Ayden, d’origine Antillaise est une personnalité Panafricaine très plébiscitée en Afrique grâce à sa carrière d’animatrice télé. Présentatrice de nombreux événements internationaux prestigieux, elle a d’ailleurs été primée pour cet exercice. Sa marque de vêtements Glam Ethnik fait un carton, et participe à des défilés de mode dans toute l’Europe. Et pourtant, elle est d’une simplicité et d’une grandeur à la fois. La grandeur de ceux qui ont réussi et qui sont généreux dans la transmission. La grandeur dans sa vision d’un lien entre l’Afrique et les Antilles, retrouvé. Je vous laisse découvrir cette femme, citoyenne du monde, qui va au bout de ses rêves, que j’ai eu plaisir à interviewer.

Peux-tu te présenter ?

Je suis Ayden, j’ai plusieurs casquettes. Mon cœur de métier ce sont les médias, avec le présentation télé et d’évènements internationaux, de la production d’émissions également et créatrice de Glam Ethnik depuis officiellement 2 ans et officieusement 10 ans. Officieusement 10 ans car j’ai créé le nom de la marque à ce moment-là, avec 2 petits défilés, je fabriquais de façon assez artisanale avec ma machine à coudre avec l’inspiration qui me venait mais les activités télé ont vraiment pris le pas. A la naissance de ma fille, j’avais vraiment envie de créer de nouveau, avec l’envie de voyager un peu moins et d’entamer une sorte de reconversion même si la télé continue.

Tu es entre Paris, les Antilles et l’Afrique par rapport à tes activités professionnelles ?

Complétement. Je répartissais beaucoup mon temps entre L’Afrique sur tous les grands festivals de mode et de tournage d’émission, Paris où j’habite essentiellement, et les Antilles pour la famille. Maintenant il est vrai que la marque a pris un véritable essor aux Antilles d’abord où j’ai construit ma maison. Finalement, j’y suis tous les 3 mois.

Comment définis-tu la femme Glam Ethnik ?

La femme Glam Ethnik est clairement une femme active, souvent trentenaire, mais entre 20 et 40 ans, voir plus. Elle est bien dans ses baskets, a de l’assurance, a du pouvoir d’achat. Elle aime être lookée et en même temps elle aime avoir des habits tendances et fonctionnels. Elle doit pouvoir enchainer une réunion de travail, avec un diner en tête à tête ou un cocktail et en changeant d’accessoire ou de chaussure être une femme qui en jette sans jamais être too much.

Tu as débuté de manière artisanale. Comment se passe la production vu le succès de la marque ?

J’ai un fonctionnement de petite maison de couture. Je fais travailler plusieurs corps de métiers en collaborant avec différents ateliers parisiens. Je choisis les tissus et conçoit vraiment les modèles, pour certains j’accompagne le procces juste avant le montage. C’est-à-dire que je conçois, je découpe, je pré-monte le modèle et après je le donne à finaliser. Je finalise le patronage, avec une modéliste et ensuite on lance les petites séries. Je gère aussi tout ce qui est support de communication, notamment la tenue des supports web qui sont incontournables aujourd’hui, ainsi que des shootings photos pour la marque car les visuels sont très indispensables.

A part, le process de fabrication, tu gères tout le reste, seule ?

Oui. C’est plusieurs métiers en 1 avec notamment tout le volet commercial auquel je n’étais pas habitué. Les boutiques qui diffusent la marque sont un vrai soutien. Prenons l’exemple de la boutique des créateurs. Claudia la directrice a plus de 15 ans d’expériences dans la mode et la vente. Elle m’a mis le pied à l’étrier car l’aspect commercial n’était pas mon métier, ce qui fait pleinement partie du développement d’une marque.

Glam Ethnik est une marque de prêt à porter avec du sur mesure. Pourquoi c’est important pour toi de proposer ce type de service ?

Je dois pouvoir répondre aux besoins de toutes les femmes. Il est vrai qu’au départ pour des contraintes financières et en se lançant j’ai débuté entre du 38 et du 42 et je me suis vite rendu compte de ses limites. Notamment parce qu’aux Antilles la femme est pulpeuse. Paris, il y a plus des S et XS sur certains modèles et aux Antilles il y aura des demandes pour du 48 voire 50 parfois. Le sur mesure répondait à ce besoin.

« Aujourd’hui toutes les femmes peuvent s’habiller en Glam Ethnik. »

Ta marque a une identité visuelle assez Wax, est-ce toujours le cas aujourd’hui ?

Le Wax est présent mais je me tourne de plus en plus sur le Kenté et le Madras. Pour preuve, ma dernière collection, Vibration Créole, qui souligne le lien Afrique-Antilles, apporte une touche Caribéenne avec un madras modernisé.

Au début, ce n’était pas spécialement Wax, mais la tendance ethnique était là. J’ai toujours été attiré par des couleurs très primaires, vives, la touche d’or qu’on retrouve souvent dans mes modèles pour la touche glam. C’est vrai que ces dernières années le Wax est devenu très tendance. Pour moi, c’était plus une rencontre lors de mes différents voyages en Afrique pour les tournages d’émission où ce tissu m’a pas mal interpellé. Je me faisais faire des tenues régulièrement pour présenter les shows.

Les gens voulaient se les procurer sans savoir qu’elles n’étaient pas à vendre parce-que c’était mes créations. Au fil des demandes, je me suis dit qu’il était temps de se lancer. Vu l’attrait pour le wax ces dernières années, ça été aussi un booster pour ma marque.

J’affectionne le kenté, encore plus que le Wax, qui est un peu plus rare, avec une belle identité, on l’appelle l’étoffe des Rois. Car le modèle original est tissé. J’utilise surtout l’imprimé kenté et j’allie avec des matières assez nobles comme la soie, la dentelle pour éviter le total look. Je touche toutes les femmes donc on doit aller à Paris, Londres sans forcément être en total imprimé.  

Que penses-tu de la copie, phénomène assez répandu, au niveau des modèles dans la mode à tendance ethnique Wax ? Je pense au cas de Natacha Bacco par exemple.

C’est un problème réel mais relatif. Quelqu’un va voir tes beaux modèles sur le net, des filles vont se taguer en se disant je vais le faire chez mon tailleur. Pour avoir fait des tenues chez des tailleurs, je sais les limites en terme de finitions. C’est là où c’est important d’installer une identité pour ta marque. Mes clientes sont attachées à porter du Glam Ethnik. Elles savent qu’il y a une histoire et des valeurs derrière ma marque. Glam Ethnik symbolise le lien renouvelé entre l’Afrique et les Antilles. C’est très important pour moi car je trouve qu’il y a encore beaucoup de préjugés d’un côté et de l’autre.

L’Afrique est un continent qui m’a beaucoup apporté, touché, qui est une évidence.

Certes nous avons des origines multiples, amérindiennes, etc… mais clairement nos racines sont profondément africaines, donc j’y tiens. Pour en revenir à la copie, on dit que l’original n’égalera jamais la copie. A mon sens, ce n’est pas très grave. Ça ne nous empêche pas de vendre. Ce que je trouve dommage c’est que certaines plateformes de vente en lignes alimentent cela, car elles le savent et vendent quand même. C’est une question personnelle que chacun doit se poser.

On peut contraindre cela en étant dans l’innovation permanente dans le choix des belles matières. Quand tu installes ton identité et ta vision artistique on arrive à faire la différence. Il y a de la place pour tous, c’est comme un marathon. Ceux qui auront fait preuve de persévérance, de ténacité, de constance, feront la différence sur la ligne d’arrivée. Je crois à ces valeurs-là.

 

Tu gères Glam Ethnik, tu interviens encore à la télé. Comment fais-tu pour gérer toutes ces casquettes tout en étant maman ?

Comme plein de femmes actives, pas toujours bien mais de mon mieux. Pour moi ça passe par avoir une bonne hygiène de vie. Je ne bois pas, je ne fume pas, dès que je peux, je me couche tôt. Mes journées commencent tôt et finissent tard. Je pense avoir une vraie répartition entre ma vie professionnelle et personnelle. Par exemple, mes moments avec ma fille ou mon chéri je suis vraiment investie et quand je travaille mon implication est intense. Faire la part des choses, prioriser, l’hygiène de vie. Ce qui est bien avec le fait d’être entrepreneur, c’est que tu fais ce que tu aimes. Tu n’es pas dans un boulot alimentaire à compter les heures. Tu vis les choses différemment. Quand tu es épanouie je pense que ça rejaillie sur d’autres aspect de ta vie.

Finalement, il y a peu d’antillais qui ont ce lien avec l’Afrique notamment grâce à leur vie pro. Je pense à Claudy Siar, ou Malika Jean Francois. Qu’en penses-tu ?

Souvent, on m’a surnommé la plus africaine des antillaises. Ça me touche mais je pense que tous les antillais qui viennent en Afrique ne reviennent pas pareils. Beaucoup d’aprioris tombent, j’espère qu’un jour il y aura des compagnies aériennes qui feront la liaison parce c’est naturel. Les fruits, les légumes, on a énormément de lien commun. Encore plus sur les traits, les morphologies. Les antillais ne se l’imaginent peut-être pas, mais il y a beaucoup de métissage, des Africains peuls qui rappellent certains de nos métissages indiens. Ma grand-mère a des traits qui rappellent ceux des congolais. C’est très enrichissant. Il faut vraiment que ce lien se retisse au maximum.

Que dirais tu à ceux qui veulent se lancer dans l’aventure de la création ou de la télé et qui ont peur ?

J’avais discuté avec Malanine koné, le fondateur d’Airness. Il était berger au Mali et aujourd’hui son empire pèse 120 millions d’euros. Il avait un potentiel de champion de boxe. Suite à un accident, il s’est dit soit je reste cloué sur un lit d’hôpital et je reste un légume toute ma vie soit je me lance dans autre chose et je réussi. Il avait suivi Glam Ethnik qui tâtonnait car je faisais surtout de la télé à l’époque et il m’a dit, « le jour où tu vas lancer ta marque, tu seras obligée de mettre beaucoup de chose de côté car ça demande un investissement complet » et il a avait raison.

Aujourd’hui Dieu merci j’en vis, de mieux en mieux, la marque s’installe mais c’est un investissement H24. Mon meilleur ami a dit un jour « stay focus » reste focalisé sur tes objectifs. Ça veut aussi dire faire une chose à la fois, et de la faire à 100%. J’essaie de l’appliquer à tous les domaines de ma vie. Idem pour le kiff, en vacances, je vais bien manger, me balader à fond etc… C’est tout faire intensément. Même si c’est difficile mais ça paie.

 

Quels sont tes lieux préférés en Guadeloupe ?

Je suis clairement une fille de l’eau donc même si j’aime beaucoup la verdure en Guadeloupe, j’aime toutes les plages. J’aime beaucoup l’ilet du Gosier, Le moule, Port Louis. Ensuite j’aime bien être en contact avec des personnes âgées. Ils sont 3, on n’a pas de liens de sang mais je les appelle Papis et Mamies. C’est la Guadeloupe d’antan lontan, ils sont dans leur cases en tôle.  J’apprends beaucoup à leurs côtés et j’ai l’impression de redevenir une petite fille.

J’aime être en contact avec des personnes âgées, c’est très enrichissant.

J’aime cette Guadeloupe là, dans son authenticité.

Le portrait D’Ayden vous a plu ? Partagez-le !  

Des Idées cadeaux pour les fêtes   

GLAM ETHNIK Retrouvez les créations de Glam Ethnik pour le shopping de Noel, ce dimanche 17 Décembre à Paris( + d’infos sur la page facebook de Glam Ethnik).

En Guadeloupe, au show room des créateurs, à Grand Camp, Abymes.

En Martinique, le show room Thematik à Fort de France. Sur Paris, sur rendez-vous, plus d’infos sur la page facebook Glam Ethnik  Glam Ethnik a lancé ses premières chemises pour homme. Une belle idée cadeau !

CREOLE TRIP

Découvrez les expériences insolites de creoletrip et offrez le plus précieux des présents …des souvenirs.

Carte cadeau de 30 €, 10 €* offert pour Noel (voir conditions), de quoi (vous) faire plaisir pour les fêtes !

Un cadeau original pour les fêtes ?

Crédits photos: HappyMan Photography Page Facebook et instagram Glam Etnik

Pin It on Pinterest

Share This