Pascal Moesta, le comédien qui vous veux du bien.

Pascal Moesta, le comédien qui vous veux du bien.

Vous connaissez sûrement tous Pascal Moesta, humoriste et comédien révélé au grand public grâce à Pawol Pou ri, Ma commère Alfrèd, Rigobè é dédète et j’en passe. 

Au delà de l’humoriste, découvrez cet homme passionné, exigeant, avec beaucoup d’humilité et la volonté je cite « de rendre les gens heureux et qu’ils soit bien ». 

Il se produit au niveau national dans Embrasse-moi c’est fini à Paris et un autre spectacle humoristique à Lyon avec Jean-Yves Rupert. 

 

Peux-tu te présenter ?

Je suis Pascal Moesta, comédien guadeloupéen vivant aux Abymes. J’ai également une entreprise de ferronnerie. Ma devise dans la vie :  Le soleil brille pour tout le monde. Mon secret aux Antilles, c’est que chaque fois que je vois le soleil, j’ai plaisir à me lever le matin.

Je vis à la campagne, je vis avec ma nature, j’aime les gens et j’adore mes voisins. J’ai la chance d’être un peu le chouchou de tout le monde grâce à Pawol Pou Ri.

Je vais naturellement vers les gens, sociable. Je ne me force pas.

Je suis un artiste mais je ne me prends pas la tête. Je peux dormir dans un hôtel 5 étoiles et le lendemain dans un formule 1.

 

1) Comment es-tu venu à la comédie ?

J’ai commencé dans mon quartier, à Boisvin. Je faisais des imitations dans les podiums de quartier. J’ai débuté  avec une guitare en imitant le groupe zouti avec la chanson « ban mwen on son tambou ».

J’étais à l’aise pour aller sur la scène. Plus jeune j’avais toujours l’envie d’apprendre tout ce qui à trait au culturel : tambour, musique, danse. Cela a été possible grâce aux associations où j’ai commencé les sketches.

La ville des abymes avait organisé des concours pour la fête du bourg avec toutes les assos.

Première participation dans deux catégories : danse et sketch, j’étais chorégraphe, on finit 3éme. Les 5 années suivantes, on finit premier dans les 2 catégories. On a commencé à nous prendre au sérieux pourtant c’était du bénévolat.

Puis un jour, un monsieur de l’association de cyclisme de mon père me dit : « un jour tu passeras à la télé ». Ça m’a fait plaisir mais je n’y pensais pas.

On a commencé à se faire connaitre dans toute la Guadeloupe. Puis il y a une proposition sur RFO, Patrick Soulez m’a contacté, j’avais déjà 3 sketches de prêts filmés et c’est comme ça que l’aventure Pawol pou ri a commencé.

« J’aime rendre les gens heureux et qu’ils soient bien. »

 2) Pawol pou ri a été ta rampe de lancement finalement ?

Oui exactement, le grand public m’a connu grâce à cela. Ça a duré environ 7 à 8 ans. En dehors des émissions télé, il y avait aussi des prestations sur différents podiums, fêtes de fin d’année, CE d’entreprise et arbres de noël.

3) Comment as-tu débuté le théâtre ?   

 On était au centre des arts sur un spectacle avec pawol pour ri. Je faisais de la mise en scène de mon côté avec une petite chorégraphie pour la fin du show comique. C’était le petit bonus pour le public.

Jean-Pierre Sturm (référence dans le théâtre antillais) était en répétition avec Philippe Calodat, il m’a vu jouer quelques minutes, a trouvé que je sortais du lot. Je l’ai rencontré via Phillipe (calodat). Il m’a proposé mon 1er rôle dans une pièce de théâtre, c’était ma commère Alfred.

 

4) Tu préfères le théâtre ou la télé ?

J’aime les deux exercices. Je ne sais pas si un comédien peut devenir humoriste mais l’inverse est vrai. J’ai eu cette chance d’être comique d’abord et comédien par la suite.

En tant que comédien pour le théatre, j’interprétais un rôle, ce n’était pas seulement mon jeu qui était comique mais la situation. C’est vrai que j’ai cette dimension d’humoriste que j’utilisais pour faire évoluer mon personnage.

 

5) Tu es donc autodidacte ?

Absolument. Je n’ai fait aucune école de théâtre.

Pour l’interprétation, je ressens les choses. Sur la mise en scène de ma commère Alfred. On avait un metteur en scène métropolitain non créolophone. Il avait les traductions et tout ce que je proposais, il le validait.

Bien sûr, j’ai aussi appris de lui. On apprend tous les jours, sans cesse, c’est important dans ce métier.

Je regarde aussi comment les jeunes travaillent, ce que je peux améliorer sur mon jeu de comédien.

 

6) L’humilité est importante dans ton métier de comédien ?

Oui car je suis vrai. Quand je joue et que je ne suis pas satisfait à 100%, je me remets en question, sur ce que j’aurais pu faire différemment, même si le public ne s’en rend pas compte.

J’ai hérité de cette exigence avec mes parents donc la rigueur de Jean pierre Sturm sur Ma commère Alfred était normale.

Quand Il faut bosser, je le fais.

7) Le fait d’être autodidacte, est ce que ça t’a freiné dans tes ambitions de comédien ?

Pas du tout. Je vais dans tous les challenges.

La passion me guide tellement que je fonce avec le cœur. J’arrive à relever les défis plutôt avec succès.

8) Que penses-tu de la nouvelle génération d’humoriste, qui débute sur le net et remplis des salles ? (ki jenw trouvéy, Gilles Saint Louis, Matt le Buzz etc…)

 Ils vivent avec leur temps. Ils ont un autre moyen de communication, internet, que nous n’avions pas à notre époque. Certains sont bons et d’autres non.

Il y en a qui ont de l’avenir, et j’encourage même ceux qui n’en n’ont pas également.

L’audace et l’ambition sont aussi les clefs de la réussite. Si on est audacieux et qu’on bosse, on peut devenir bon. 

C’est vrai que certains ont cette fibre naturelle qui les fera sortir du lot.

 

La nouvelle génération d’humoriste: ki janw twouvéy

9) Tu joues dans « Embrasse moi, c’est fini » de Christelle londero. C’est ta 1ère pièce de théâtre où tu joues exclusivement en français

Quel est le sujet de la pièce ? Pourquoi c’était un challenge pour toi ?

Embrasse-Moi, c’est fini, c’est l’histoire de Louise, architecte qui organise un dîner avec des amis pour quitter son compagnon. Tout ne se passe pas comme prévu…

La pièce traite des relations amoureuses bien sûr mais aussi des amitiés, on pense se connaitre mais finalement pas tant que ça. 

Jouer cette pièce est un challenge car le public m’a toujours connu en créole, Pawol pou ri, Rigobè é Dédét, etc…

Il y avait cette appréhension que ce ne soit pas la même chose en jouant uniquement en français.

Les situations sont drôles. L’écriture de Christelle est très bonne. Le fait d’avoir joué en Guadeloupe avec le succès qu’on a eu, c’est bon, on peut même aller jouer en Alaska, (rires).

 

10) Le public de Guadeloupe est exigeant. Quand il aime, il le dit et quand il n’aime pas on le sait aussi. C’est vraiment le public test ?

Oui en effet. C’est ce que je disais à Christelle, quand on aura joué en Guadeloupe, on saura vraiment ce que vaut la pièce. On a fait des corrections pour ce qui ne passait pas. C’est un vrai test de jouer en Guadeloupe.

11) Selon toi, quelle est la spécifité de la comédie antillaise ?

Il y a plus de gestuelle, plus de mimique. En parallèle, le théâtre de l’hexagone, le ressort comique est  plus dans la situation et les mots. En Guadeloupe aussi finalement mais, il ne faut surtout pas traduire mot à mot le créole en français. Ce n’est pas la même force. 

Dans la pièce embrasse-moi c’est fini, Christelle a réussi à combiner les deux. Nous avons une italienne Sara et un suédois dans la troupe et 3 antillais, dont le seul à vivre en Guadeloupe. 

Je venais sur Paris pour les répétitions. D’ailleurs pour la petite info,  une autre pièce a déjà été écrite, et on bosse déjà dessus.

 

12) A l’instar de Kad Mérad, humoriste qui a joué des rôles plus sérieux, voudrais-tu jouer du dramatique ?

 

Non, je n’aime pas le dramatique. Le non comique pourquoi pas mais je vais privilégier l’humour. Je ne me vois pas jouer une pièce cérébrale. Je préfère apporter du bonheur aux gens. D’ailleurs ça se vend mieux, c’est plus populaire. Les gens ont besoin de se relaxer, d’oublier leurs soucis, le rire est une thérapie dont les gens ont besoin.

 

Merci à Pascal Moesta pour cet interview,

Retrouvez l’actualité de la pièce Embrasse moi c’est fini sur facebook: la vie en scène.

 

 

Tête à tête avec Misié Sadik

Tête à tête avec Misié Sadik

Misié Sadik nous revient avec un album salué par la critique et encensé par le public. « AN SILANS » qui s’est hissé en tête des ventes dès sa sortie. Confidence avec un artiste authentique et engagé qui ne cesse de surprendre.

 

Peux-tu te présenter ?

Mickaël MARAGNES, dans la trentaine on va dire. Je vis à Dupré Ste-Anne, en Guadeloupe et je sors tout juste mon troisième album qui s’intitule An Silans. Je suis depuis une bonne dizaine d’années dans la musique.

1) Que représente la musique pour toi ?

 

Pour moi la musique c’est l’essentiel. Ça commence déjà par les battements du cœur. Je crois qu’on ne peut pas vivre sans musique. Je dis souvent que lorsqu’on entend certains morceaux, ça nous rappelle des moments précis de notre vie. Et il n’y a rien d’autre qui peut faire ça.

C’est également pour ça qu’on utilise la musique pour essayer de ralentir par exemple la dégénérescence du cerveau des gens qui sont atteints de la maladie d’alzheimer. On utilise d’anciens morceaux pour essayer de les aider. 

« La musique c’est magique et c’est toute ma vie ! »

2) Tous tes albums respirent la Guadeloupe, inutile donc de te demander si tu es influencé par ton île. Est-ce que ce choix de t’affirmer en tant que chanteur Guadeloupéen, chantant en créole, n’a pas été une difficulté supplémentaire dans ta carrière ? As-tu douté de ce choix ?

Mes albums ne respirent pas uniquement la Guadeloupe.

Je vis en Guadeloupe, certes mais il n’y a pas que les Guadeloupéens qui se retrouvent à travers ma musique.

Ma musique est une traduction de la vie et permet aux gens de voyager, quelques soit leurs origines.

« Je fais partie de ces artistes qui ont choisi de se sacrifier »

Je n’en veux à personne. Je sais que j’aurais pu avoir un autre succès. C’est ce dont je parle dans Popilè (Populaire), premier extrait de l’album An silans.

Je ne me considère pas moins bon artiste que mes collègues qui ont d’autre carrière. Simplement j’assume mon choix de faire de la musique en Créole, de faire de la musique qui soit vraie, parce que j’ai besoin que ma musique soit utile.

Aujourd’hui je multiplie les actions sociales, je crois qu’on me considère comme plus qu’un artiste. On me voit comme un acteur social important.

Je ne peux pas faire de la musique uniquement pour me remplir les poches, la musique doit être autre chose que ça. C’est cette vision là que j’ai de mon art. C’est pourquoi je vis bien le fait que ma progression soit ralentie par ce créole là, par cet attachement à mes racines.

J’aime bien préciser aussi que quand je parle d’attachement à mes racines, ce n’est pas de la petitesse d’esprit, au contraire. Je sais que je dois me battre deux fois plus que les autres, c’est du courage et ça il faut que les gens le comprennent. Je sais ce que je fais, même si c’est vrai qu’il y a des moments de doutes.

Je me demande parfois pourquoi je fais ça. Je pourrais faire comme d’autre artistes et vivre différemment, avoir un autre succès. Mais en même temps je me dis qu’on passe un petit moment sur Terre, alors pourquoi ne pas faire les choses comme on le sent. Moi j’ai besoin de ça, j’ai besoin de pouvoir me regarder dans le miroir le matin. Je suis quelqu’un d’assez joyeux, d’assez bien donc je n’ai pas de soucis par rapport à ça.

3) En écoutant des titres comme La lettre, Tiery  ou encore Ti tren la, on réalise que certaines de tes connaissances ont quitté le droit chemin, et que ta vie aurait pu être différente. Qu’est ce qui a fait la différence pour toi ? Qu’est ce qui peut faire la différence aujourd’hui dans la vie d’un jeune Guadeloupéen ?

La musique m’a pas mal aidé, puisque la période sensible c’est collège – lycée, et j’ai commencé à faire de la musique à ce moment-là. Chaque jeune est différent, à mon époque ils étaient déjà différents de ceux dont je parle dans mes chansons. Parce qu’ils sont plus jeunes, ils sont encore plus sous l’influence de la télévision, du portable, des amis, de la musique aussi.

J’ai écouté certains morceaux de rappeurs français à l’époque, quand j’étais au lycée, qui donnaient une certaine direction de vie. Ils parlaient de la réalité de la rue. Ils nous faisaient comprendre des choses, mais à aucun moment ils ne nous influençaient du mauvais côté.

Ensuite, bien évidemment l’éducation y est pour beaucoup. L’entourage aussi. J’ai eu la chance d’avoir des amis qui n’étaient pas mauvais. Je ne me rappelle pas avoir beaucoup lutté pour faire des choses positives auprès de mes amis.

Il est vrai que j’ai une forte tête aussi ! Lorsqu’on me disait d’aller à gauche, j’aillais à droite. C’était compliqué de me forcer à faire quelque chose que je ne voulais pas faire, je n’ai jamais été quelqu’un d’influençable.

Et jusqu’à présent, ça se ressent dans ma musique, parce que je suis toujours à contre-courant de ce que la majorité fait.

« Je n’ai pas peur de dire non à un projet qui ne me ressemble pas. »

 

Je crois que c’est ça aussi, cette force que certains n’ont pas de dire non, « je n’ai pas envie de fumer avec toi » ou « je n’ai pas envie de boire avec toi », « je n’ai pas envie d’aller cambrioler avec toi ». Il y a des jeunes qui disent oui et se pensent forts à ce moment-là, mais c’est de la faiblesse. Je crois que ça, ce n’est pas une question d’éducation, mais de personnalité. Et ça a été ma grande chance. J’ai un peu dévié quand même, j’ai fait beaucoup de bêtises comme toute le monde mais qui n’ont pas eu de lourdes conséquences.

 

4) On a cité Ti tren la, extrait de ton dernier album An Silans (que Naëlla de Créoletrip recommande vivement !). Tu en dis tellement sur cet album qu’on est obligé de te demander pourquoi ce titre ?

 C’est un contraste, ce n’est pas dans la forme que les choses doivent se faire c’est dans le fond. Ce n’est pas celui qui en dit le plus qui en sait le plus forcément. Et c’est ce contraste-là qui était intéressant. An silans c’est aussi la maturité, la recherche de quiétude. Justement on a parlé du son de la mer, du bruit des vagues. Je crois qu’à un moment quand on écoute on se tait. C’est un peu tout ce qu’on a voulu représenter à travers ce titre, An silans, pour dire qu’on se tait, on dit et fait ressentir les choses. C’est vraiment ce que je voulais dégager. On voit sur la pochette de l’album que devant je me tais et qu’à l’arrière il y a un cri et il a beaucoup de choses qui sortent de ce silence. De toute façon, tout commence par le silence !

 

5) De quoi es-tu certain aujourd’hui ?

Je suis sûr qu’il y a une clé au bonheur et c’est l’amour de son prochain. Je suis sûr et certain que si on apprenait à mieux vivre ensemble, on vivrait tous mieux.

Je n’ai pas tellement plus de certitude que ça mais je crois que l’amour c’est important.

 

« Ce sont je suis sur c’est que l’amour c’est la clé »

6) Quels sont tes projets, tes aspirations, pour les années à venir ?

Je ne me projette jamais trop loin. Mais d’un point de vue musical, je vais déjà essayer de faire une bonne promo à l’album An silans. On prépare le concert du 21 octobre au Palais des Sport du Gosier. Et j’espère l’Olympia l’année prochaine… Et continuer step by step sans jamais être trop pressé, pas à pas.

J’essaie d’aller étape par étape et je suis souvent surpris de voir qu’en n’étant pas pressé, il y a des boulevards qui peuvent s’ouvrir à moi. Je fais donc confiance au Karma, on appelle ça comme on veut, j’ai confiance dans l’avenir, je sais que les choses vont se faire !

L’album AN SILANS est à télécharger d’urgence sur toutes les plateformes légales de téléchargements

Facebook Misié Sadik 

 

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Facebook Misié Sadik

Lovely Otvas, de Marie Galante à l’excellence littéraire

Lovely Otvas, de Marie Galante à l’excellence littéraire

L’excellence n’attend pas le poids des années. C’est ce que je retiens du parcours de Lovely Otvas.

Découvrez cette jeune femme d’origine marie-galantaise qui a rêvé grand et s’est donné les moyens de reussir.

 

Peux-tu te présenter ?

Je suis née à Grand-Bourg de Marie-Galante mais j’ai habité Grand-Camp jusqu’à mes 15 ans, puis la Basse-Terre pendant mes années de prépa.

Ce qui me détermine c’est l’amour que je porte à la Guadeloupe et au Gwoka. Nous n’imaginons pas la chance que nous avons. Elle nous raconte sa Guadeloupe ici. 

J’aime aussi enseigner, enrichir l’autre en lui apportant des connaissances nouvelles voire le pousser à trouver les réponses en lui. Enseigner est une vocation chez moi, c’est ce que j’ai toujours voulu faire professionnellement.

 J’enseigne à l’École Pratique des Hautes Études en master les lettres classiques à savoir le grec et le latin. Je suis diplomée de l’École Normale Supérieure (ENS), et je suis également chercheuse.

1) Qu’est ce qui t’as poussé à choisir ce parcours ? As tu toujours été sûre que c’était le bon?

J’ai toujours voulu enseigner et j’ai toujours aimé les lettres. Quand j’étais en Terminal, mon professeur de français m’a conseillé d’aller en prépa littéraire. En allant me renseigner dans un centre d’orientation j’ai découvert que cela était tout à fait en accord avec mon projet. L’Ecole Normale Supérieure de Paris est sûrement le meilleur endroit où préparer l’agrégation de lettres. Intégrer cette école est donc vite devenu mon objectif.

Continuer en thèse n’a pas été une évidence. Au début lorsque mon directeur m’a proposé de faire une thèse sous sa direction à la fin de mon master j’ai refusé poliment en disant que j’allais y réfléchir mais que ce n’était pas dans mes projets. Finalement j’ai suivi cette voie pour accroître mes compétences et connaissances mais aussi pour toucher au monde de la recherche et de l’enseignement supérieur.

« Je suis sûre d’avoir fait le bon choix parce que j’aime ce que je fais. »

2) Être une jeune femme Guadeloupéenne a t il été une force ou une faiblesse pour la réussite de tes études?  Pourquoi ?
Je faisais parfois du fait d’être guadeloupéenne une faiblesse en me disant que les objectifs que je visais étais trop éloignés (notamment géographiquement) et trop ambitieux. Je pensais qu’ils étaient inatteignables parce que je partais de loin. Arrivée en France, j’ai eu du mal à me sentir à ma place à l’École Normale Supérieure. J’étais la seule noire de mon département, j’étais la seule à venir d’aussi loin. Psychologiquement, c’était difficile.

En revanche être guadeloupéenne a surtout été un avantage. Dans la culture guadeloupéenne, en particulier dans le gwoka, j’y ai puisé ma force, ma détermination et ma persévérance. On ne réalise pas à quel point notre culture est puissante.

Et pour la petite anecdote, le jour des résultats de l’agrégation, je suis allée voir un membre du jury qui avait assisté à deux de mes épreuves orales pour avoir ses impressions et ses critiques. Il m’a dit que mon accent l’avait marqué et qu’il s’était rendu compte qu’il contribuait à donner de la vie à mes passages à l’oral. Ce fut une agréable surprise. Beaucoup pensent que leur accent n’est pas à leur avantage. Méfions-nous !

C’est une photo photo spéciale pour moi car je l’ai prise en salle des professeurs à l’École Pratique des Hautes Études, juste avant d’effectuer mon tout premier cours de grec, en l’occurrence au niveau master.

3) Quels sont tes projets professionnels,  personnels? Où et comment te vois tu dans 10ans ?

Dans dix ans, je me vois enseigner en Guadeloupe, monter des projets pour accompagner les jeunes qui veulent réussir, publier…

Sur le plan personnel, je m’imagine mère de famille, toujours aussi ancrée dans le gwoka. C’est important…

« N’ayez pas peur de viser l’excellence »

Que voudrais tu dire  aux jeunes Guadeloupéens qui aspirent à un parcours  aussi prestigieux que le tien ?
 

Un mot pour la fin ?

Mon mot de la fin est une citation de Guy Tirolien, poète guadeloupéen :

« à force d’amour,

demain il fera jour »

 

Propos receuillis par Naella

Découvrez le Raconte moi TA Guadeloupe de Lovely ici. 

 

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Lovely Otvas
Fabienne Youyoutte, assouvit tous les désirs de nos palais

Fabienne Youyoutte, assouvit tous les désirs de nos palais

Fabienne Youyoutte a l’art de contenter tous les palais, de monsieur tout le monde aux ministres, des résidents aux visiteurs de passage. Elle fait fondre la Guadeloupe entière grâce à ses glaces aux parfums aussi exquis qu’insolites, ses mignardises et autres pâtisseries.

Je vais vous délivrer un message important, si vous êtes en Guadeloupe et que vous n’avez pas gouté les glaces de Fabienne, vous avez raté votre vie ou vos vacances sur l’île. En tant que grande gourmande, j’exagère à peine !

Les désirs du palais se situe à Pointe-à-pitre et Ste Anne !

 Découvrez sans plus tarder Fabienne Youyoute, cette femme talentueuse, généreuse et son secret d’excellence.

Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

– Je suis Fabienne Youyoutte, jeune Guadeloupéenne, 43 ans, qui valorise les produits de son terroir, parce que j’estime qu’on est très riche en saveurs, on n’a rien à envier aux autres ! Je suis Fabienne la Créole, artisan-glacier patissier !

Pour une femme, dit-on « glacière » ou « glacier-pâtissier » ?

– On dit « la glacière » ici- . Mais comme j’ai plusieurs cordes à mon arc, je fais des pâtisseries, des glaces, et des chocolats.

A quel moment vends-tu le chocolat ?

– Plutôt en décembre-janvier, une petite gamme parce que je n’ai pas beaucoup d’espace. Je fais des mendiants, des rochers. J’essaie de valoriser les fruits et les légumes qui sont en voie de disparition, de les faire revivre. Je fais les gens vivre à travers mon enfance. J’ai été élevée à la campagne, par ma grand-mère.

Je me rappelle quand j’allais couper la canne avec ma grand-mère en petite jupe avec mon petit sac, je l’a suivais en la tenant par sa robe. Quand les gens mangeaient des biscuits, nous c’était la farine de manioc parce qu’on n’avait pas de gros moyens.

Il n’y avait même pas de coco dedans ?

– Non, elle mettait simplement du lait et du sucre de canne dedans. Quelquefois, on mangeait le Kilibibi : du maïs, de la cacahuète qu’on écrasait avec une bouteille sur du papier, dans lequel on mettait du sucre de canne et qu’on mangeait. Ca m’est resté. Je crée des parfums inédits, qui me rappellent mon enfance.

Tu fais revivre ton enfance et ton terroir avec les glaces. Est-ce la même chose avec tes pâtisseries ou bien y trouve-t-on des goûts plus traditionnels ?

– C’est un peu la même chose. Même dans les petits gâteaux, vous allez retrouver le kilibibi, le manioc, la banane… Il y a tellement de choses à faire (rire) ! On est tellement riche en saveurs. Et les métros ne les connaissent pas.

Certains Guadeloupéens non plus !

Ce dont je suis fière, c’est qu’une nouvelle génération découvre ces goûts qu’ils n’ont jamais connus et y adhèrent très bien ! Ils apprécient énormément. Je fais tellement de choses !

Dans ta gamme de chocolats, que trouve-t-on de particulier ?

– Du chocolat au piment, des mendiants auxquels je rajoute des morceaux de pommes malaka que j’ai fait cristalliser, des bouts de fruits séchés, ça change des pistaches qu’on y met habituellement !

Au niveau de l’inspiration, tu essaies toujours de trouver quelque chose ; ta marque de fabrique, c’est une touche d’insolite et des produits du terroir ?

C’est selon mon inspiration. Je suis incapable de te dire d’où ça sort ! Je suis inspirée et je fais. On m’a déjà posé la question, je suis incapable de l’expliquer. Ca vient comme ça, naturellement. Je fais des associations fruits-légumes, ça fonctionne très bien.

Je remarque que les parfums que tu proposes sont complètement atypiques. LKP*, par exemple, c’est quoi exactement ?

LKP, c’est la composition pétillante. Le nom m’est arrivé avec l’inspiration ! Parce que le chocolat pétille en bouche. Au contact de la salive, il éclate, ça fait tac tac tac tac ! D’où le nom.

*LKP: Nom insolite pour une glace car c’est le sigle de lyannaj kont pwofitasyon, rassemblement d’associations et de syndicat contre la vie chère en 2009.

Fabienne me montre une photo…C’est le ministre de l’intérieur avec sa glace dans la main !

– Il a goûté devant moi la canne à sucre, le corossol giromon, la mangue-litchee…

Je ne m’y attendais pas. C’était une belle surprise ! Je devais juste aller livrer de la glace à l’aéroport…

En ce qui concerne l’originalité des parfums, essaies-tu de les renouveler en permanence ou bien décides-tu de fabriquer des parfums spécifiques pour une saison ?

– J’utilise les produits de saison. Par exemple, en ce moment (Octobre), j’ai de la cythère.

Nous venons d’évoquer le parfum LKP, peux-tu me décrire tes glaces phares, tes parfums-stars ?

Coco la Veuve, la farine de manioc, le Kilibibi

 

« Coco la Veuve », il faut aller le chercher, ce nom !

– C’est à base de patate violette (pomme de terre vitelotte) ; elle est blanche et violette. Le nom m’est venu comme ça ! Ici, en Guadeloupe, le violet est signe de mort, on en a peur ! Or, dans l’hexagone, le violet c’est beau ! Mais ici, ouh là là !… Ca commence à changer un peu mais ce n’est pas encore ça.

Quoi d’autre… la canne à sucre, ça c’est très bon ! Ce n’est pas évident de fabriquer une glace à partir de cet ingrédient parce qu’il est liquide, il ne donne pas un jus liant… c’est compliqué !

Est-ce l’ingrédient le plus difficile à travailler parmi les parfums que tu proposes ? 

– Chaque glace a sa texture. Par exemple, en ce moment, c’est la période de l’avocat, donc je propose de la glace à l’avocat, c’est très bon. Ce qui est intéressant, c’est de la mélanger à une boule coco ou trois-épices. C’est vraiment très onctueux, très crémeux.

Depuis combien de temps as-tu ouvert ta boutique de glaces ?

– Ca fait onze ans.

En tant qu’entrepreneure, depuis que tu as commencé, quelle est ta plus grande satisfaction ?

– Que les gens osent goûter autre chose que le coco. Quand vous parlez de glace à un Guadeloupéen, il ne connaît que le coco. Coco, fraise, pistache, chocolat, rhum-raisins, c’est tout ce que les gens connaissent.

Il y a onze ans de ça, lorsque j’ai commencé, je ne maîtrisais pas la glace au coco. J’ai mis cinq ans pour réaliser une glace au coco ! Du coup, j’ai décidé de ne pas en vendre. Tu ne maîtrises pas, tu ne fais pas ! Je me suis fait lessiver, insulter… « Comment ? On est en Guadeloupe et on ne peut même pas avoir de glace au coco ? Vous devriez fermer ! »… Je me suis battue, je suis restée malgré tout, j’ai suivi mon idée, j’ai travaillé et les clients ont fini par adhérer.

As-tu eu l’impression que ta notoriété avait explosé récemment ? T’es-tu dit « ça y est, ça prend bien, les gens adhèrent vraiment » ?

En fin de compte, je suis quelqu’un qui ne voit rien. J’ai la tête dans le guidon. Personne ne venait acheter chez moi. Ca a duré quatre ou cinq ans. Je ne faisais même pas un euro par jour !

Et malgré ça, tu as tenu bon alors qu’il y avait des charges à payer ?

C’est grâce à mon mari, à mes parents qui m’ont soutenue. Il y avait comme un mur devant chez moi, les gens n’achetaient pas… Maintenant, les gens viennent, ça me fait plaisir mais je suis toujours en train de mener des recherches, de me perfectionner parce que c’était dur cette période et c’est resté gravé dans ma tête. C’est bien qu’il puisse y avoir du monde maintenant, que les gens apprécient, mais c’a été très difficile !

Comment te perfectionnes-tu ? 

Je vais me former mais ce n’est pas satisfaisant. Je suis allée faire un stage une fois à Paris, dans une très grande école. Il s’est avéré que je n’ai rien appris. Je l’ai dit franchement à mon formateur. Il m’a remboursée.

Tu te perfectionnes par toi-même donc…

Dans ce domaine, c’est un apprentissage au jour le jour, en fonction du produit que l’on travaille. On a une base, on marche au feeling. On ne crée rien, on n’invente rien mais on agrémente à sa sauce, selon son feeling, son style, son propre goût. La chance que j’ai – et je le dis tout le temps – , c’est que les gens apprécient mon palais.
Néanmoins, c’est très important dans ce métier de se perfectionner car on est vite dépassé. Celui qui se croit assis sur ses lauriers, il doit prendre garde parce que ça va très vite ! On a des jeunes qui viennent ici, ils sont au taquet. C’est pour cette raison que je me mets toujours à la page, que je me forme en permanence. Je me perfectionne mais la base est toujours là.

Et ce, sur les deux domaines ? La glace et la pâtisserie ?

– Glaces, pâtisserie, je fais même des confitures ! On est riche en saveurs donc je valorise les produits locaux.

 

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Est ce que ça t’a donné de l’humilité d’avoir connu ces cinq années de « disette ». Ca t’a fait prendre du recul par rapport au succès que tu as maintenant ?

– Je n’ai pas conscience d’avoir du succès. Pour moi, tout a toujours été difficile. Je n’ai jamais rien eu « comme ça ». J’ai toujours ramé trois fois plus pour l’avoir. Je suis habituée. Si j’obtiens quelque chose facilement, je me dis qu’une difficulté m’attend derrière. Je vois des gens pour qui tout est facile. Pas pour moi, je n’ai jamais rien eu en claquant des doigts.

 

Est-ce que tu penses que le fait d’être une femme t’a servi ou pas spécialement ?

– C’est particulier en Guadeloupe…Si vous arrivez en Guadeloupe, vous arriverez n’importe où dans le monde !

Donc on trouvera bientôt tes boutiques à Paris, comme Ladurée…

– C’est un rêve, un souhait ! L’homme propose, Dieu dispose. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve. Si les gens apprécient, ça me fait plaisir. L’important pour moi, c’est déjà de faire découvrir aux gens ce que l’on a par ici. Parce qu’on nous parle de Madagascar, or on a de super gousses de vanille ici ! On nous parle du Japon…

Pour moi, la réussite, c’est d’abord de valoriser et de faire aimer les produits de chez moi. C’est ça le plus important.

 

J’ai déjà lu des commentaires qui disaient « Franchement, on aimerait avoir la même chose en Martinique ! » Tu ne l’envisages pas ?

– Le problème, c’est qu’il ne faut pas courir dans tous les sens. Il faut avoir la tête sur les épaules et moi je ne cours pas comme un cheval-bois ! Parce que quand on monte, c’est bien mais on peut redescendre aussi vite. Et plein de personnes souhaitent vous voir redescendre.

Chaque fois que je crée un parfum, je veux que ma création soit solide, que même si un ouragan survient, je ne puisse pas tomber ! J’ai duré onze ans. Au début, je préparais et vendais les glaces, les chocolats et les pâtisseries toute seule ; je n’avais qu’une vendeuse. Aujourd’hui, j’en ai quatre. On est huit en tout, devant et derrière les fourneaux. C’est déjà bien !

Je pense qu’en Novembre, on ouvrira un deuxième point de vente sur la plage de Sainte-Anne.

Tu vas donc fabriquer ici et vendre ici et dans l’autre point de vente ?

-Je prévois d’avoir une petite équipe de production là-bas.

Du coup, ça te demande de les former ?

C’est ça le problème, souvent les apprentis viennent chercher le savoir-faire chez moi et après ils partent. Mais dans ce métier, on ne peut pas tout faire tout seul. Ce qui est important, c’est qu’ils n’ont pas ce que j’ai dans la tête. Je l’ai bien remarqué pendant mes stages. La touche finale, elle t’appartient.

Concernant ton implantation dans ce secteur, quelle est ta plus grosse difficulté ?

D’être femme, parce que c’est un milieu d’hommes. Je ne fais pas que de la pâtisserie. Je suis aussi diplômée en boulangerie. Je projette de mixer les deux produits. Dans ce domaine, il faut toujours être à la pointe, en avance. Ton cerveau doit toujours fonctionner parce que ça va très vite et tu es vite dépassé.

Concrètement, tu n’as pas de concurrent qui t’arrive à la cheville en Guadeloupe ?

Pour l’instant, j’estime que je n’ai pas de concurrent mais je me remets toujours en question. Prends garde à celui qui est sûr de lui. Je prends toujours l’exemple du lièvre et de la tortue. Je suis lucide. Même s’il y a de la concurrence, je ne m’en occupe pas. Je ne regarde pas ce que font les autres. Ce que je donne, ça vient de moi.

Franchement, tu dis que tu n’as pas conscience de ton succès mais ça marche ! Je ne connais pas tes chiffres, tes charges, bien sûr, mais j’ai l’impression que tu as beaucoup de succès ! Tu innoves, tu surprends toujours les clients !

C’est vrai que l’originalité est payante. On me dit bien « Vous vous rendez compte, vous vendez des glaces dans un tout petit coin perdu, à Pointe-à-Pitre (où personne n’a envie de venir), et les gens viennent de partout et font la queue pour vous acheter des glaces ! ». C’est vrai que je n’aurais jamais imaginé ça. Quand je sers ici le dimanche, j’ai la tête baissée, je ne regarde pas forcément la queue dehors. L’avantage que j’ai aussi, c’est que je suis à la fois vendeuse, boulangère, pâtissière, glacière, je fais de tout ! Je pense que c’est ma force.

Que pourrais-tu dire aux gens qui voudraient se lancer, qui voudraient réaliser leurs rêves ?

– Si vous croyez en votre rêve, foncez ! Quoi qu’il arrive, allez jusqu’au bout. Même si on vous dit « non, ça ne marchera jamais ! ». Nul ne peut sentir son projet mieux que soi.

Et toi, c’est ce que tu as fait pendant ces cinq premières années…

– J’étais en galère ! Je n’arrivais pas à comprendre…Vous imaginez monter un magasin, ne faire que deux euros à la fin de la journée et devoir payer l’URSSAF ! J’avais un deuxième boulot, j’étais responsable d’exploitation à Marché Conseil. Mon salaire passait dans le loyer du local. Mais ça paye un jour…

Tu as bien fait de tenir…

– Mais ce n’est pas évident, je peux te dire que c’est dur, même maintenant?  parce que je suis très exigeante envers moi-même. Je ne dis pas que ça ne va pas, je ne suis pas en train de pleurer ! Mais ce n’est jamais comme je voudrais…

Les clients ne se plaignent pas de l’exigüité de ta boutique de Pointe-à-Pitre ?

– Si. Tout le temps, ils disent que c’est trop petit, qu’il faudrait agrandir. Mais je trouve que c’est ce qui fait le charme particulier de cet endroit !
Ce qui est bien aussi, c’est qu’il y a chez moi toutes sortes de gens : avocats, médecins, voyous, dealers… Tout le monde fait la queue et attend son tour ! Personne ne rouspète.

De plus en plus de touristes viennent aussi te voir…

– Oui, de plus en plus, recommandés par le Guide du Routard, les réseaux sociaux et les bloggeurs.

 

Fabienne Youyoutte incarne l’excellence dans son domaine, si son portrait vous a plu, merci de partager l’article ! 

 

Pour déguster les délices de Fabienne, direction les désirs du Palais :

53 Chemin des Petites Abymes,
97110, Pointe-à-Pitre
Tel : 0590 88 54 40

11 rue Bastaraud,
97180 Sainte-Anne
Tel : 0590 48 57 33

 

 

Merci à Marie-Pierre pour la restranscription 😉

Crédit photo: facebook du désirs du palais

Siwoté (profiter de) la Guadeloupe autrement avec les expériences insolite de creoletrip.com

Ayden de Glam Ethnik, un concentré de talent et d’optimisme

Ayden de Glam Ethnik, un concentré de talent et d’optimisme

Ayden, d’origine Antillaise est une personnalité Panafricaine très plébiscitée en Afrique grâce à sa carrière d’animatrice télé. Présentatrice de nombreux événements internationaux prestigieux, elle a d’ailleurs été primée pour cet exercice. Sa marque de vêtements Glam Ethnik fait un carton, et participe à des défilés de mode dans toute l’Europe. Et pourtant, elle est d’une simplicité et d’une grandeur à la fois. La grandeur de ceux qui ont réussi et qui sont généreux dans la transmission. La grandeur dans sa vision d’un lien entre l’Afrique et les Antilles, retrouvé. Je vous laisse découvrir cette femme, citoyenne du monde, qui va au bout de ses rêves, que j’ai eu plaisir à interviewer.

Peux-tu te présenter ?

Je suis Ayden, j’ai plusieurs casquettes. Mon cœur de métier ce sont les médias, avec le présentation télé et d’évènements internationaux, de la production d’émissions également et créatrice de Glam Ethnik depuis officiellement 2 ans et officieusement 10 ans. Officieusement 10 ans car j’ai créé le nom de la marque à ce moment-là, avec 2 petits défilés, je fabriquais de façon assez artisanale avec ma machine à coudre avec l’inspiration qui me venait mais les activités télé ont vraiment pris le pas. A la naissance de ma fille, j’avais vraiment envie de créer de nouveau, avec l’envie de voyager un peu moins et d’entamer une sorte de reconversion même si la télé continue.

Tu es entre Paris, les Antilles et l’Afrique par rapport à tes activités professionnelles ?

Complétement. Je répartissais beaucoup mon temps entre L’Afrique sur tous les grands festivals de mode et de tournage d’émission, Paris où j’habite essentiellement, et les Antilles pour la famille. Maintenant il est vrai que la marque a pris un véritable essor aux Antilles d’abord où j’ai construit ma maison. Finalement, j’y suis tous les 3 mois.

Comment définis-tu la femme Glam Ethnik ?

La femme Glam Ethnik est clairement une femme active, souvent trentenaire, mais entre 20 et 40 ans, voir plus. Elle est bien dans ses baskets, a de l’assurance, a du pouvoir d’achat. Elle aime être lookée et en même temps elle aime avoir des habits tendances et fonctionnels. Elle doit pouvoir enchainer une réunion de travail, avec un diner en tête à tête ou un cocktail et en changeant d’accessoire ou de chaussure être une femme qui en jette sans jamais être too much.

Tu as débuté de manière artisanale. Comment se passe la production vu le succès de la marque ?

J’ai un fonctionnement de petite maison de couture. Je fais travailler plusieurs corps de métiers en collaborant avec différents ateliers parisiens. Je choisis les tissus et conçoit vraiment les modèles, pour certains j’accompagne le procces juste avant le montage. C’est-à-dire que je conçois, je découpe, je pré-monte le modèle et après je le donne à finaliser. Je finalise le patronage, avec une modéliste et ensuite on lance les petites séries. Je gère aussi tout ce qui est support de communication, notamment la tenue des supports web qui sont incontournables aujourd’hui, ainsi que des shootings photos pour la marque car les visuels sont très indispensables.

A part, le process de fabrication, tu gères tout le reste, seule ?

Oui. C’est plusieurs métiers en 1 avec notamment tout le volet commercial auquel je n’étais pas habitué. Les boutiques qui diffusent la marque sont un vrai soutien. Prenons l’exemple de la boutique des créateurs. Claudia la directrice a plus de 15 ans d’expériences dans la mode et la vente. Elle m’a mis le pied à l’étrier car l’aspect commercial n’était pas mon métier, ce qui fait pleinement partie du développement d’une marque.

Glam Ethnik est une marque de prêt à porter avec du sur mesure. Pourquoi c’est important pour toi de proposer ce type de service ?

Je dois pouvoir répondre aux besoins de toutes les femmes. Il est vrai qu’au départ pour des contraintes financières et en se lançant j’ai débuté entre du 38 et du 42 et je me suis vite rendu compte de ses limites. Notamment parce qu’aux Antilles la femme est pulpeuse. Paris, il y a plus des S et XS sur certains modèles et aux Antilles il y aura des demandes pour du 48 voire 50 parfois. Le sur mesure répondait à ce besoin.

« Aujourd’hui toutes les femmes peuvent s’habiller en Glam Ethnik. »

Ta marque a une identité visuelle assez Wax, est-ce toujours le cas aujourd’hui ?

Le Wax est présent mais je me tourne de plus en plus sur le Kenté et le Madras. Pour preuve, ma dernière collection, Vibration Créole, qui souligne le lien Afrique-Antilles, apporte une touche Caribéenne avec un madras modernisé.

Au début, ce n’était pas spécialement Wax, mais la tendance ethnique était là. J’ai toujours été attiré par des couleurs très primaires, vives, la touche d’or qu’on retrouve souvent dans mes modèles pour la touche glam. C’est vrai que ces dernières années le Wax est devenu très tendance. Pour moi, c’était plus une rencontre lors de mes différents voyages en Afrique pour les tournages d’émission où ce tissu m’a pas mal interpellé. Je me faisais faire des tenues régulièrement pour présenter les shows.

Les gens voulaient se les procurer sans savoir qu’elles n’étaient pas à vendre parce-que c’était mes créations. Au fil des demandes, je me suis dit qu’il était temps de se lancer. Vu l’attrait pour le wax ces dernières années, ça été aussi un booster pour ma marque.

J’affectionne le kenté, encore plus que le Wax, qui est un peu plus rare, avec une belle identité, on l’appelle l’étoffe des Rois. Car le modèle original est tissé. J’utilise surtout l’imprimé kenté et j’allie avec des matières assez nobles comme la soie, la dentelle pour éviter le total look. Je touche toutes les femmes donc on doit aller à Paris, Londres sans forcément être en total imprimé.  

Que penses-tu de la copie, phénomène assez répandu, au niveau des modèles dans la mode à tendance ethnique Wax ? Je pense au cas de Natacha Bacco par exemple.

C’est un problème réel mais relatif. Quelqu’un va voir tes beaux modèles sur le net, des filles vont se taguer en se disant je vais le faire chez mon tailleur. Pour avoir fait des tenues chez des tailleurs, je sais les limites en terme de finitions. C’est là où c’est important d’installer une identité pour ta marque. Mes clientes sont attachées à porter du Glam Ethnik. Elles savent qu’il y a une histoire et des valeurs derrière ma marque. Glam Ethnik symbolise le lien renouvelé entre l’Afrique et les Antilles. C’est très important pour moi car je trouve qu’il y a encore beaucoup de préjugés d’un côté et de l’autre.

L’Afrique est un continent qui m’a beaucoup apporté, touché, qui est une évidence.

Certes nous avons des origines multiples, amérindiennes, etc… mais clairement nos racines sont profondément africaines, donc j’y tiens. Pour en revenir à la copie, on dit que l’original n’égalera jamais la copie. A mon sens, ce n’est pas très grave. Ça ne nous empêche pas de vendre. Ce que je trouve dommage c’est que certaines plateformes de vente en lignes alimentent cela, car elles le savent et vendent quand même. C’est une question personnelle que chacun doit se poser.

On peut contraindre cela en étant dans l’innovation permanente dans le choix des belles matières. Quand tu installes ton identité et ta vision artistique on arrive à faire la différence. Il y a de la place pour tous, c’est comme un marathon. Ceux qui auront fait preuve de persévérance, de ténacité, de constance, feront la différence sur la ligne d’arrivée. Je crois à ces valeurs-là.

 

Tu gères Glam Ethnik, tu interviens encore à la télé. Comment fais-tu pour gérer toutes ces casquettes tout en étant maman ?

Comme plein de femmes actives, pas toujours bien mais de mon mieux. Pour moi ça passe par avoir une bonne hygiène de vie. Je ne bois pas, je ne fume pas, dès que je peux, je me couche tôt. Mes journées commencent tôt et finissent tard. Je pense avoir une vraie répartition entre ma vie professionnelle et personnelle. Par exemple, mes moments avec ma fille ou mon chéri je suis vraiment investie et quand je travaille mon implication est intense. Faire la part des choses, prioriser, l’hygiène de vie. Ce qui est bien avec le fait d’être entrepreneur, c’est que tu fais ce que tu aimes. Tu n’es pas dans un boulot alimentaire à compter les heures. Tu vis les choses différemment. Quand tu es épanouie je pense que ça rejaillie sur d’autres aspect de ta vie.

Finalement, il y a peu d’antillais qui ont ce lien avec l’Afrique notamment grâce à leur vie pro. Je pense à Claudy Siar, ou Malika Jean Francois. Qu’en penses-tu ?

Souvent, on m’a surnommé la plus africaine des antillaises. Ça me touche mais je pense que tous les antillais qui viennent en Afrique ne reviennent pas pareils. Beaucoup d’aprioris tombent, j’espère qu’un jour il y aura des compagnies aériennes qui feront la liaison parce c’est naturel. Les fruits, les légumes, on a énormément de lien commun. Encore plus sur les traits, les morphologies. Les antillais ne se l’imaginent peut-être pas, mais il y a beaucoup de métissage, des Africains peuls qui rappellent certains de nos métissages indiens. Ma grand-mère a des traits qui rappellent ceux des congolais. C’est très enrichissant. Il faut vraiment que ce lien se retisse au maximum.

Que dirais tu à ceux qui veulent se lancer dans l’aventure de la création ou de la télé et qui ont peur ?

J’avais discuté avec Malanine koné, le fondateur d’Airness. Il était berger au Mali et aujourd’hui son empire pèse 120 millions d’euros. Il avait un potentiel de champion de boxe. Suite à un accident, il s’est dit soit je reste cloué sur un lit d’hôpital et je reste un légume toute ma vie soit je me lance dans autre chose et je réussi. Il avait suivi Glam Ethnik qui tâtonnait car je faisais surtout de la télé à l’époque et il m’a dit, « le jour où tu vas lancer ta marque, tu seras obligée de mettre beaucoup de chose de côté car ça demande un investissement complet » et il a avait raison.

Aujourd’hui Dieu merci j’en vis, de mieux en mieux, la marque s’installe mais c’est un investissement H24. Mon meilleur ami a dit un jour « stay focus » reste focalisé sur tes objectifs. Ça veut aussi dire faire une chose à la fois, et de la faire à 100%. J’essaie de l’appliquer à tous les domaines de ma vie. Idem pour le kiff, en vacances, je vais bien manger, me balader à fond etc… C’est tout faire intensément. Même si c’est difficile mais ça paie.

 

Quels sont tes lieux préférés en Guadeloupe ?

Je suis clairement une fille de l’eau donc même si j’aime beaucoup la verdure en Guadeloupe, j’aime toutes les plages. J’aime beaucoup l’ilet du Gosier, Le moule, Port Louis. Ensuite j’aime bien être en contact avec des personnes âgées. Ils sont 3, on n’a pas de liens de sang mais je les appelle Papis et Mamies. C’est la Guadeloupe d’antan lontan, ils sont dans leur cases en tôle.  J’apprends beaucoup à leurs côtés et j’ai l’impression de redevenir une petite fille.

J’aime être en contact avec des personnes âgées, c’est très enrichissant.

J’aime cette Guadeloupe là, dans son authenticité.

Le portrait D’Ayden vous a plu ? Partagez-le !  

Des Idées cadeaux pour les fêtes   

GLAM ETHNIK Retrouvez les créations de Glam Ethnik pour le shopping de Noel, ce dimanche 17 Décembre à Paris( + d’infos sur la page facebook de Glam Ethnik).

En Guadeloupe, au show room des créateurs, à Grand Camp, Abymes.

En Martinique, le show room Thematik à Fort de France. Sur Paris, sur rendez-vous, plus d’infos sur la page facebook Glam Ethnik  Glam Ethnik a lancé ses premières chemises pour homme. Une belle idée cadeau !

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Un cadeau original pour les fêtes ?

Crédits photos: HappyMan Photography Page Facebook et instagram Glam Etnik
Myriam Maxo, une designer Badass au grand coeur.

Myriam Maxo, une designer Badass au grand coeur.

J’ai rencontré la Queen of Wax *, en pleine performance pour sa collaboration avec la boutique Optique Carnot. Fan de son travail, c’était une chance de la voir créer en live.

Myriam Maxo c’est une femme charismatique, une force, un style, beaucoup de talent. Et tellement plus que cela. 

L’interview a pris une autre dimension quand j’ai découvert la raison principale de son travail et ce qui lui tient vraiment à cœur. Découvrez Myriam Maxo une badass** qui n’a peur de rien !

 *Nom de Myariam Maxo dans le street art

** Dure à cuire

 

 

Peux-tu te présenter ?

Bonjour,

Je suis Myriam Maxo, architecte d’intérieur et designer. Mon travail consiste à égayer la vie des gens, dans leur lieux de vie, de travail.

Pourquoi c’est important pour toi d’égayer la vie des autres et comment tu le retranscris dans ton travail ?

Ça se fait grâce aux tissus que j’utilise, le Wax. Des tissus très colorés graphiquement, ça permet de libérer les esprits. On arrive avec des tendances chaudes, graphiques qui font des flash backs à l’enfance, des souvenirs personnels. C’est de cette façon que les gens peuvent se détacher de leur vie quotidienne et de leur stress.
J’ai des pièces emblématiques comme celle du Doudou qui permet chez l’adulte de le faire voyager, un retour vers l’enfance en quelque sorte.

En parlant de ton doudou, ça été l’œuvre qui t’as fait connaitre au niveau mondial notamment grâce à Beyonce. D’ailleurs, tout le monde t’en parles encore, ce n’est pas agaçant ?

Ça va, je le vis bien.
C’est vrai que ça été LE coup de pouce. Je ne vais pas cracher dans la soupe et faire ah non j’en ai marre qu’on me parle d’elle.
Mais c’est vrai qu’après 3 ans, j’aimerais qu’on parle plus de mon travail que le coup de projecteur de Beyonce.

© facebook Myriam Maxo

 

Comment ça s’est passé ?

Les Nubians ont transmis le Doudou et grâce à Dieu, elle a adoré ce que je faisais et en a parlé.
D’autres stars Américaines ont fait des photos avec le DD mais après Beyonce, qu’est-ce que tu peux faire comme promotion derrière ? (Rires.) C’est la Queen !
J’ai attendu avant de diffuser les noms et les photos des autres personnes avec qui j’avais bossé.
Il y a eu Janelle Monae, Jaydenna, Mos Def, Inna Modja, Ayo, Nekka qui a fait une tournée avec son doudou à Toronto et New-York.
Je les ai tous contacté au culot.

 Le culot, il n’y a que ça de vrai !

 

C’est une question de personnalité. Il faut aussi avoir quelque chose de bien à proposer quand on travaille avec des gens comme ça.

Quelles sont tes autres réalisations à part le Doudou ?

Là, je réalise une performance pour la vitrine de la boutique Optique Carnot. L’espace étant très petit, il faut que l’œuvre percute tout de suite. Je travaille généralement sur des toiles de 3 m de long.
Mon but c’est de faire une vitrine qui va représenter un personnage avec mes techniques de collage, en utilisant le cœur, symbole que j’utilise beaucoup dans le street art.
Ça permet d’avoir un lieu où mon travail est visible à Pointe à Pitre.
J’ai envie de faire d’autres collaborations en Guadeloupe avec des entreprises ou des institutions.

© facebook Myriam Maxo, oeuvre créé pendant l’interview

 

Ma technique de travail première, c’est la sculpture, notamment de la sculpture textile avec le doudou.
Je l’ai appelé doudou en référence à la culture caribéenne, le cher (e) et tendre, toujours présent pour nous. J’avais envie de transmettre cette émotion de la personne fidèle qui voit nos peines et nous soutient. C’est pour cela que j’ai créé cet objet-là.

Ma première sculpture de rue est une œuvre que de 2,2m qui s’appelle Totem. Elle est en bois et en textile, exposée à Sarcelles.

© facebook Myriam Maxo

 

Je suis la première personne au monde a réalisé des œuvres de street art à partir de textile, de wax précisément, et de collage.

J’ai aussi collaboré pour la création de graphisme avec Kazagami pour la maison solaire, la Corossol house, Nescafé pour les machines à café, Vittel, une collection capsule pour une marque de vêtement.

J’aime aller dans des choses qui surprennent, la où ne m’attend pas.

 

Tu pars aux USA pour des expos ou collaboration. Une exposition au Japon serait-elle envisageable? Ton Doudou est trop kawai (mignon).

C’est clair ! Il y a carrément des choses à faire au Japon.
Si les Japonais veulent bien de Myriam Maxo pourquoi pas. La culture asiatique m’intéresse énormément. J’ai la chance d’avoir une double culture car ma belle-mère est thaïlandaise. J’évolue aussi dans cette culture car mon travail est basé sur l’enrichissement de la culture asiatique, et africaine mêlé à l’occident.

Par exemple pour l’oeuvre Domino, qui porte le jeu traditionnel des îles.
Ce sont des tatamis japonais que j’ai visualisé avec le wax.
J’ai créé des tatamis africains multicolores.
C’est tout un carrelage de mosaïque.
J’ai également crée le kimono boubou qui mélange les deux tenues traditionnelles royales. Le kimono pour l’Asie et le boubou pour l’Afrique.
Vêtement aussi bien porté par des personnes royales que les gens du peuple. C’est ce qui m’intéressait. J’ai donc crée la fusion de ces 2 tenues.

NEWS EN EXCLUSIVITE
Il y a toute une collection qui s’appelle home cocooning by Myriam Maxo qui va sortir.
Ce qui m’intéresse c’est de permettre aux gens d’être bien quel que soit l’endroit.
D’avoir des vêtements qui s’adaptent à la maison comme une sortie en extérieur.
Il y a une mise à jour du site actuellement, toutes les œuvres seront accessibles à partir de septembre.

Tu as dit :  » Les rêves sont faits pour être réalisés. »   Myriam Maxo a-t-elle encore des rêves à accomplir ?

Mon rêve c’est de permettre aux enfants hospitalisés, dans des pays en cours de développement d’avoir accès à la peinture et au papier. C’est vraiment un de mes rêves profonds. J’ai vraiment envie d’apporter du soutien, aux personnes en difficulté, qui n’ont pas de familles pour leur apporter du matériel d’arts plastiques.
J’aimerais que tous les enfants du monde puissent dessiner. Ça parait quelque chose de simple et de facile. Mais finalement on donne beaucoup de vêtements, des médicaments mais ça crée des commerces parallèles, et n’aident pas les plus nécessiteux.
Dans l’esprit c’est je ne veux pas de ton poisson, mais je veux que tu m’apprennes à pêcher.

Avoir très tôt une notion de l’art et des rêves ça pourrait changer la donne.

J’ai envie à travers mon association, DD Nation, de permettre aux enfants qui passent en milieu hospitalier , qu’ils puissent avoir accès à ses rêves et les dessiner. De développer peut-être un amour pour l’art et devenir pourquoi pas un designer, un artiste peintre. Des choses qui paraissent très éloignées dans les pays en développement.
On n’a pas l’urgence de dessiner.
Comme je suis aussi formatrice en expressions artistiques, ça me tenait vraiment à cœur d’apporter ma pierre à l’édifice mais sous un autre angle.
Les enfants concernés sont en soins palliatifs, où ils n’ont pas accès à des anti-douleurs.

 

Quelles sont les actions de DD Nation en France ?

Oeuvre offert à l’Hôpital Necker
© facebook Myriam Maxo

En Décembre 2016, j’ai fait don d’une œuvre de plus de 4 m de long pour l’hôpital Necker par le biais de l’association.
L’objectif était que les enfants passant Noel à l’hôpital puissent être dans un lieu coloré et joyeux.
Cette année, il y a eu un don également pour le CHU de Pointe-à-Pitre.
Cette démarche me tient vraiment à cœur.
L’association est au stade de nom pour l’instant car je veux absolument qu’elle soit ouverte de Guadeloupe et je suis dans les démarches dans ce sens.
C’est important que l’asso vienne de Guadeloupe car on a souvent l’habitude de voir des choses qui viennent de l’occident.
J’avais envie de rappeler que depuis la Guadeloupe, c’est aussi possible de pouvoir aider les gens peut importe leurs origines.
L’important c’est de pouvoir aider des enfants.
Fin d’année, on pourra vraiment déployer nos actions à l’échelle mondiale.

 

Des rêves au niveau de ta carrière ?

Je pense que Dieu m’a donné beaucoup de choses, j’ai la santé. C’est déjà beaucoup.
Quand je veux faire quelque chose, je le fais, donc les rêves je n’en ai pas. J’ai plutôt des projets. Je fais c’est tout. Il n’y a pas d’alternative. Les rêves, c’est pour les autres. (rires)
J’avance avec la foi et le culot.

Tu n’as jamais peur ?

Je suis faite comme ça donc c’est facile pour moi. Je suis tombée dans la potion magique quand j’étais petite. (Rires)
J’ai une histoire commune avec beaucoup de caribéens. Nos aïeux n’ont pas eu une vie facile.
Ils ne pouvaient pas faire ce qu’ils voulaient ; donc est ce que c’est vraiment difficile ce que je traverse ? Non.
Partant de ce principe-là, je peux réaliser tout ce que je veux.

Maya Angelou disait : « N’oublie pas que tu es le rêve, l’espoir d’un esclave. »

C’est exactement ça ! Je vis tous les jours en me rappelant que ce que je vis c’est le bonheur que d’autres n’ont pas pu avoir.
C’est ce qui fait que je ne baisse pas les bras.
Il y a une autre citation de Maya Angelou qui me parle beaucoup, notamment par rapport à mon association :  » On oubliera toujours ce que vous avez fait, ce que vous avez dit mais on n’oubliera jamais ce que vous avez fait ressentir « .
Dans mon travail c’est permettre aux gens de ressentir des choses et de faire partie d’une aventure qui va aider d’autres personnes.

Faire ressentir ce genre de choses aux gens est un don et un vrai bonheur.

Créole trip permet de découvrir la Guadeloupe autrement grâce à des activités originales, découvrons la Guadeloupe de Myriam par ce: 

Myriam Maxo, Raconte moi ta Guadeloupe …express

 

Quels sont tes plats préférés ?

J’aime bien tout ce qui est à base de légumes pays : fruit à pain, igname, patate douce ainsi que les plats à base de lambis.

A découvrir absolument ?

La table est vraiment magique à Grotte an nou, à Pointe-à-Pitre, avec une mention spéciale pour leur poulet.

© facebook Myriam Maxo restaurant gwot an nou

Il y a aussi le Jet l’ancre, à Goyave. C’est un petit resto pas loin du port, avec du poisson c’est fantastique. L’ ambiance, est bonne, jeune et conviviale.

Un lieu que tu affectionnes en Guadeloupe ?

Je suis du Moule. Chez moi, on a tout. N’importe qu’elle Moulien te diras la même chose.
On a la mer, l’animation avec les restos, les bars. C’est même ouvert le dimanche, ce qui n’est pas le cas partout en Guadeloupe.
On a l’impression que c’est un monde à part.
Regarde Mas Moul’ massif qui a été repris dans d’autre ville. Tout part du Moule, rires.

 

Pourquoi es-tu fière d’être Guadeloupéenne ?

Je suis fière d’être un être humain avant tout mais en y réfléchissant, je suis très touchée par la solidarité guadeloupéenne. Les gens n’ont pas peur de féliciter les autres, de se donner la force.

Sé on lanmen ka lavé lot.

Je voyage fréquemment et je ne vois pas beaucoup de personnes comme ça.
Ça me fait plaisir.
La Guadeloupe c’est un petit paradis. J’adore ce qu’on mange ici.

 

Myriam aime la cuisine de Guadeloupe. Si vous aussi, surprenez vos papilles en réservant votre atelier culinaire sur creoletrip.com.

Le portrait de Myriam Maxo vous a plu ? Dites nous tout en commentaire et merci de partager l’article. 

 

 

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