Ayden de Glam Ethnik, un concentré de talent et d’optimisme

Ayden de Glam Ethnik, un concentré de talent et d’optimisme

Ayden, d’origine Antillaise est une personnalité Panafricaine très plébiscitée en Afrique grâce à sa carrière d’animatrice télé. Présentatrice de nombreux événements internationaux prestigieux, elle a d’ailleurs été primée pour cet exercice. Sa marque de vêtements Glam Ethnik fait un carton, et participe à des défilés de mode dans toute l’Europe. Et pourtant, elle est d’une simplicité et d’une grandeur à la fois. La grandeur de ceux qui ont réussi et qui sont généreux dans la transmission. La grandeur dans sa vision d’un lien entre l’Afrique et les Antilles, retrouvé. Je vous laisse découvrir cette femme, citoyenne du monde, qui va au bout de ses rêves, que j’ai eu plaisir à interviewer.

Peux-tu te présenter ?

Je suis Ayden, j’ai plusieurs casquettes. Mon cœur de métier ce sont les médias, avec le présentation télé et d’évènements internationaux, de la production d’émissions également et créatrice de Glam Ethnik depuis officiellement 2 ans et officieusement 10 ans. Officieusement 10 ans car j’ai créé le nom de la marque à ce moment-là, avec 2 petits défilés, je fabriquais de façon assez artisanale avec ma machine à coudre avec l’inspiration qui me venait mais les activités télé ont vraiment pris le pas. A la naissance de ma fille, j’avais vraiment envie de créer de nouveau, avec l’envie de voyager un peu moins et d’entamer une sorte de reconversion même si la télé continue.

Tu es entre Paris, les Antilles et l’Afrique par rapport à tes activités professionnelles ?

Complétement. Je répartissais beaucoup mon temps entre L’Afrique sur tous les grands festivals de mode et de tournage d’émission, Paris où j’habite essentiellement, et les Antilles pour la famille. Maintenant il est vrai que la marque a pris un véritable essor aux Antilles d’abord où j’ai construit ma maison. Finalement, j’y suis tous les 3 mois.

Comment définis-tu la femme Glam Ethnik ?

La femme Glam Ethnik est clairement une femme active, souvent trentenaire, mais entre 20 et 40 ans, voir plus. Elle est bien dans ses baskets, a de l’assurance, a du pouvoir d’achat. Elle aime être lookée et en même temps elle aime avoir des habits tendances et fonctionnels. Elle doit pouvoir enchainer une réunion de travail, avec un diner en tête à tête ou un cocktail et en changeant d’accessoire ou de chaussure être une femme qui en jette sans jamais être too much.

Tu as débuté de manière artisanale. Comment se passe la production vu le succès de la marque ?

J’ai un fonctionnement de petite maison de couture. Je fais travailler plusieurs corps de métiers en collaborant avec différents ateliers parisiens. Je choisis les tissus et conçoit vraiment les modèles, pour certains j’accompagne le procces juste avant le montage. C’est-à-dire que je conçois, je découpe, je pré-monte le modèle et après je le donne à finaliser. Je finalise le patronage, avec une modéliste et ensuite on lance les petites séries. Je gère aussi tout ce qui est support de communication, notamment la tenue des supports web qui sont incontournables aujourd’hui, ainsi que des shootings photos pour la marque car les visuels sont très indispensables.

A part, le process de fabrication, tu gères tout le reste, seule ?

Oui. C’est plusieurs métiers en 1 avec notamment tout le volet commercial auquel je n’étais pas habitué. Les boutiques qui diffusent la marque sont un vrai soutien. Prenons l’exemple de la boutique des créateurs. Claudia la directrice a plus de 15 ans d’expériences dans la mode et la vente. Elle m’a mis le pied à l’étrier car l’aspect commercial n’était pas mon métier, ce qui fait pleinement partie du développement d’une marque.

Glam Ethnik est une marque de prêt à porter avec du sur mesure. Pourquoi c’est important pour toi de proposer ce type de service ?

Je dois pouvoir répondre aux besoins de toutes les femmes. Il est vrai qu’au départ pour des contraintes financières et en se lançant j’ai débuté entre du 38 et du 42 et je me suis vite rendu compte de ses limites. Notamment parce qu’aux Antilles la femme est pulpeuse. Paris, il y a plus des S et XS sur certains modèles et aux Antilles il y aura des demandes pour du 48 voire 50 parfois. Le sur mesure répondait à ce besoin.

« Aujourd’hui toutes les femmes peuvent s’habiller en Glam Ethnik. »

Ta marque a une identité visuelle assez Wax, est-ce toujours le cas aujourd’hui ?

Le Wax est présent mais je me tourne de plus en plus sur le Kenté et le Madras. Pour preuve, ma dernière collection, Vibration Créole, qui souligne le lien Afrique-Antilles, apporte une touche Caribéenne avec un madras modernisé.

Au début, ce n’était pas spécialement Wax, mais la tendance ethnique était là. J’ai toujours été attiré par des couleurs très primaires, vives, la touche d’or qu’on retrouve souvent dans mes modèles pour la touche glam. C’est vrai que ces dernières années le Wax est devenu très tendance. Pour moi, c’était plus une rencontre lors de mes différents voyages en Afrique pour les tournages d’émission où ce tissu m’a pas mal interpellé. Je me faisais faire des tenues régulièrement pour présenter les shows.

Les gens voulaient se les procurer sans savoir qu’elles n’étaient pas à vendre parce-que c’était mes créations. Au fil des demandes, je me suis dit qu’il était temps de se lancer. Vu l’attrait pour le wax ces dernières années, ça été aussi un booster pour ma marque.

J’affectionne le kenté, encore plus que le Wax, qui est un peu plus rare, avec une belle identité, on l’appelle l’étoffe des Rois. Car le modèle original est tissé. J’utilise surtout l’imprimé kenté et j’allie avec des matières assez nobles comme la soie, la dentelle pour éviter le total look. Je touche toutes les femmes donc on doit aller à Paris, Londres sans forcément être en total imprimé.  

Que penses-tu de la copie, phénomène assez répandu, au niveau des modèles dans la mode à tendance ethnique Wax ? Je pense au cas de Natacha Bacco par exemple.

C’est un problème réel mais relatif. Quelqu’un va voir tes beaux modèles sur le net, des filles vont se taguer en se disant je vais le faire chez mon tailleur. Pour avoir fait des tenues chez des tailleurs, je sais les limites en terme de finitions. C’est là où c’est important d’installer une identité pour ta marque. Mes clientes sont attachées à porter du Glam Ethnik. Elles savent qu’il y a une histoire et des valeurs derrière ma marque. Glam Ethnik symbolise le lien renouvelé entre l’Afrique et les Antilles. C’est très important pour moi car je trouve qu’il y a encore beaucoup de préjugés d’un côté et de l’autre.

L’Afrique est un continent qui m’a beaucoup apporté, touché, qui est une évidence.

Certes nous avons des origines multiples, amérindiennes, etc… mais clairement nos racines sont profondément africaines, donc j’y tiens. Pour en revenir à la copie, on dit que l’original n’égalera jamais la copie. A mon sens, ce n’est pas très grave. Ça ne nous empêche pas de vendre. Ce que je trouve dommage c’est que certaines plateformes de vente en lignes alimentent cela, car elles le savent et vendent quand même. C’est une question personnelle que chacun doit se poser.

On peut contraindre cela en étant dans l’innovation permanente dans le choix des belles matières. Quand tu installes ton identité et ta vision artistique on arrive à faire la différence. Il y a de la place pour tous, c’est comme un marathon. Ceux qui auront fait preuve de persévérance, de ténacité, de constance, feront la différence sur la ligne d’arrivée. Je crois à ces valeurs-là.

 

Tu gères Glam Ethnik, tu interviens encore à la télé. Comment fais-tu pour gérer toutes ces casquettes tout en étant maman ?

Comme plein de femmes actives, pas toujours bien mais de mon mieux. Pour moi ça passe par avoir une bonne hygiène de vie. Je ne bois pas, je ne fume pas, dès que je peux, je me couche tôt. Mes journées commencent tôt et finissent tard. Je pense avoir une vraie répartition entre ma vie professionnelle et personnelle. Par exemple, mes moments avec ma fille ou mon chéri je suis vraiment investie et quand je travaille mon implication est intense. Faire la part des choses, prioriser, l’hygiène de vie. Ce qui est bien avec le fait d’être entrepreneur, c’est que tu fais ce que tu aimes. Tu n’es pas dans un boulot alimentaire à compter les heures. Tu vis les choses différemment. Quand tu es épanouie je pense que ça rejaillie sur d’autres aspect de ta vie.

Finalement, il y a peu d’antillais qui ont ce lien avec l’Afrique notamment grâce à leur vie pro. Je pense à Claudy Siar, ou Malika Jean Francois. Qu’en penses-tu ?

Souvent, on m’a surnommé la plus africaine des antillaises. Ça me touche mais je pense que tous les antillais qui viennent en Afrique ne reviennent pas pareils. Beaucoup d’aprioris tombent, j’espère qu’un jour il y aura des compagnies aériennes qui feront la liaison parce c’est naturel. Les fruits, les légumes, on a énormément de lien commun. Encore plus sur les traits, les morphologies. Les antillais ne se l’imaginent peut-être pas, mais il y a beaucoup de métissage, des Africains peuls qui rappellent certains de nos métissages indiens. Ma grand-mère a des traits qui rappellent ceux des congolais. C’est très enrichissant. Il faut vraiment que ce lien se retisse au maximum.

Que dirais tu à ceux qui veulent se lancer dans l’aventure de la création ou de la télé et qui ont peur ?

J’avais discuté avec Malanine koné, le fondateur d’Airness. Il était berger au Mali et aujourd’hui son empire pèse 120 millions d’euros. Il avait un potentiel de champion de boxe. Suite à un accident, il s’est dit soit je reste cloué sur un lit d’hôpital et je reste un légume toute ma vie soit je me lance dans autre chose et je réussi. Il avait suivi Glam Ethnik qui tâtonnait car je faisais surtout de la télé à l’époque et il m’a dit, « le jour où tu vas lancer ta marque, tu seras obligée de mettre beaucoup de chose de côté car ça demande un investissement complet » et il a avait raison.

Aujourd’hui Dieu merci j’en vis, de mieux en mieux, la marque s’installe mais c’est un investissement H24. Mon meilleur ami a dit un jour « stay focus » reste focalisé sur tes objectifs. Ça veut aussi dire faire une chose à la fois, et de la faire à 100%. J’essaie de l’appliquer à tous les domaines de ma vie. Idem pour le kiff, en vacances, je vais bien manger, me balader à fond etc… C’est tout faire intensément. Même si c’est difficile mais ça paie.

 

Quels sont tes lieux préférés en Guadeloupe ?

Je suis clairement une fille de l’eau donc même si j’aime beaucoup la verdure en Guadeloupe, j’aime toutes les plages. J’aime beaucoup l’ilet du Gosier, Le moule, Port Louis. Ensuite j’aime bien être en contact avec des personnes âgées. Ils sont 3, on n’a pas de liens de sang mais je les appelle Papis et Mamies. C’est la Guadeloupe d’antan lontan, ils sont dans leur cases en tôle.  J’apprends beaucoup à leurs côtés et j’ai l’impression de redevenir une petite fille.

J’aime être en contact avec des personnes âgées, c’est très enrichissant.

J’aime cette Guadeloupe là, dans son authenticité.

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Des Idées cadeaux pour les fêtes   

GLAM ETHNIK Retrouvez les créations de Glam Ethnik pour le shopping de Noel, ce dimanche 17 Décembre à Paris( + d’infos sur la page facebook de Glam Ethnik).

En Guadeloupe, au show room des créateurs, à Grand Camp, Abymes.

En Martinique, le show room Thematik à Fort de France. Sur Paris, sur rendez-vous, plus d’infos sur la page facebook Glam Ethnik  Glam Ethnik a lancé ses premières chemises pour homme. Une belle idée cadeau !

CREOLE TRIP

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Un cadeau original pour les fêtes ?

Crédits photos: HappyMan Photography Page Facebook et instagram Glam Etnik
Myriam Maxo, une designer Badass au grand coeur.

Myriam Maxo, une designer Badass au grand coeur.

J’ai rencontré la Queen of Wax *, en pleine performance pour sa collaboration avec la boutique Optique Carnot. Fan de son travail, c’était une chance de la voir créer en live.

Myriam Maxo c’est une femme charismatique, une force, un style, beaucoup de talent. Et tellement plus que cela. 

L’interview a pris une autre dimension quand j’ai découvert la raison principale de son travail et ce qui lui tient vraiment à cœur. Découvrez Myriam Maxo une badass** qui n’a peur de rien !

 *Nom de Myariam Maxo dans le street art

** Dure à cuire

 

 

Peux-tu te présenter ?

Bonjour,

Je suis Myriam Maxo, architecte d’intérieur et designer. Mon travail consiste à égayer la vie des gens, dans leur lieux de vie, de travail.

Pourquoi c’est important pour toi d’égayer la vie des autres et comment tu le retranscris dans ton travail ?

Ça se fait grâce aux tissus que j’utilise, le Wax. Des tissus très colorés graphiquement, ça permet de libérer les esprits. On arrive avec des tendances chaudes, graphiques qui font des flash backs à l’enfance, des souvenirs personnels. C’est de cette façon que les gens peuvent se détacher de leur vie quotidienne et de leur stress.
J’ai des pièces emblématiques comme celle du Doudou qui permet chez l’adulte de le faire voyager, un retour vers l’enfance en quelque sorte.

En parlant de ton doudou, ça été l’œuvre qui t’as fait connaitre au niveau mondial notamment grâce à Beyonce. D’ailleurs, tout le monde t’en parles encore, ce n’est pas agaçant ?

Ça va, je le vis bien.
C’est vrai que ça été LE coup de pouce. Je ne vais pas cracher dans la soupe et faire ah non j’en ai marre qu’on me parle d’elle.
Mais c’est vrai qu’après 3 ans, j’aimerais qu’on parle plus de mon travail que le coup de projecteur de Beyonce.

© facebook Myriam Maxo

 

Comment ça s’est passé ?

Les Nubians ont transmis le Doudou et grâce à Dieu, elle a adoré ce que je faisais et en a parlé.
D’autres stars Américaines ont fait des photos avec le DD mais après Beyonce, qu’est-ce que tu peux faire comme promotion derrière ? (Rires.) C’est la Queen !
J’ai attendu avant de diffuser les noms et les photos des autres personnes avec qui j’avais bossé.
Il y a eu Janelle Monae, Jaydenna, Mos Def, Inna Modja, Ayo, Nekka qui a fait une tournée avec son doudou à Toronto et New-York.
Je les ai tous contacté au culot.

 Le culot, il n’y a que ça de vrai !

 

C’est une question de personnalité. Il faut aussi avoir quelque chose de bien à proposer quand on travaille avec des gens comme ça.

Quelles sont tes autres réalisations à part le Doudou ?

Là, je réalise une performance pour la vitrine de la boutique Optique Carnot. L’espace étant très petit, il faut que l’œuvre percute tout de suite. Je travaille généralement sur des toiles de 3 m de long.
Mon but c’est de faire une vitrine qui va représenter un personnage avec mes techniques de collage, en utilisant le cœur, symbole que j’utilise beaucoup dans le street art.
Ça permet d’avoir un lieu où mon travail est visible à Pointe à Pitre.
J’ai envie de faire d’autres collaborations en Guadeloupe avec des entreprises ou des institutions.

© facebook Myriam Maxo, oeuvre créé pendant l’interview

 

Ma technique de travail première, c’est la sculpture, notamment de la sculpture textile avec le doudou.
Je l’ai appelé doudou en référence à la culture caribéenne, le cher (e) et tendre, toujours présent pour nous. J’avais envie de transmettre cette émotion de la personne fidèle qui voit nos peines et nous soutient. C’est pour cela que j’ai créé cet objet-là.

Ma première sculpture de rue est une œuvre que de 2,2m qui s’appelle Totem. Elle est en bois et en textile, exposée à Sarcelles.

© facebook Myriam Maxo

 

Je suis la première personne au monde a réalisé des œuvres de street art à partir de textile, de wax précisément, et de collage.

J’ai aussi collaboré pour la création de graphisme avec Kazagami pour la maison solaire, la Corossol house, Nescafé pour les machines à café, Vittel, une collection capsule pour une marque de vêtement.

J’aime aller dans des choses qui surprennent, la où ne m’attend pas.

 

Tu pars aux USA pour des expos ou collaboration. Une exposition au Japon serait-elle envisageable? Ton Doudou est trop kawai (mignon).

C’est clair ! Il y a carrément des choses à faire au Japon.
Si les Japonais veulent bien de Myriam Maxo pourquoi pas. La culture asiatique m’intéresse énormément. J’ai la chance d’avoir une double culture car ma belle-mère est thaïlandaise. J’évolue aussi dans cette culture car mon travail est basé sur l’enrichissement de la culture asiatique, et africaine mêlé à l’occident.

Par exemple pour l’oeuvre Domino, qui porte le jeu traditionnel des îles.
Ce sont des tatamis japonais que j’ai visualisé avec le wax.
J’ai créé des tatamis africains multicolores.
C’est tout un carrelage de mosaïque.
J’ai également crée le kimono boubou qui mélange les deux tenues traditionnelles royales. Le kimono pour l’Asie et le boubou pour l’Afrique.
Vêtement aussi bien porté par des personnes royales que les gens du peuple. C’est ce qui m’intéressait. J’ai donc crée la fusion de ces 2 tenues.

NEWS EN EXCLUSIVITE
Il y a toute une collection qui s’appelle home cocooning by Myriam Maxo qui va sortir.
Ce qui m’intéresse c’est de permettre aux gens d’être bien quel que soit l’endroit.
D’avoir des vêtements qui s’adaptent à la maison comme une sortie en extérieur.
Il y a une mise à jour du site actuellement, toutes les œuvres seront accessibles à partir de septembre.

Tu as dit :  » Les rêves sont faits pour être réalisés. »   Myriam Maxo a-t-elle encore des rêves à accomplir ?

Mon rêve c’est de permettre aux enfants hospitalisés, dans des pays en cours de développement d’avoir accès à la peinture et au papier. C’est vraiment un de mes rêves profonds. J’ai vraiment envie d’apporter du soutien, aux personnes en difficulté, qui n’ont pas de familles pour leur apporter du matériel d’arts plastiques.
J’aimerais que tous les enfants du monde puissent dessiner. Ça parait quelque chose de simple et de facile. Mais finalement on donne beaucoup de vêtements, des médicaments mais ça crée des commerces parallèles, et n’aident pas les plus nécessiteux.
Dans l’esprit c’est je ne veux pas de ton poisson, mais je veux que tu m’apprennes à pêcher.

Avoir très tôt une notion de l’art et des rêves ça pourrait changer la donne.

J’ai envie à travers mon association, DD Nation, de permettre aux enfants qui passent en milieu hospitalier , qu’ils puissent avoir accès à ses rêves et les dessiner. De développer peut-être un amour pour l’art et devenir pourquoi pas un designer, un artiste peintre. Des choses qui paraissent très éloignées dans les pays en développement.
On n’a pas l’urgence de dessiner.
Comme je suis aussi formatrice en expressions artistiques, ça me tenait vraiment à cœur d’apporter ma pierre à l’édifice mais sous un autre angle.
Les enfants concernés sont en soins palliatifs, où ils n’ont pas accès à des anti-douleurs.

 

Quelles sont les actions de DD Nation en France ?

Oeuvre offert à l’Hôpital Necker
© facebook Myriam Maxo

En Décembre 2016, j’ai fait don d’une œuvre de plus de 4 m de long pour l’hôpital Necker par le biais de l’association.
L’objectif était que les enfants passant Noel à l’hôpital puissent être dans un lieu coloré et joyeux.
Cette année, il y a eu un don également pour le CHU de Pointe-à-Pitre.
Cette démarche me tient vraiment à cœur.
L’association est au stade de nom pour l’instant car je veux absolument qu’elle soit ouverte de Guadeloupe et je suis dans les démarches dans ce sens.
C’est important que l’asso vienne de Guadeloupe car on a souvent l’habitude de voir des choses qui viennent de l’occident.
J’avais envie de rappeler que depuis la Guadeloupe, c’est aussi possible de pouvoir aider les gens peut importe leurs origines.
L’important c’est de pouvoir aider des enfants.
Fin d’année, on pourra vraiment déployer nos actions à l’échelle mondiale.

 

Des rêves au niveau de ta carrière ?

Je pense que Dieu m’a donné beaucoup de choses, j’ai la santé. C’est déjà beaucoup.
Quand je veux faire quelque chose, je le fais, donc les rêves je n’en ai pas. J’ai plutôt des projets. Je fais c’est tout. Il n’y a pas d’alternative. Les rêves, c’est pour les autres. (rires)
J’avance avec la foi et le culot.

Tu n’as jamais peur ?

Je suis faite comme ça donc c’est facile pour moi. Je suis tombée dans la potion magique quand j’étais petite. (Rires)
J’ai une histoire commune avec beaucoup de caribéens. Nos aïeux n’ont pas eu une vie facile.
Ils ne pouvaient pas faire ce qu’ils voulaient ; donc est ce que c’est vraiment difficile ce que je traverse ? Non.
Partant de ce principe-là, je peux réaliser tout ce que je veux.

Maya Angelou disait : « N’oublie pas que tu es le rêve, l’espoir d’un esclave. »

C’est exactement ça ! Je vis tous les jours en me rappelant que ce que je vis c’est le bonheur que d’autres n’ont pas pu avoir.
C’est ce qui fait que je ne baisse pas les bras.
Il y a une autre citation de Maya Angelou qui me parle beaucoup, notamment par rapport à mon association :  » On oubliera toujours ce que vous avez fait, ce que vous avez dit mais on n’oubliera jamais ce que vous avez fait ressentir « .
Dans mon travail c’est permettre aux gens de ressentir des choses et de faire partie d’une aventure qui va aider d’autres personnes.

Faire ressentir ce genre de choses aux gens est un don et un vrai bonheur.

Créole trip permet de découvrir la Guadeloupe autrement grâce à des activités originales, découvrons la Guadeloupe de Myriam par ce: 

Myriam Maxo, Raconte moi ta Guadeloupe …express

 

Quels sont tes plats préférés ?

J’aime bien tout ce qui est à base de légumes pays : fruit à pain, igname, patate douce ainsi que les plats à base de lambis.

A découvrir absolument ?

La table est vraiment magique à Grotte an nou, à Pointe-à-Pitre, avec une mention spéciale pour leur poulet.

© facebook Myriam Maxo restaurant gwot an nou

Il y a aussi le Jet l’ancre, à Goyave. C’est un petit resto pas loin du port, avec du poisson c’est fantastique. L’ ambiance, est bonne, jeune et conviviale.

Un lieu que tu affectionnes en Guadeloupe ?

Je suis du Moule. Chez moi, on a tout. N’importe qu’elle Moulien te diras la même chose.
On a la mer, l’animation avec les restos, les bars. C’est même ouvert le dimanche, ce qui n’est pas le cas partout en Guadeloupe.
On a l’impression que c’est un monde à part.
Regarde Mas Moul’ massif qui a été repris dans d’autre ville. Tout part du Moule, rires.

 

Pourquoi es-tu fière d’être Guadeloupéenne ?

Je suis fière d’être un être humain avant tout mais en y réfléchissant, je suis très touchée par la solidarité guadeloupéenne. Les gens n’ont pas peur de féliciter les autres, de se donner la force.

Sé on lanmen ka lavé lot.

Je voyage fréquemment et je ne vois pas beaucoup de personnes comme ça.
Ça me fait plaisir.
La Guadeloupe c’est un petit paradis. J’adore ce qu’on mange ici.

 

Myriam aime la cuisine de Guadeloupe. Si vous aussi, surprenez vos papilles en réservant votre atelier culinaire sur creoletrip.com.

Le portrait de Myriam Maxo vous a plu ? Dites nous tout en commentaire et merci de partager l’article. 

 

 

Lyvia Cairo, entrepreneure ambitieuse, philantrope et presque millionnaire

Lyvia Cairo, entrepreneure ambitieuse, philantrope et presque millionnaire

Elle est guadeloupéenne, veut changer le monde, et est en passe de générer le million cette année !

Découvrez son portrait ce jeudi 15 juin à 20:55 sur France 2 dans l’émission L’Angle Eco ! Il sera question du rapport à l’argent et réussir en étant soi.

 

Un jour, en 2013, Lyvia Cairo, s’est dit « Je me casse » de mon boulot alors qu’elle elle était consultante financière à Londres, une bonne situation donc.
Depuis, elle est devenue célèbre sur la toile avec son site jemecasse.fr qui est devenu lyviacairo.com, avec 12 000 visites / mois. Auteure, conférencière et mentore, elle accompagne les personnes qui veulent faire une différence en mettant en œuvre leurs talents.

« TU AS ABSOLUMENT TOUT CE QU’IL FAUT POUR ATTEINDRE TA VERSION DE LA RÉUSSITE »

 

Elle veut que toucher des milliers de personnes avec son message et c’est bien parti pour….

Elle est suivie par 6000 personnes sur sa page facebook.

Elle a écrit un article publié sur le Huffingpost France et Magreh et sur le site du magazine féminin Elle.

« J’ai 30 ans, je n’ai ni mari ni enfant, et pourtant j’ai le sentiment d’avoir réussi ma vie alors lâchez-moi la grappe, merci »  a été partagé plus de 24 000 fois le mois dernier.

Elle est à la tête d’une entreprise de 9 personnes brillantes avec une vision du monde du travail qui en étonnerait plus d’un.

Elle se définit comme un leader de leaders, libératrice du Feu, qui permet à des milliers de personnes de faire une différence dans le monde, via leur message, leur visibilité, leur action, leur argent.

credit photo: facebook Lyvia Cairo

 

Son ambition ?

Changer le monde, être une auteure à succès et générer un million d’euros de cash en 2017, avec facilité et fluidité pour investir dans des projets d’éducation et dans des start-ups innovantes qui peuvent avoir un impact sur le monde.

Bref, elle est philanthrope.

Comment fait-elle tout ça?

Rendez vous sur France 2 pour tout savoir et sur son site Lyviacairo.com ou sa page facebook.

crédit: facebook Lyvia Cairo (flash Laure)

 

Pourquoi on kiff Lyvia Cairo ?

Elle est un merveilleux exemple que c’est possible de vouloir mener une existence selon ses aspirations profondes, de gagner beaucoup d’argent tout en étant soi.

Elle est un parfait exemple qu’on peut venir d’un milieu modeste dans une petite commune de Guadeloupe et vouloir avoir un impact national et mondial.

En voulant être visible (télé, presse etc…) elle est un parfait exemple qu’être une femme, jeune, noire, en France, qui traite du rapport à l’argent au combien compliqué (dans notre pays ) et qui en gagne, c’est possible. Pour ceux qui se donnent les moyens.

Et c’est aussi grâce à elle, que j’ai pu me lancer et que Créole trip a vu le jour !

 

Sur le blog de Créole trip, mettre en valeur les pépites de Guadeloupe nous tient à cœur ! Vous souhaitez en savoir plus sur Lyvia Cairo?

Rendez-vous sur France 2, ce jeudi 15 juin à 20:55 dans l’émission L’Angle Eco.

Son site Lyviacairo.com , sa page facebook.

Son article partagé plus de 24 000 fois.

 

 

 

 

 

 

 

Cœur à cœur avec Anais Verspan, Artiste Visuelle Difé kako*

Cœur à cœur avec Anais Verspan, Artiste Visuelle Difé kako*

J’ai découvert Anais Verspan grâce au raconte moi ta Guadeloupe de Mairé. En allant sur son site, j’ai été époustouflé par tant de talent. En interviewant Anais, son parcours, son rapport à la Guadeloupe et sa vision m’ont touché. Voici là une belle pépite de Guadeloupe. Enjoy!  

Peux tu te présenter:

Je suis Anais Verspan, j’ai 37 ans. Je suis guadeloupéenne, artiste visuelle car ça englobe un tas de discipline. Je suis guadeloupéenne, artiste visuelle.  J’associe mon art à la mode, à la musique, au design, peut-être même à l’art culinaire demain! Pour moi la création est un tout, une philosophie de vie.

Je suis une jeune maman d’une bombe de 19 mois, donc débordée. Tout mon art est centré sur nos mès et labitid* de la Guadeloupe. *us et coutumes

Ma source d’inspiration c’est ma Guadeloupe et les guadeloupéens.

Je trouve qu’on a une manière de vivre atypique et particulière au même titre que des Sud-Africains ou Australiens. La Guadeloupe est une ressource inouïe et intarissable. Elle regorge de beaucoup de chercheurs, de sociologues, d’historiens, de «toubitencologue» que c’est vraiment de la matière brute pour un artiste.  

Credit photo: facebook Anais Verspan Art

Pourquoi le thème des mès et labitid* te tiens tant à coeur? *us et coutumes

Car il m’a façonné, en tant que Guadeloupéenne.

Exemple: Quand j’étais salarié à Paris, je posais systématiquement ma journée du 27 mai (jour des commémorations de l’abolition de l’esclavage et de 27 mai 1967) pour célébrer mes ancêtres. C’est d’une évidence!

Pour traiter du thème des Guadeloupéens, tu décodes le fonctionnement du pays par rapport à tes ressentis et des recherches sociologiques?

Ma première base de travail c’est beaucoup de recherches car on n’a rien inventé.  On s’approprie les choses. Je vais voir les gens. J’observe. J’échange beaucoup avec mes collaborateurs afin d’enrichir mes concepts. Je lis beaucoup, je bouffe de l’image, de la vidéo. Dès que j’ai collé tous ces «bouts d’histoires» et que j’ai pu structurer un possible, là c’est de l’écriture automatique, je peins, je crée.

Quand je passe à la peinture, tout est clair jusqu’à la scénographie de l’exposition.

 

Un artiste propose une autre façon de voir. Dès que j’ai créée l’histoire, et qu’elle est réalisable, je sais combien d’œuvres je vais réaliser, la gamme chromatique.  Je vois mes tableaux comme des collections,par «My moon», «Bigidi Plakata» et «Karata».

collection Karata 5. Anais Verspan 2014

Dans tes tableaux, pourquoi travailler à partir du noir? le contraste avec les couleurs sont saisissants d’ailleurs. 

Instinctivement, cette couleur est venue à moi. Je suis une fan de Soulages, le créateur de l’Outre-Noir. Je pense que cette couleur est tellement victime des stéréotypes. C’est une couleur qui m’englobe. Il y a une profondeur. Elle attire comme elle repousse. Travailler avec le noir permet une liberté dans l’utilisation de couleur également.  Ça me permet aussi de montrer le comportement de chez nous. Les choses ne sont pas linéaires, elles peuvent être brutales. Il n’y a pas de transition. Souvent on me dit waow ta peinture est forte. Ça me permet de retranscrire cet aspect-là. C’est peut-être aussi une part de ma personnalité.

 

 

Raconte nous l’aventure Afro Exentrik (1er magasin de vêtements à tendance « Afro »)

J’étais créatrice et styliste mais je ne confectionnais pas les vêtements. C’était d’abord un concept. Je me disais qu’on avait une manière de se mouvoir, et d’être. Je ne comprenais pas pourquoi on s’habillait comme des occidentaux avec des matières qui ne sont pas adaptées à notre climat. Je voulais mélanger les tendances, street-wear, le prêt à porter, des créations de designers, des accessoires pour équilibrer l’allure, ce qui n’était pas encore à la mode. C’était trop avant-gardiste. Je n’avais pas les ressources financières pour accomplir ce que j’avais en tête.  Mes économies se sont épuisées !

 

Crédit photo: Erzulli          Modèle: Karine Pedurand

 

Ma petite gloire d’Afro Exentrik c’est que j’ai beaucoup inspiré les gens, mes clients se sentaient mieux dans leur corps. C’était important pour moi de proposer un conseil personnalisé, que l’Être Guadeloupéen s’accepte tel qu’il est.  La femme créole met ses mains sur les côtés, à une manière de se mouvoir. C’était pour ça que j’avais intégré une ceinture haute pour marquer la taille. Ça rappelait l’attitude des robes à «kò»… tout en étant urbaine, en l’associant avec une chemise par exemple. 

Je suis heureuse d’avoir intégré ce style. C’était une belle aventure de 2007 à 2010. J’ai eu du mal à fermer boutique mais je m’endettais et à un moment il faut penser à soi. J’ai un peu panser la blessure. Ça m’a permis de me recentrer… sur mon art.

 

Après tes études d’art en Martinique, tu as été enseignante puis ton show room Afro Excentrik.  Pourquoi as-tu décidé de te consacrer totalement à la création? Tu aurais pu continuer à être enseignante par ex.

C’est compatible, mais je ne pouvais pas faire deux choses à la fois. C’était en phase avec mon évolution en tant que femme et je devais me recentrer sur moi. Panser l’entreprise que j’avais fermé. La peinture m’a permis de m’accepter en tant qu’artiste et de l’assumer. J’ai été enseignante trop tôt. J’avais peu de différence d’âge avec mes élèves (lycée professionnel). Il manquait quelque chose à mon épanouissement et je n’étais pas assez mûre pour ça. Je devais construire cette femme artiste car « i pa môl  » ! (c’est difficile).

Pourquoi est-ce difficile d’être femme et artiste?

En art, il y a majoritairement que des hommes. Il fallait que je m’impose en tant qu’artiste et heureusement très rapidement j’ai eu les encouragements de mes pairs. Par exemple, Joel Nankin qui m’a invité à l’inauguration de sa galerie.

Joel Nankin crédit photo: Rode Romelle

 

 

C’est quand même particulier d’être une femme artiste, ça demande encore plus de rigueur, une connaissance de soi, de son corps. Il faut mettre la barrière et se protéger et venir à l’essentiel qui est l’Art. Maintenant, je suis mère, je dois aménager mon temps.

“C’est assez rock’n roll d’être une femme artiste.”

 

Et mère de surcroît?

Il y a eu avant et y en aura après! Oui mais je veux, aussi, être une mère à l’ancienne. Une éducation avec nos valeurs. Il faut du temps et de la sincérité pour l’enfant donc il faut faire avec ses propres frustrations. Se dire chaque chose en son temps et être à 100% présent (physiquement et mentalement) pour son enfant. Ça demande beaucoup et un aménagement précis du temps.

Concrètement, comment gères-tu tes temps de création ?

Depuis que j’ai ma fille, j’organise comme je l’appelle des “résidences d’artistes”. J’aménage un temps où je me consacre uniquement à la création sur un temps plus court mais très intense. J’ai un planning sur 2 semaines à 1 mois, pour constituer une exposition. Pour cela la famille, la tribu est fondamentale, pour l’équilibre de l’enfant et l’artiste-femme que je suis.

 

 

Tu as exposé en Guadeloupe, à Paris, Allemagne, à Bruxelles. Comment arrives tu a participer à ces événements internationaux?

A paris, personne ne me connaît. Dans tous domaines, il faut connaitre des gens et je ne connais personne sur Paris. La communauté antillaise est peu présente dans l’art contrairement, à la musique.

Je me débrouille par mes propres moyens.

J’ai décidé de ne pas attendre la validation de Paris, pour exister.

Il faut connaitre des gens, je n’ai pas envie de me «prostituer» pour me faire connaître.

“Je n’ai pas envie de me prostituer pour me faire connaître”

 

 

Se Prostituer pour moi, c’est perdre son âme, perdre du temps à séduire les gens pour finalement qu’ils s’intéressent peu à tes oeuvres. Et surtout convaincre qu’on ne fait pas des oeuvres avec des accras, du boudin et des doudous par ci et par là!

Je suis une cheffe d’entreprise. Souvent je dit que je suis une «art’entrepreneure». Je décide des actions que je vais mener.

Pour ma communication, je suis un assez bon produit, (rires). En même temps je suis moi. Communiquer fait partie de mon métier sinon, on ne me connaît pas.

J’ai beaucoup chance car des gens comme toi vienne à moi. Mais Je me débrouille par moi même. Ce qui est paradoxal c’est que souvent on me demande qui est mon agent et dans quelle galerie j’ai signé quand je fais des salons internationaux.

“Je vis de mon art grâce aux Antilles”

Je vis de mon art grâce à chez moi et ici les gens reconnaissent la valeur de l’art, d’un artiste, quelque soit leur appartenance sociale. Ce sont des guadeloupéens avec un grand G qui me disent: j’aime ce que tu es, ce que tu fais, je veux acheter une oeuvre d’art. Je remercie les guadeloupéens pour cette reconnaissance. Mes 1er collectionneurs ce sont des Guadeloupéens que je remercie grandement.

J’essaie de faire des salons pour me faire connaître mais c’est coûteux. A Paris, si tu n’as pas d’argent, tu n’existes pas en tant qu’Artiste car il faut investir. Ce n’est pas facile.

Ce qui est bien à Paris c’est que je «fais mes dents». Comme il y a énormément de monde, c’est une ville inspirante mais également tu n’es personne et ça c’est bien. Pour l’humilité et la pugnacité que ça t’apprend.

 

Depuis que tu t’es lancée qu’elle est ta plus grande satisfaction?

Avancer à mon rythme, même si c’est angoissant. C’est un planning qui est souple, tu gères mieux les accidents et les opportunités qui t’arrives. Tu es plus apte à saisir une opportunité que si tu es salarié. C’est excitant, tu as des challenges tout le temps. Ce qui est angoissant c’est l’aspect pécunier. Je refuse l’image de l’artiste fou… Je veux être une artiste épanouie dans son boulot et qui vit de son art.

Tu ne fais pas de compromis car tu pourrais avoir un boulot alimentaire pour assurer au niveau matériel. Tu essaies de réunir toutes les conditions pour créer le mieux que possible?

Ce n’est pas facile, ça demande beaucoup, beaucoup de travail.  En même temps j’ai le choix. Quand tu es artiste, il faut épargner, tout le temps.

Et si l’espace muséal était une kaz? du 01 Avril au 24 Juin

Qu’aurais tu à dire à ceux qui veulent embrasser une carrière artistique et qui hésitent?

Pose toi en te demandant : «Qui je suis, ce que je veux être, qu’est-ce que je fais pour y arriver»…Se donner les moyens pour y arriver.

Réfléchir à ce que tu ne veux pas être également! Le plus important c’est se connaître sinon tu perds du temps en écoutant les autres qui te conseillent de faire ça ou çi.

Comme je dis souvent Viv vi aw pa vann nanm aw. (Vis ta vie sans perdre ton âme)

Être sincère car être artiste c’est la sincérité d’abord. Ton art c’est toi. Ton art peut être une source d’inspiration ou qui encourage quelqu’un.

Chaque fois que je peins une oeuvre, je mets cette sincérité là. Je ne fais pas une oeuvre à la macdonald, à la va vite.

Quand je vois une personne pleurer devant mon oeuvre, je me dis j’ai réussi. La relation intrinsèque d’une oeuvre est l’émotion. L’artiste est un conducteur d’émotion.

“Donnez-vous les moyens, et soyez les meilleurs.”

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Du 1 avril au 24 juin 2017, le Fonds d’Art Contemporain du Conseil Départemental (Beausoleil Saint-Claude), donne CARTE BLANCHE à Anaïs VERSPAN. Et c’est splendide! Pour plus d’infos cliquez ici. 

Découvrez l’univers d’Anais sur son site ici. 

Du 2 au 17 Juin, au sein du festival Terre de Blues, Anais Verspan expose au Château Murat à Marie-Galante

Le portrait d’Anais vous a plu? Partagez le pour que le monde entier découvre cette artiste talentueuse au grand cœur. 

 

De Marie-Galante aux Etats-Unis : Mairé de RelayShopUSA

De Marie-Galante aux Etats-Unis : Mairé de RelayShopUSA

Mairé de Relay Shop USA

Chaque mois, on part à la découverte d’un Guadeloupéen inspirant… car la Guadeloupe a du talent!

Aujourd’hui, on découvre une jeune femme passionnée pour l’humain, généreuse, entreprenante et très attachée à son île.

Elle n’a pas hésité à aider une parfaite inconnue, juste parce qu’elle avait une super idée d’entreprise et que c’est une compatriote. (L’inconnue c’est moi 😉 )

C’est génial de pouvoir rencontrer des Guadeloupéens solidaires donc merci beaucoup Mairé !

 

Bonjour, Mairé, peux-tu te présenter ? 

Hello! Je m’appelle Mairé, j’ai 33 ans, je vis à Atlanta mais suis originaire de Marie-Galante.

Mes deux devises dans la vie:

  • traitez les autres comme vous aimeriez être traité(e) vous-même
  • toujours se mettre à la place de l’autre avant de juger son action

Je suis passionnée par le travail social auprès des jeunes, domaine dans lequel j’ai étudié et travaillé pendant de nombreuses années.

Je travaille actuellement à Relay Shop USA, une plateforme de réexpédition de colis des USA vers l’International, que j’ai monté fin 2013.  

1) Pourquoi avoir créé Relay Shop USA ?

Je n’ai jamais eu “l’idée” de commencer un business. C’est plutôt l’opportunité que j’ai vu et saisi lorsqu’elle s’est présentée. Quand j’ai emménagé aux USA, je me suis rendu compte que beaucoup de monde désirait acheter là bas.  Au départ j’ai donc commencé par faire de la vente via Facebook. Suite à la demande des clients, le service s’est vite transformé en réexpédition de colis, car ils préféraient chercher les aubaines et acheter leurs articles eux-mêmes sur les sites qui ne livraient pas chez eux.

« Avoir un business pour proposer un stage ou du travail à des jeunes Guadeloupéens ici et apprendre l’anglais serait juste parfait. »

2) Est-ce que ça te manque de bosser dans le social ?

Oui, le social me manque ÉNORMÉMENT! Je ne travaille plus directement dans le milieu, par contre, j’essaie de stabiliser le plus possible le business afin de pouvoir justement y incorporer du travail social. 

Mon objectif de départ est de pouvoir utiliser cette structure pour faire venir des jeunes de Guadeloupe ici en échange, afin qu’ils côtoient des jeunes américains et vice-versa. Avoir RelayShop pourra beaucoup aider, car ici, on a pas d’aide comme en France pour monter des organismes. De ce fait, avoir un business pour embaucher des jeunes américains qui ont du mal à trouver un emploi, puis avoir des jeunes Guadeloupéens qui peuvent venir faire un stage ou travailler ici et apprendre l’anglais et vivre cette expérience, serait juste parfait.

3) Ta plus grande satisfaction et ton plus grand challenge depuis que tu es entrepreneure ?

Mon Plus grand challenge: J’ai opté pour du bootstrapping (aucune levée de fond, pas de prêt ou d’investisseur). J’ai donc dû tout faire moi-même de A à Z pendant les 2 premières années car je n’avais pas assez de fonds pour embaucher des employés. Je me suis retrouvée à travailler 7j/7 de 8h du matin à minuit le soir.. pendant 2 ans!! (d’en parler maintenant je n’y crois même pas); moi qui adore voyager, aucun moyen de pouvoir partir en vacances, pas même un weekend off! Sans mentir, j’ai versé énormément de larmes dans le garage où j’ai commencé Relay Shop…  Déballer autant d’énergie, de stress physique et mental, et tous ces sacrifices, c’est quelque chose d’épouvantable, et de l’avoir vécu, j’ai maintenant énormément de respect pour tous les entrepreneurs, toutes personnes mettant en place leur projet et surtout pour les mamans! Car au final, même si c’était dur, j’ai bien l’impression qu’un business n’est rien comparé à un enfant 🙂

***

Ma plus grande reconnaissance: je suis extrêmement reconnaissante en ce qui concerne les personnes qui travaillent avec moi. J’ai pu trouver des employés extraordinaires! Ils sont travailleurs, honnêtes et impliqués. Et ce sont tous des jeunes qui avaient du mal à trouver un emploi stable, donc cela me fait doublement plaisir.  

4) Tu as vécu à Londres, Montréal et maintenant Atlanta. Qu’est ce qui t’a plu dans chacune de ces villes et/ ou pays ? 

J’ai d’abord vécu à Montréal pendant 8 ans. C’est la ville où j’ai été étudié après mon bac donc bien sur, celle-ci porte une place importante dans ma vie. C’est aussi la ville où j’ai commencé à travailler dans le social ce qui a été capital dans ma façon de voir les choses et de traiter les autres, car le Québec est très avancé en réduction des méfaits, approche humaniste qui prône le respect des choix de l’autre, la tolérance et la patience envers l’autre.

A Londres, j’ai énormément apprécié mon milieu de travail, j’ai ressenti beaucoup de respect de mes compétences là-bas. Et le fait de voir énormément de cultures différentes, j’ai carrément adoré!  

Atlanta, c’est très diffèrent. C’est une ville extrêmement calme et relax comparée à Londres et Montréal. Mais les gens, la culture du Sud, leur politesse, simplicité et gentillesse m’ont tout de suite conquise! En gros, j’aime Atlanta surtout pour les gens qui y habitent, et aussi parcequ’il fait chaud lol!  

5) As tu rencontré des challenges pour t’intégrer aux USA ?

Bien sur! Déjà pour commencer, mon anglais était très basique, et le pire c’est que je me suis installée à Atlanta, ce qui était doublement difficile pour moi car je ne comprenais RIEN DU TOUT quand les gens me parlaient. L’accent du Sud est très particulier.

Ensuite, les approches dans le social ici sont totalement différentes, surtout dans les états du Sud comme la Georgie. Ils prônent l’abstinence, et sont anti-approches réduction des méfaits. Bref… le contraire de ma façon de voir les choses. Ce fut une adaptation assez difficile, et j’ai compris très vite que si je voulais aider à ma manière, il faudrait que je le fasse moi-même.

6) Pour toi, les vacances idéales ?

Découvrir un nouveau pays où les gens ne parlent pas ma langue.

7) Un voyage mémorable ?

Atlanta!!  A la base j’étais partie en vacances à Atlanta pour 3 semaines. Une installation définitive n’était pas du tout prévue, mais j’ai vécu tellement de belles aventures et j’y ai rencontré tellement de gens extraordinaires, que j’y suis encore.

9) Que peut on te souhaiter pour la suite ?

L’Afrique ou l’Amérique du Sud! Mais la terre mère sera probablement ma prochaine destination. Il me faut pouvoir absolument aller vivre quelques années ou peut être même le reste de mes jours dans au moins un pays d’Afrique. Le continent est immense donc, j’aurais de quoi explorer 🙂


Je vous avais dit qu’elle était super ! Mairé nous raconte sa Guadeloupe ici et ça vaut le détour.

Des envies de shopping aux USA? C‘est  

 

Envie de sortir des sentiers battus? Découvrez les activités insolites de Créole trip!

Pourquoi Cédric Calvados est un photographe extra?

Pourquoi Cédric Calvados est un photographe extra?

Chaque mois, on part à la découverte d’un Guadeloupéen inspirant, car la Guadeloupe a du talent !

J’ai découvert Cédric par hasard sur facebook sur sa page La Guadeloupe Mon visage. Ses photos m’ont tellement touché que je me suis dit, un jour je veux faire un truc aussi impactant que lui. Quelque chose qui nous rappelle ce que nous sommes en tant que Guadeloupéens, raconte la richesse du Pays, d’où le blog de Créoletrip.

Je suis vraiment ravie de vous présenter ce photographe plus que talentueux. Il y a vraiment de la poésie dans ses photos, et l’homme fait preuve de sagesse malgré son âge.

Je vous laisse en tête à tête avec lui…Enjoy!

Peux tu te présenter?

Cedric Calvados, 36 ans, petit bourgeois né à paris en 80. Mes parents sont venus en Guadeloupe j’avais 2 ans, donc j’ai vraiment grandi ici, à Petit- Bourg.

Je fais du foot depuis l’âge de 6 ans.J’ai fait mes études en Martinique, en anglais et en science de l’éducation jusqu’à la maîtrise.

J’ai travaillé dans le logement social, géré une structure qui forme des étrangers au français. Actuellement, je travaille dans un bureau d’étude en marketing.

Ne ferais-tu pas un peu de photographie?

Oui de la photo depuis 2009.

Je fais du rap que j’ai un peu mis entre parenthèse, mais j’ai eu pas mal d’actualité à un moment.

De temps en temps, je réalise aussi des clips pour des amis.

Je suis autodidacte, et j’ai démarré avec l’idée de faire ça seul en observant ce qui se faisait, en posant quelques questions; en bouquinant un peu, on arrive à se débrouiller avec ça.

Idem pour la réalisation de clips. Sur mon ordi, j’avais un logiciel capable de me permettre de faire ça (des clips), donc j’ai « tchoké » (bricolé).

cedric calvados

Comment à commencé ton parcours de photographe?

Pendant mes études en Martinique, j’ai travaillé en tant que pigiste à France- Antilles et j’étais amené à faire des photos pour illustrer mes articles. Le déclic s’est fait comme ça.

J’avais un petit appareil compact, comme tout le monde, qui coûtait pas bien cher, qui permettait de faire des photos rapidement.

Puis j’ai eu envie de passer à quelque chose de plus conséquent, donc en 2009 je me suis dit pourquoi ne pas acheter un appareil d’une gamme supérieur.

Ce qui m’intéresse vraiment c’est surtout les gens

albert

As tu des thèmes de prédilection?

C’est clair que je suis de moins en moins photo de paysages, pour le paysage. Ça ne me branche plus trop. Si je fais des paysages, il faut qu’il y ait des gens, une animation.

Ce qui m’intéresse vraiment c’est surtout les gens, leurs mouvements, comment ils occupent et font vivre l’espace, et ce qu’ils dégagent. C’est ce qui me plait le plus.

Ensuite les portraits.

Je travaille beaucoup sur l’instant.

Arriver quelque part, essayer de me faire accepter même si je garde une distance avec les gens, qu’ils me voient, qu’ils réalisent que j’ai un appareil mais que ma présence ne puisse pas déranger. Mon objectif c’est arriver à ça, c’est ce qui me parle le plus.

A côté de ça, il m’arrive de faire des shootings parce c’est fun et que c’est un bon exercice. Je fais des mariages également, c’est plus pour le côté alimentaire même si j’aime bien car ça reste des gens, du mouvements, des émotions. On est dans ce que j’aime.

Voici en gros, les axes, plutôt que les thèmes, qui m’intéressent.

vie

 

Concrètement, quand tu prend les gens en photo, tu demandes l’autorisation, pour une scène par exemple?

Non, c’est de l’astuce, se mettre derrière ou sur le côté, tant qu’on ne voit pas les visages, ou sinon c’est suggéré. Tant que ce n’est pas clairement vu, ça m’évite de demander car sinon je perd la spontanéité de la scène.

Le mieux c’est d’être là discrètement sans déranger.

Parfois, je suis obligé de demander, la scène est alors un peu moins naturelle mais je ne modifie pas le déroulement des choses.

Généralement, les gens acceptent toujours?

Oui, à 80%, ils acceptent d’être pris en photo.

Ça demande d’aller vers l’autre?

C’est cela qui est bien.

Ça dépend de sa personnalité?

Ça peut être un moyen de se dépasser.

C’est comme ça que je l’ai abordé car à la base j’étais un peu timide. Depuis que je fais de la photo je le suis beaucoup moins. Si tu regardes bien l’intitulé de la page facebook, la Guadeloupe Mon visage, c’est chaque jour aller vers l’autre.

C’était un peu ça l’idée, dépasser ma timidité, dépasser cette peur qui n’a pas lieu d’être pour aller vers l’autre, se mettre à son niveau.

cedric-calvados-9

La Guadeloupe-Mon visage*, pourquoi ce projet?

Pour le plaisir. Je voulais montrer la Guadeloupe différemment. Sortir des sentiers battus, plages, cocotiers, et montrer la Guadeloupe, les gens, le contenant ou le contenu. Les gens qui font vivre le Pays, l’âme du Pays, que ce soit des noirs, métis, chabins, blancs, indiens, libanais, syriens. Des gens qui vivent en guadeloupe.

C’est un projet sociologique plutôt que militant car je ne revendiquais rien. Pas de « la Guadeloupe sé tan nou » (La Guadeloupe nous appartient). Je voulais justement sortir de ce discours là car il est un peu excluant. Je voulais inclure tout le monde et dire que c’est ce qui fait la Guadeloupe.

J’ai commencé en 2013, maintenant, je continue mais par petite touche.

*séries de photos plus mini-interviews

couple-age

A travers tes rencontres, as tu eu des anecdotes marquantes?

Il y a toujours des moments spéciaux.

Je me rappelle d’un SDF, en même temps toxico que j’avais croisé dans les rues de Pointe-à-Pitre.

Quand je lui ai parlé d’autorisation pour le prendre en photo, il tenait absolument à me prouver qu’il savait encore écrire.

Je sentais qu’il voulait se « ré-humaniser », me dire: « tu vois, je suis encore un homme, j’existe encore, j’ai du contenu en moi, j’ai un savoir, j’ai des choses à dire et à montrer. Tu me vois comme ça mais il n’y a pas que ca. »

Des moments comme ça, te touchent particulièrement.

Les gens qui m’ont le plus touchés ce sont les exclus.

Et cet homme, l’année dernière, que j’ai pris en photo dans le bourg du Gosier avec le pied malade. Il m’a raconté qu’il sortait de l’hôpital, qu’il allait surement être amputé, et qu’il était à la rue.

Des choses un peu lourdes. Il y avait une dame qui lui donnait à manger, j’ai pu les prendre en photo et elle de me dire qu’elle s’occupe de lui.

Ce sont des petites histoires que je trouve intéressantes mais c’est tragique. C’est dur de se dire qu’en Guadeloupe, il y a des gens dans cette situation alors qu’on est sur une île. C’est petit, il y a une culture plutôt familiale mais tu as des exemples qui viennent démonter ce mythe.

C’est pour te montrer à quel point l’individualisation et les effets de la mondialisation sont en train de balayer tout ça ici.

Pour ce projet, as tu dû demander des autorisations pour photographier les gens?

Non pas tous, je leur parlais juste du projet.

C’est après qu’on m’a dit : fait attention, fais signer, tu peux avoir des problèmes.

Dès lors on n’est plus libre, on ne peut plus faire les choses de façon spontanée sans se poser de questions, sans craindre des représailles.

C’est dommage, tout nous ramène à la crainte.

A une période, j’avais une tablette, les gens signaient dessus.

cedric-calvados-10

Tu as eu un prix, peux tu nous en dire plus?

C’était un concours organisé par le ministre de l’Outre-Mer en 2014.

Le thème du concours, les femmes des outremers.

J’ai proposé un portrait de la série la Guadeloupe-Mon visage.

C’est marrant car ce qui est bizarre c’est qu’au moment où je me suis inscrit pour ce concours, il y avait une petite voix en moi qui me disait que j’allais gagner. Je ne sais pas pourquoi, j’en étais convaincu. Je me suis dit vas y, on verra bien.

Au début j’étais nominé 3éme lauréat pour les votes en Guadeloupe, mais il y avait un jury du ministère en métropole,qui eux ont choisi ma photo, pour exposer en Métropole.

C’était fantastique et très gratifiant.

J’ai pensé à toutes ces années en arrière quand j’ai commencé la photo, je me suis dit que ça en faisait faire des choses la photo et j’espère que ce n’est pas fini.

La photo t-a-elle ouvert des portes?

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Oui même si sur le coup je ne m’en suis pas rendu compte. Quand je fais une « rétrospective », des portes se sont ouvertes, des gens se sont intéressés à ce que je faisais, pas mal de magazines sont venus me voir pour la Guadeloupe- Mon visage, ce concours. Il y a eu un petit effet boule de neige.

J’ai pu faire des expositions, la 1ére c’était à la Péyizart en 2013, dédicace à Shorty, c’est le 1er à m’avoir sollicité.

Il y a eu le ministère, puis la médiathèque du Gosier à 3 reprises et la pool art fair. Il y a encore des expos à venir dans les prochains mois.

« J’espère que ça va déboucher sur autres choses”, de quoi as tu envie?

D’en vivre, de faire des expos, participer à des projets, faire des mariages aussi.

Je prend de plus en plus plaisir à rendre des gens heureux même si ce n’est pas évident.

Tu arrives à mettre ta patte Cédric Calvados pour des photos de mariages? Car généralement elles sont assez clichées.

J’essaie; Je pense que j’y arrive encore. C’est clair qu’il y a des moments tu es obligée de faire du classique, tu ne peux pas échapper à la règle de l’art. Ce n’est pas grave. Au contraire, je le prends comme un exercice pour ne pas oublier les fondamentaux.

Tout ce qui est hors conventionnel, j’essaie de garder mon oeil, ma touche, ma sensibilité. En plus je collabore avec mon ami Adéola Bambé à ce niveau, ce qui facilite la tâche. Travailler à deux nous permet de travailler avec moins de pression et d’être plus libre dans nos têtes donc créatifs.

Ton plus gros kiff depuis que tu t’es lancé dans la photo?

La pool art fair car c’est lors de cette expo que j’ai vraiment eu l’impression que des gens comprenaient ce que je disais.

Apprécier dans le sens bien saisir toute la mesure de mon travail.

Je me suis dit que je ne suis pas à côté de mes pompes.

Il y a vraiment quelque chose et il faut que je garde le cap, la vision. Même si ça paie pas encore aujourd’hui.

J’ai en tête la devise d’un footballeur : tôt ou tard le travail paiera.

Ça nous oblige à se dire que chaque jour il peut se passer quelque chose.

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Un photographe dont tu apprécies le travail?

J’ai plutôt été influencé par des photographes locaux, Daniel Goudruff, Charles Chulem, Eric Nabajoth, Philippe Virapin également. Ce sont des gens d’ici qui font un travail intéressant et il ne faut pas le négliger. Il y a Tryspa également et enfin Manu Dorlis, deux photographes qui ont de bonnes idées. Mon collègue de « travail », Adéola Bambé fait aussi du bon boulot.

J’ai envie de m’inscrire dans la lignée de ce que font les meilleurs c’est à dire avoir une identité artistique, photographique, une signature. Ma vision est celle çi.

Je n’aime pas m’inspirer des autres car je n’ai pas envie de faire comme eux, mais regarder le parcours des meilleurs, leur travail, leur regard, ça peut déclencher des choses stimulantes, en moi, qui sont là mais peut être endormies.

Tu as été parrain pour un trophée pour les jeunes méritants de ta ville?

A la base, la ville de petit bourg voulait récompenser tous les talents de la commune. Ils ont pensé à moi par rapport à ce que j’ai fait dans la musique, la photo, ainsi que mon engagement dans mon club de football.

Vu que j’étais trop âgé d’une année, ils m’ont proposé de me mettre à l’honneur différemment en étant le parrain de cette manifestation.

J’ai été très honoré donc mes remerciements à la ville et à Monsieur le Maire.

C’est super qu’ils valorisent la jeunesse, Petit bourg c’est une ville qui bouge, c’est la ville du futur! Avec un atout essentiel sa position géographique, des projets en cours intéressants. J’espère qu’on va garder notre authenticité, l’âme de petit bourg. C’est important.

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Pourquoi c’est important pour toi de t’engager auprès des jeunes?

Je crois qu’une parole donnée, un message transmis ne reste jamais sans effet. C’est comme une graine que tu plantes.

Ton comportement va l’arroser. Je ne crois pas en la réincarnation mais ce que je trouve intéressant, c’est que ce concept te permet de continuer « de vivre » sous d’autres formes.

Pour moi quand tu partages quelques choses à quelqu’un, il le garde en lui et ça va porter du fruit.

Quelque part, il aura une part de toi ancré en lui pour le reste de sa vie.

Et ainsi de suite aux générations futures.

Transmettre son expérience ça crée un sentier que d’autres personnes empruntent. Ça laisse une trace, je trouve ça intéressant.

D’ailleurs avec créole trip, tu es déjà dans la transmission, la valorisation. C’est la transmission d’un concept, d’une idée, d’une vision.

Soyez courageux et audacieux.

Que dirais tu à ceux qui voudraient suivre leurs rêves, mais qui hésitent, ont peur?

N’ayez pas peur d’échouer. Je pense que la 1ere porte à franchir c’est l’échec. On n’y arrive pas sans tomber, sans gribouillis.

Le problème, c’est qu’on vit dans une société où on nous apprend que tout doit être beau tout le temps, on nous vend strass et paillettes, et l’excellence à toutes les sauces. On nous dit qu’il faut travailler dur mais ce qu’on ne nous dit pas c’est que l’échec fait partie du game!

Tu ne peux pas passer du stade 0 au stade 100% en un seul bond.

N’ayez pas peur de faire des bourdes.

Garder les yeux ouverts sur tout ce que la vie vous enseignent car la vie est une maîtresse d’école particulièrement efficace. Rester attentif à ce que la vie vous envoie.

Soyez courageux et audacieux.

Même si ce que qu’on fait s’inspire toujours de  choses existantes, essayez toujours d’innover, de vous démarquer en apportant quelque chose de nouveau. Je pense que c’est important.

Découvrez d’autres clichés de Ma Guadeloupe, mon visage .

 

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