts .

Par conséquent, je me protégerai contre tout vent, c’est une promesse que je me suis faite. Je n’y suis pas tout le temps fidèle mais j’ai cette phrase qui me revient.

Pour toi, te reconquérir c’est te faire plaisir, poser tes limites, être bienveillante avec toi même.

C’est ça, d’abord se pardonner, réaliser que la seule personne qui sera avec toi, du début à la fin c’est toi.  La personne avec qui tu dois être la plus bienveillante c’est toi. De ce fait, ça change plein de choses. Ça a transformé ma façon de me nourrir par exemple. 

Souvent ce sont des choses simples qui me font plaisir. J’adore les parfums, les odeurs. Je m’achète un parfum, je suis comblée.

Des petites choses qui permettent de sortir du stress. Je ne suis pas hyperactive mais j’aime bien faire plein de choses. Ces petits plaisirs me permettent de faire une pause , et mis bout à bout dans le compteur ça joue.

Dans l’album tu abordes la protection de soi mais aussi l’abandon de soi dans une histoire amoureuse. N’est ce pas  contradictoire?

Ce n’est pas contradictoire. Quand je chante Call me, c’est une chanson super triste. Je me suis dit je suis là, je l’aime, pourquoi il ne m’appelle pas?

Cette chanson fait partie du déni. En vrai, quand tu es  dans l’éveil, tu n’as pas besoin de dire call me.

Quand tu es en paix avec toi même, crois moi, tu attires des gens qui sont dans la même optique que toi.

Aimer l’autre, c’est faux quand on ne s’aime pas. On attend la validation de l’autre.  

A travers l’autre on essaie de retrouver l’amour que nous n’avons pas pour nous même.

Ce n’est pas de l’amour: c’est du désir, du contrôle, de la peur.

Je fais de vrais efforts sur moi même, des fois je me réveille et je me fais des déclarations d’amour “je m’aime, je m’aime inconditionnellement…” . Je reprogramme mon subconscient, mais quand tu fais ça les gens que tu rencontres si ils sont pas alignés avec toi .. de suite ils ne seront pas à l’aise.

Quand tu ne rentres pas dans une guerre d’égo, tu fais confiance, tu n’es pas jaloux quand tu es avec quelqu’un. Quand l’autre a encore besoin  que tu valides son égo et que tu ne le fais pas car ce n’est pas ton job… la personne ne reste pas de toute façon.

Tu peux aussi te retrouver célibataire, pendant un bon moment, ce qui est cool aussi car tu peux prendre du temps pour travailler sur toi. Ça ne sert à rien de rencontrer quelqu’un alors que tu es en plein cycle de changement.

On passe beaucoup de temps dans une vie à l’extérieur de soi.

Tu peux bien être, à un moment de ta vie, avec toi et toi.

Chaque chanson de Renaissance Woman est une pépite. C’est toujours aussi surprenant au niveau du style musical, notamment la chanson Rendez-vous  assez année 80. Quelles sont tes inspirations?

Pour écrire cet album, je suis partie 2 ans à Miami pour changer d’environnement, être nourrie de nouvelles choses. Je voulais repartir à zéro. La personne André Eurséide avec qui j’ai travaillé sur l’album à une méthode très américaine. Il n’a pas le temps de  chercher l’inspiration avec l’artiste. Tu dois être autonome, et bosser sur des pistes de chansons seule. Tandis que j’ai besoin de bosser avec un guitariste, que la combustion prennent.

Il m’a poussé dans mes retranchements. La 1 ère chanson que j’ai faite seule c’est Rendez-vous. Je ne suis pas musicienne. J’ai pris mon Ipad et j’ai fait ce titre, avec une inspiration année 80,  je voulais un truc dépouillé.

Je lui suis extrêmement reconnaissante car je n’aurais pas fait cet album là sinon.

S’il ne m’avait pas lâché dans l’eau, je n’aurais pas su que je savais nager.

Les différents styles musicaux correspondent aussi à mes humeurs. J’écoute moi même des  choses variées. J’écoute beaucoup de folk anglaise ou écossaise, avec une base mélancolique.

J’ai exploré toutes mes phases émotionnelles et la musique qui y correspondait. Dans la phase de lâcher prise, je voulais quelque chose de frais, une chanson I dont care et ça a donné Rendez-vous. C’est une chanson où il fait chaud, c’est une histoire an ba féy, on se voit, personne ne sait qu’on est ensemble. On est free.

Pour ton 2éme album, tu as décidé de te lancer dans l’auto-production. Pourquoi ce besoin de voler de tes propres ailes? Qu’as tu appris sur toi?

J’aime apprendre déjà, j’aime comprendre le fonctionnement des choses et je suis de nature  extrêmement indépendante. Je n’aime pas l’idée que l’on puisse me contrôler. De nos jours finalement tout est fait pour que l’on puisse être “auto” quelque chose, tout nous aide à ça.

C’était donc plus facile pour moi de prendre cette décision. J’avais envie de maîtriser la chaîne de production et c’était aussi un défi personnel.

Il n’y avait rien qui m’en empêchait, même pas la peur, au contraire.

stevy-strongLa peur  bien utilisée, c’est comme une adrénaline. Quand tu n’as rien à perdre et que tu comprends que tout ça, finalement ce n’est qu’un “game”, tu fonces.

Pour moi, le fait de créer est plus important que le retour de la création. Ça me fait forcément plaisir que les gens aiment, mais mon retour je l’ai déjà en créant.

 La peur finalement ce sont les questions qu’on se pose “est ce les gens vont aimer? adhèrer? est ce que je vais vendre des albums…” et quand tu n’as plus cette peur là, qu’est ce qui t’empêche de le faire?

La satisfaction d’avoir réalisé des choses est plus grande que la peur du regard des autres.

Finalement ce qui m’importe c’est que mon parcours puisse aider quelqu’un d’autre

Que dirais tu à celles qui ont peur de réaliser leur rêves?

On devrait être des “daring women” ( femmes audacieuses). En tant que femme, on doit tout le temps se battre et beaucoup décident de baisser les bras car c’est compliqué, ça fait peur.  

Alors qu’on a besoin de femme qui, à leur niveau, posent des actes, surtout dans nos communautés afro-descendantes.  Nous n’avons pas assez de mentors. On a beaucoup de femmes qui font des choses, mais peu qui communiquent sur ce qu’elles font.

On se doit d’ETRE, pleinement. 

Le rêve que tu as en toi, tu te le dois à toi même.

Renaissance Woman est disponible sur I-tune et Deezer ; A quand l’album physique?

Normalement, je devrais en avoir pour le concert du 2 octobre à la Cigale. Je voudrais aussi me pencher sur l’auto-distribution parce que je n’aime pas forcément comment les choses sont faites dans le monde de la musique. Je trouve que c’est un fonctionnement injuste pour les artistes donc au lieu de subir,  je préfère faire différemment.

C’est pour ça que ça prend plus de temps car je veux faire à ma manière, créer mon propre paradigme.

Et le clip de plus forte? 

Je veux prendre mon temps. Cette chanson est tellement importante pour moi, que je veux faire un clip qui a du sens. Pour moi ce n’est pas tant la quantité de personnes touchées mais la qualité du travail qui compte. J’espère que l’impact sera fort pour ceux qui seront touchés par ça. J’avais envie de femmes dans des situations particulières et qui malgré tout nous disent, je me sens plus forte.

Il y a aussi le fait que je fais aussi beaucoup de choses en même temps, je dois apprendre à gérer les priorités.

Ton actualité c’est ton concert à la Cigale, le 02 Octobre 2016. Que nous prépares-tu?

Je me lasse vite des choses, je suis toujours dans un renouvellement. Je veux proposer quelque chose de différents, que les gens ressentent ces 4 étapes du cycle du changement. On a traversé le cycle, on repart dans l’éveil. On est tous en renaissance à un moment donné. J’aimerais que le spectateur  rentre chez lui en se disant je peux le faire, je veux passer à l’autre étape.

Voici un autre concert en Guadeloupe!

J’aimerais que mon spectacle soit un déclencheur.

Je ne sais pas pour vous, mais je trouve cet interview super inspirant! Partager l’article, il parlera forcément à quelqu’un de votre entourage.

Stevy Mahy nous conte sa Guadeloupe, c’est trop beau.

Son album est enfin disponible! La pochette est troop belle!

 

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Nadeen, Raconte moi TA Guadeloupe

Nadeen, Raconte moi TA Guadeloupe

Bonjour,

Je suis Nadeen, 31 ans (déjà !!), Port-Louisienne résidant depuis peu aux Abymes.

Une des phrases que j’aime beaucoup, teintée d’un peu de sarcasme de Bernard Fontenelle:

«  Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant » 

Cette philosophie nous permet de prendre plus de risques, sachant la prise de risques est un levier formidable pour une meilleure connaissance de soi même, mais aussi pour expérimenter différentes situations. Au mieux, tu réussis, au pire, t’apprends une leçon de vie.

Mon activité professionnelle ne me détermine pas car j’ai déjà eu l’occasion de travailler dans des différents secteurs (juriste, commercial, tourisme). En revanche, ce qui me définit est ma passion pour les voyages, les rencontres avec les cultures étrangères, la Nature et la spiritualité dont je suis amoureuse et la lecture qui me permet de m’évader.

Une odeur, un son, un moment que tu affectionnes au Pays:

J’aime beaucoup la période avant Noel où les chantés Nwel sont organisés tous les week-ends. Ce sont de vrais instants de partage où les gens ont le sourire et plein d’énergie.

« Lors des chantés Nwèl, on sent vraiment que l’on appartient tous à la même communauté »

Quels sont tes plats préférés ?

Question difficile car je suis une épicurienne. Je dirais le poisson grillé avec une sauce créole accompagné d’un bon gratin ou encore le dombré et crevettes. En dessert, un flan au coco.

Pourquoi ? Pour la saveur !!

Tes lieux préférés ?

La pointe de la grande vigie à Anse Bertrand

Coté plages:  Grande anse à Deshaies, Anse laborde à Anse Bertrand,  Moustique à Marie-Galante, 

Le bassin Paradise à Capesterre-belle-eau

et…

nadine, protrait Créole trip

le saut d’acomat à Pointe Noire

 

 A découvrir absolument :

Le restaurant Zagaya à St François

Les jardins d’Anichi: table d’hôtes dans les hauteurs de bouillante où l’on mange à l’ombre d’un grand flamboyant. La nourriture et le lieu sont à découvrir.

 Un(e) Guadeloupéen(ne) que tu apprécies ? 

Léna Blou, pour sa créativité, sa discipline et sa contribution à l’évolution de la danse caribéenne.

Danseuse, chorégraphe, professeure de danse, chercheuse, Léna Blou nous expose magnifiquement le parallèle entre le Gwo Ka, danse traditionnelle guadeloupéenne et notre rapport à la vie.

 

Un artiste à connaître absolument:

Julien Barlagne, plus connu sous le nom de Albè.

Un ti plaisir que tu ne peux vivre qu’en Guadeloupe ?

Boire de l’eau de coco toute la journée.

Assister à un léwoz (soirée où tambouyé, chanteurs, danseurs se rassemblent autour du Gwoka 

Une expression, un proverbe, un créolisme que tu aimes :

« An ka fè zot tou lé dé fè on sèl », « An mélé kon sann é farin »

Ce qui te rends amoureuse de l’île: 

La diversité et la splendeur de nos paysages ainsi que la richesse de notre culture. Je suis amoureuse des trésors que recèle notre île. Je ne me lasse pas de découvrir et redécouvrir les merveilles naturelles ainsi que nos traditions.

Un mot pour la fin ?

Merci pour cette initiative. Il est temps qu’on apprenne à mieux connaître les atouts de notre île afin d’en être les ambassadeurs en toutes circonstances.

 

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Mairé, raconte moi TA Guadeloupe

Mairé, raconte moi TA Guadeloupe

 

Hello! Je m’appelle Mairé, j’ai 33 ans, je vis à Atlanta mais je suis originaire de Marie-Galante. Je suis la fondatrice de RelayShopUSA. 

Mes deux devises dans la vie:

  • traitez les autres comme vous aimeriez être traité(e) vous-même

  • toujours se mettre à la place de l’autre avant de juger son action 

Une odeur, un son, un moment que tu affectionnes en Guadeloupe :

Un son qui me manque et que je savoure à chaque fois que je rentre: le bruit de la pluie, que ce soit sur les feuilles des arbres ou sur les toitures en tôle.

Quels sont tes plats préférés ?

Mon repas préféré: bananes jaunes et morue. Je pourrais en manger tous les jours lol. Peut-être parce-que je suis de Marie-Galante 🙂

Mes autres repas préférés: Bokit, Court-Bouillon de poisson, Dombrés de crevettes/ouassous

Tes lieux préférés :

La plage de Grande Anse (Trois-rivières):son sable noir est pour moi synonyme de rareté donc beaucoup plus précieuse que tout autre plage au sable blanc.   

Marie-Galante dans son ensemble. Il y a tellement de chose à y découvrir, à visiter et re-visiter. J’aime beaucoup la tranquillité (c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je vis à Atlanta qui est une ville très calme), donc Marie-Galante est pour moi un refuge d’excellence lorsque je reviens en Guadeloupe.

mairé plage

A découvrir absolument :

La soufrière. Les Saintes. La pointe des châteaux. Les bokits. Le sirop de batterie et le rhum de Marie-Galante.

« Le Guadeloupéen est unique »

Un(e) Guadeloupéen(ne) que tu apprécies ? 

marie-josé perec

Marie-Josée Perec. Étant adolescente pendant ses victoires, elle m’a beaucoup inspirée car c’était la seule femme noire (guadeloupéenne en plus) que je voyais briller à l’international – voir qu’une fille du même endroit que moi était la meilleure de sa discipline dans le monde entier a eu un impact capital dans ma vie. D’ailleurs je l’ai vue à l’aéroport à ma dernière visite en Guadeloupe, et j’étais tellement pétrifiée de lui parler tellement je l’admire!

Un artiste à connaître absolument :

Arts Visuels: Anaïs Verspan 

Musique: – Stevy Mahy

              – Kalash (les jeunes à Atlanta l’adorent!)

Un plaisir que tu ne peux vivre qu’en Guadeloupe ?

A Marie-Galante: profiter d’une plage paradisiaque. SEULE!

En Guadeloupe: prendre un bain de mer, puis aller se rincer à la rivière dans la même journée!  

   mairé mariage

Une expression, un proverbe, un créolisme que tu aimes :

Sa ki pa bon pou zwa pa bon pou kanna

 Ce qui te rends amoureuse de l’île: 

La Guadeloupe est un archipel hyper magnifique et unique. Impossible de ne pas tomber amoureux. Je suis toujours émue lorsque je reviens et je ne suis pas la seule dans ce cas. Ensuite le guadeloupéen lui même est unique. Lorsque l’on vit en Guadeloupe on se trouve difficile comme population, cependant je me rends compte, étant à l’étranger, que l’on a énormément de points forts que beaucoup d’autres n’ont pas, que ce soit au niveau intellectuel, sportif ou créatif. Notre minuscule Guadeloupe brille à travers ses guadeloupéennes et guadeloupéens sur tous les continents et dans de nombreux pays, dans tous les domaines possibles.

Un mot pour la fin ?

J’ai pu découvrir, en vivant à l’étranger, que ma plus grande richesse est d’avoir grandi en Guadeloupe. Nous avons chez nous à notre disposition, toutes ces choses que les autres rêvent d’avoir, et qu’ils ne pourront probablement jamais posséder. Prenons avantage de ces bénédictions.

Des envies de shopping aux USA? C‘est  

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Coralie, raconte moi TA Guadeloupe

Coralie, raconte moi TA Guadeloupe

Pour le lancement du site, je vous raconte MA Guadeloupe. Nous sommes nombreux à être amoureux de cet archipel,  de sa richesse culinaire, culturelle et de ses paysages.

Dans une série de portraits, vous découvrirez ce qui nous fait chavirer, ainsi que les bons plans des locaux, et peut être succomberez vous à ce petit paradis. Bonne lecture. 

Coralie, 31 ans,

Créatrice de Créole Trip

De Basse-Terre, vit entre le Var et la Guadeloupe.

J’aime les voyages, rencontrer des gens d’horizons différents, le siwotage, et j’ai un amour viscéral pour mon île !

Devise dans la vie :

Il ne faut jamais blâmer une contrariété

Sa ki la pouw dlô pa ka chayé’y : Ce qui t’es destiné, arrivera toujours.

 

Une odeur, un son, un moment que tu affectionnes en Guadeloupe

  • L’odeur de terre mouillée après la pluie
  • Le chant des grenouilles quand vient le soir
  • Le chant du coq à n’importe quel moment de la journée
  • La période de noël avec ces fleuris de noël (arbustes dont les feuilles deviennent blanches)
  • La floraison des flamboyants magnifiques vers Juin qui annoncent les grandes vacances ou les examens pour certains 

« La Guadeloupe est un paradis pour les gourmands »

Quels sont tes plats préférés ?

– Les tripes et pôyô ( bananes vertes) de tonton Joseph car les tripes sont fondantes à souhait avec une petites pointes d’acidité grâce au citron.

– LE plat national du dimanche dans beaucoup de foyers : Le fameux riz et haricots rouges (meilleur quand c’est cuit au charbon) avec un fricassé de poulet. Ça me rappelle tous ces dimanches passés en famille (oncles,tantes,cousins) à blaguer, se remémorer de bons souvenirs et discuter aussi de sujet très sérieux.

– Bien sur les bananes jaunes  (plantains) que j’adooore sous toutes les formes : frits, en gratin, en purée, en frites. J’aime beaucoup la touche sucré/salé que ça apporte en accompagnement.

Tes lieux préférés ?: 

Le phare de vieux-fort car le lieux dégage une énergie incroyable, c’est beau. La vue sur les Saintes et Rivière sens est superbe.

soufrière

La Soufrière surtout quand elle est dégagée et globalement me retrouver en pleine forêt tropicale.

Le bassin Paradise à Capesterre belle-eau avec ses eaux froides et chaudes.

La pointe des châteauxbien évidement.

Les Saintes et Marie-Galante pour se dépayser.

 A découvrir absolument :

La rue piétonne à pointe-à-pitre, le samedi matin. Il y a des joueurs de Gwo ka, les danseurs providentiels, les stands d’artisanats. On vit vraiment l’âme du Pays je trouve.

THE glacier à connaître absolument sinon vous avez raté votre vie, vos vacances en Guadeloupe ( j’exagère à peine) : le désir du Palais à pointe-à-pitre : Les glaces sont à tomber avec des parfums et des noms très originaux, les gens font parfois la queue dehors. J’aime le cadre simple et le fait qu’on puisse s’asseoir sur la murette dehors pour siwoter sa glace.

Les bokits du petit creux au Gosier, les gens font la queue et avec raison! Ils sont délicieux.

La grivelière, on voyage dans le temps pour découvrir une ancienne habitation, dans une végétation luxuriante avec dégustation de café ou de chocolat chaud traditionnel.

Un(e) Guadeloupéen(ne) que tu apprécies ? 

Le Dr Henry Joseph. Il est inspirant pour son long combat pour faire intégrer les plantes antillaises dans la pharmacopée française ; pour innover dans la phytothérapie en partant de la médecine traditionnelle et pour promouvoir les bienfaits nutritionnels de nos aliments locaux ( patates douces, bananes vertes etc.).

Un artiste à connaître absolument :

Tanya st Val, pour moi c’est la Papesse du Zouk. Ça fait 20 ans qu’elle nous fait vibrer.

Stevy Mahy et Erik Pedurand sont des artistes que j’aime beaucoup car ils ont su créer leur propre style musical et continuent à apporter un souffle nouveau à l’instar de Dominique Coco et de Soft.

Je vous partage le tribute to Mona d’Erik Pedurand, avec de magnifiques images du court-métrage Nightmare Before Wedding de Fabienne Orain Chomaud.

Un plaisir que tu ne peux vivre qu’en Guadeloupe ?

Un bain de mer sous la pluie, qu’est ce que c’est bon.

Un lever de soleil à la pointe des châteaux.

 Une expression, un proverbe, un créolisme que tu aimes :

Chak mango ni gou a mango mè chak mango ni gou ay ki tay : chacun est unique

Les cacahuètes qu’on appelle pistaches, dire pointe bic pour stylo etc…J’aime tellement ces créolismes que je ferais sûrement un article dessus.

raconte moi ta guadeloupe coralie

Ce qui te rends amoureuse de l’île: 

La beauté des différentes îles de l’archipel avec la diversité de ses paysages.

La chaleur des gens, le fait qu’on peux rapidement converser avec un inconnu, on prend aussi le temps de vivre.

Les valeurs de courage et de résistance transmisent par nos ascendants esclaves avec  des héroïnes comme la Mulâtresse Solitude. Il y a aussi une fierté d’être guadeloupéen que j’aime beaucoup, et que je ressens, bien sur.

Le brassage culturel des différentes populations qui a abouti à une culture et gastronomie très riches.

Un mot pour la fin ?

La Guadeloupe c’est tellement beau et riche que c’est difficile de tout résumer. Le mieux c’est de venir 😉 .

Et vous, qu’est ce que vous aimez ou souhaiteriez découvrir en Guadeloupe ?

Vous avez succombez aussi? Partagez cet article, c’est de l’amour 😉

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